Catherine Zoungrana, présidente de l’association Actions Diversité Culturelle, fondatrice des Prix Littéraires de la Cité des Mots, coach littéraire, continue sur sa lancée. Auteur d’un roman autobiographique “Nassara la fille au teint clair”, cette amoureuse de la langue française a créé les Ateliers de la Cité des mots qui vont s’ouvrir ce mois de janvier. A vos plumes!
En quoi consistent ces ateliers? Nous proposons deux ateliers de dix personnes maximum, de janvier à juin 2010. Un atelier dure une heure et demi par semaine. Un travail de rédaction est effectué avant chaque séance.
Ce projet s’adresse à tous les jeunes? Principalement aux jeunes des banlieues qui souhaitent toucher du doigt le métier d’écrivain. Il est destiné aussi bien aux ados de 13 à 17 ans qu’aux adultes ayant un profil littéraire ou un goût prononcé pour les lettres. Le concept a été développé dans le cadre d’un partenariat avec une ville ou en mai son de quartier à partir de janvier 2010. Mon but est aussi de créer des emplois pour les auteurs dès 2011 avec l’aide des villes.
Pour le moment quelles sont les villes partenaires de votre projet? Argenteuil (95), Tremblay-en France (93).
Quel est votre l’objectif? Ces ateliers permettent d’écrire collectivement un livre (recueil de nouvelles, poèmes ou roman(, de le faire publier par une maison d’édition, notamment EDILIVRE, partenaire fidèle de la Cité des Mots, dans une collection conçue tout spécialement à cet effet. Cette expérience unique va aussi révéler des vocations, valoriser un CV lors d’une recherche d’emploi et réconcilier la jeunesse avec la langue française, facteur essentiel d’une appartenance identitaire.
Vous avez défini vous-même le concept de « la Cité des Mots »? Oui. Grâce à ce concept, on peut pérenniser l’accès à l’édition. C’est très important d’exprimer ses émotions à travers l’écriture, de s’adapter à son environnement. Ce faisant une nouvelle génération en mal d’identité peut s’inscrire dans le patrimoine français. Il faut mettre en avant le potentiel créatif des banlieues.
Justement l’identité, vous êtes très impliquée dans l’identité... Il ne fait aucun doute que la maîtrise de la langue est un des facteurs essentiels à la définition de l’identité nationale. En effet, n’est- ce pas là le fondement de la stabilité d’un pays ? Pouvoir se comprendre, échanger, partager, communiquer est, me semble-t-il, indispensable à un sentiment d’unité nationale, de solidarité. Bien évidemment, chacun doit pouvoir accéder à l’instruction en vertu des principes fondamentaux de la république française et se donner les moyens d’y parvenir. En revanche, la volonté d’intégration par l’alphabétisation est-elle suffisante à enrayer les problèmes d’exclusion et à acquérir une légitimité? Pour ma part, et après réflexion, la recherche d’une appartenance identitaire est un privilège que ne partagent malheureusement pas les Français qui ont le ventre vide et la peur au ventre, face à un avenir très incertain, dans un pays plein de bonne volonté, mais très contradictoire. C’est une réalité que je déplore et que je combats.•