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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Christiane Matos

Christiane Matos


Le raccourci est amusant mais il retrace une tranche de vie. Celle d’une Martiniquaise, Christiane Matos, débarquée il y a plus de vingt ans dans la cité minière et que sa présence a transformée. Une vie vécue à la dure dont elle a  retracé les grandes lignes à AMINA.
 
On a du mal à vous situer.

Je viens d’une famille nombreuse de quatorze enfants. J’ai dû aider ma mère qui était maman célibataire. J’ai pris en charge une partie de mes frères et soeurs. La France nous permettait de réussir, c’est pour quoi j’ai décidé de saisir ma chance. Aujourd’hui avec ma famille, j’ai pu me réaliser.

Et vous décidez de partir à l’aventure ?

Oui, je travaillais chez Roger Albert rue Victor Hugo, et j’ai atterri à Montceau-les-mines. Ce fut un choc terrible. J’étais en plein dans la cité minière. Les gens étaient tristes, fatigués. J’ai voulu repartir mais je n’avais pas de billet de retour. Il fallait que je trouve du travail. Je ne comprenais pas les gens. J’étais devenue une curiosité dans la ville, car j’étais la seule Noire. Tout le monde me regardait. Certains me touchaient. Mon temps d’adaptation a été long. A peu près dix ans.

Vous cherchiez du travail ?

Je faisais le service dans les banquets, à l’église. Je vivais des dons de mon entourage. Ça a duré un an.

Et quel a été le déclic ?

Un jour, je me suis trouvé dans le rayon d’un supermarché et j’ai vu le patron. J’avais déposé une demande sans succès et je l’ai abordé en lui demandant de me recevoir. Il m’a trouvée téméraire. Il m’a fait faire un essai et m’a embauchée J’ai eu des responsabilités, d’abord comme caissière puis comme chef de rayon. J’étais bien placée. Jusqu’au jour…

Il y a eu un problème ?

Oui, j’ai eu un accident de la circulation en venant au travail. Et je suis restée en invalidité pendant six ans. Finalement, après cette épreuve, j’ai choisi de me reclasser professionnellement. J’ai suivi une formation de créateur d’entreprise. À l‘issue de cette formation j’ai proposé de créer une activité autour de ma culture. J’ai voulu me lancer dans la restauration. J’ai commencé par les desserts, les punchs. J’ai pris des livres, j’appelais des amis à la Martinique pour avoir des recettes et les premiers clients de la cuisine créole sont arrivés à Montceau-les-mines. C’était des cobayes, mais au bec fin. Ils appréciaient les acras, le boudin, les crabes farcis, le pâté en pot, la soupe de poisson, mes assiettes créoles saveur des îles et tous mes plats dérivés des produits de la mer, le court-bouillon de poisson, les crustacés, les lambis, le civet de chatou.

Racontez-nous le tout début ?

J’ai commencé dans une pépinière d’entreprises. Le local était cher. Alors j’ai créé la Maison créole. Ce fut un dur combat.

Pas si sûr, car elle est là aujourd’hui.

Détrompez-vous. Dans ce cadre sinistre il a fallu convaincre la DDE, la municipalité. Il a fallu faire évoluer la culture locale. Pensez donc j’arrivais les yeux couleur arc-en-ciel dans la grisaille des mines ! Quand mon projet a été accepté, l‘architecte et l’équipe qui ont travaillé sur la maison sont allés à la Martinique. Ils ont compris ce que je voulais et ont créé une vraie maison créole. Ainsi nous sommes passés de Montceau-les-Mines à  Montceau-les-lles.

Et c’est à partir de là que s’est développé un courant culturel entre la ville et la Martinique ?

Ah oui ! Avec mes clients nous avons créé l’association Les Amos des Antilles. Et chaque année nous partons vers le soleil avec des groupes. J’ai même fait un voyage avec vingt personnes en fauteuil roulant. Nous avons une chorale qui participe à de nombreuses animations. Nous faisons des échanges avec des groupes scolaires. Un millier d’enfants a franchi l‘Océan dans les deux sens. Un club d’enfants s’initie à la danse et aux travaux manuels autour du madras...

Pour vous, c’est une vraie intégration ?

Sans forfanterie, je peux dire que si les 100 000 habitants du bassin industriel, le Creusot-Montceau connaissent l’histoire, les traditions, le climat, le produit, la cuisine et la joie de vivre des Antilles, c’est par le rayonnement et la présence de Christiane qui s’est dépensée sans compter. Vingt ans d’acras boudin ont payé une maison créole.

Et vous continuez à aller vendre sur le marché ?

Bien sûr, tous les samedis je vends mes produits avec le petit punch planteur à emporter.

Quelques compatriotes vous ont-ils rendu visite ?

Bien entendu. J’ai reçu Moune de Rivel, Vincent Ozier-Lafontaine, les ballets martiniquais, les maîtres du Bel Air. Et dans un autre registre, j’ai fait manger chez moi l’équipe de France cycliste.
                                                                        Jean-Jacques Seymour (12/07)

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