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Pierre-Just Marny écrit. Beaucoup 
Du fond de sa cellule, le Martiniquais demande sa libération mais refuse de façon catégorique de retourner à Fresnes.

   Pierre-Just Marny écrit. Beaucoup. Et souvent. Au juge d'application des peines, au substitut du procureur, à son avocat, à sa famille... Cette semaine, le plus ancien détenu de France, du fond de sa cellule à Ducos, nous a aussi fait parvenir un courrier. Dans cette lettre manuscrite, parfois un peu confuse, le Martiniquais de 65 ans exprime sa volonté de sortir de prison, après 46 ans et demi d'incarcération. "Je ne suis pas un pigeon, je demande ma liberté la plus totale, voilà. On ne cesse de me mener en bateau par une traînée de conspirateurs, des malfaiteurs bien orchestrés. Je demande ma liberté. J'ai payé plus de trois fois ma peine" , estime-t-il dans son courrier.
    Cyprienne, sa soeur qui lui a rendu visite hier encore au parloir, l'a trouvé "très stressé, angoissé et anxieux" . En cause, une décision qu'il a reçue le 17 mars dernier, ordonnant son placement au centre national d'observation (CNO) à Fresnes pour une durée d'au moins six semaines aux fins d'une évaluation pluridisciplinaire de sa dangerosité . Une étape, selon la nouvelle loi de février 2008 sur la rétention de sûreté, indispensable avant toute libération conditionnelle d'un détenu condamné à perpétuité (voir ci-contre).
 « Vous n'avez qu'à me tuer... »

    Pourtant, pour Pierre-Just Marny, hors de question de retourner à Fresnes. "Je refuse de marcher dans cette iniquité" proteste-t-il. "J'ai déjà été au CNO de Fresnes en l'an 2007. Je ne suis pas d'accord d'aller dans les enfers européens. Je demande ma liberté" , martèle-t-il inlassablement. "Là-bas, il m'a expliqué avoir été victime de traitements inhumains" , rapporte sa soeur avec inquiétude.  "Il en a marre, il est fatigué, âgé et il refuse d'être trimballé comme un vulgaire colis. Quand il dit qu'il a déjà purgé trois fois sa peine, c'est parce qu'au cours de ses 46 ans de détention, il a déjà vu des compagnons de cellule, même condamnés à perpétuité, sortir au bout de 15 ou 20 ans" .
   Jugé à Paris après ce qu'il considère comme un "kidnapping" , il a été condamné par la cour d'assises en 1969 pour meurtres. Lui préfère parler de  coups et blessures ayant entraîné la mort  : "Je n'ai jamais tué personne volontairement. C'est un accident de jeunesse involontaire " , estime-t-il aujourd'hui, 44 ans après les faits du 2 septembre 1965, qui avaient fait trois morts et quatre blessés.  Tonton Pierrot nous a dit qu'il n'a jamais voulu tuer. Il a tiré sur la maison sans voir les personnes. Il ne savait pas qu'il y avait un bébé , témoigne Florent, son neveu, qui le visite régulièrement. "Vous n'avez qu'à me tuer puisque c'est ce que vous voulez" , conclue Pierre-Just Marny, en toute fin de lettre.

- Fresnes, l'étape obligatoire mais qu'il refuse
    Le 28 mai 2008, Pierre-Just Marny a été transféré au centre pénitentiaire de Ducos, dans le cadre d'une libération conditionnelle sur son île natale. Une demande qu'il avait déjà effectuée à Créteil et qu'il a renouvelée le 28 juillet dernier à Ducos. C'est à la commission d'application des peines de Fort-de-France, composée d'un juge et de deux assesseurs, qu'appartient la décision finale.
     Mais avant cela, Pierre-Just Marny doit être placé pendant au moins six semaines au Centre National d'Observation (CNO), situé à Fresnes, afin que des experts y évaluent sa dangerosité. C'est, depuis la nouvelle loi sur la rétention de sûreté de février 2008, une condition indispensable à tous les détenus condamnés à une peine de réclusion criminelle à perpétuité, et en demande d'une libération conditionnelle. C'est aussi ce qu'a rappelé la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté de Fort-de-France, le 16 février dernier. Présidée par le président de la chambre de l'instruction à la cour d'appel, elle a ordonné, ainsi que le prévoit la loi, « le placement de Pierre-Just Marny au centre national d'observation pour une durée d'au moins six semaines aux fins d'une évaluation pluridisciplinaire de sa dangerosité » . Une décision notifiée au détenu le 17 mars dernier.
    Fin janvier dernier, le juge d'application des peines avait prononcé une décision de  sursis à statuer  sur la demande de libération conditionnelle, tant qu'il n'aurait pas l'avis de cette commission pluridisciplinaire sur le CNO. Marny avait fait appel. Il a été entendu par la cour d'appel depuis le centre pénitentiaire de Ducos par visio-conférence. Son avocat avait alors indiqué que « l'obligation de séjourner au CNO de Fresnes est vécue par Pierre-Just Marny comme un traitement inhumain » et que le directeur de la maison d'arrêt de Fresnes avait qualifié son passage au CNO en 2007 d'improductif .

Situation complexe
  Car ce qu'il faut préciser, c'est que le Martiniquais a déjà été examiné par le CNO en 2007 afin de sortir de l'unité pour malades difficiles (UMD) de Montfavet et d'intégrer un centre pénitentiaire classique. Donc pas dans le cadre d'une libération conditionnelle. Ce qui peut paraître étonnant, c'est que personne n'a pensé à l'y faire retourner, avant de le transférer en Martinique. Cela aurait évité un aller-retour supplémentaire.
   La situation est donc complexe aujourd'hui puisque Pierre-Just Marny refuse catégoriquement d'y retourner. La loi, elle, est claire (articles 729 dernier alinéa, 706-53-14 et D 527-1). "Le problème aujourd'hui, s'il refuse d'être placé au CNO, c'est qu'il ne pourra pas être libéré" , indique une source judiciaire. Du côté du palais de justice de Fort-de-France, les magistrats ne cachent pas, de toute façon, qu'ils veulent s'entourer d'un maximum de précautions avant de décider d'une éventuelle libération conditionnelle le concernant. Trouver une structure capable de l'accueillir et de le suivre, faire des enquêtes auprès de sa famille, auprès des familles de victimes, s'assurer qu'il saura se réadapter... "Qu'est ce qui nous assure qu'il n'est pas dangereux ?", nous confiait, il y a quelques temps, un magistrat, sous couvert de l'anonymat. « Bien sûr, nous n'avons pas envie qu'il meure en prison. Nous sommes sensibles à sa demande mais il faut bien qu'il comprenne qu'on ne peut le libérer comme ça, sans un minimum de précautions... » .

   Pierre-Just Marny a déjà passé plus de 46 ans derrière les barreaux, dont 32 ans en unité pour malades difficiles. Incarcéré une première fois le 13 février 1963 pour des vols, il avait de nouveau été écroué le 8 septembre 1965 pour la fusillade mortelle. Le 27 septembre 1969, la cour d'assises de Paris le condamnait à la réclusion criminelle à perpétuité.
 
             Source  Rodolphe Lamy  Journaliste à France-Antilles  et coconews




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