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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Sarah Daninthe

Sarah Daninthe


Dans sa discipline, le succès n’est jamais exceptionnel. Il est la norme, tout simplement. Actuellement en équipe de France, la Guadeloupéenne Sarah Daninthe ne finit pas d’étonner.

Vous êtes l’un des talents de l’escrime française au féminin ? Comment et où se déroulent vos entraînements actuellement ? Pourriez vous nous fournir quelques détails sur vos plans de travail ?

Je suis licenciée à Levallois dans le 92, avec mes compatriotes Laura Flessel, Marysa Baradji, Maureen Nisima, etc… et étant en équipe de France, nous avons des regroupements au centre national d’épée dames à Bordeaux (une semaine par mois) et un entraînement par mois à l’INSEP regroupant toutes les parisiennes. On s’entraîne pratiquement tous les jours, pour une moyenne de trois heures d’escrime et d’une heure par jour de physique (abdos, fessiers, lombaires, footing, et surtout des Kms de natation). Le week-end, on est généralement en compétition ou on en profite pour retrouver la famille, les amis et surtout se reposer ou travailler notre physique (abdos, fessiers, natation, etc.).
Le lundi, le samedi et le dimanche (s’il n’y a pas de compétition) on fait du physique. Le mardi et le jeudi, j’ai une leçon d’une heure avec mes maîtres d’armes, je fais des abdos et deux heures d’assauts. Quant au mercredi, j’ai trois heures d’assauts. Presque tous les entraînements se terminent par une petite demi-heure d’abdos et d’étirements.

Qui vous suis dans votre préparation physique, et technique ?

Pour le physique, je m’entraîne avec Ibrahima Tamba (sélectionné aux Jeux Olympiques d’Atlanta en athlétisme sur 200m et 4X400m).
La préparation technique à Levallois se fait avec Hugues Obry (champion olympique en 2004 et double médaillé d’argent aux JO de 2000 à l’épée) et Leroy Stéphane (ancien épéiste de l’équipe de France) et au niveau national Jean François Dimartino et Cyril Faucher.

Le corps, la technique et le mental sont en fusion.

En fusion ... euh, presque ! Le mental a le dessus sur tout. Si on va bien, on se sent fort mentalement le jour J, même blessée le corps suit et la technique aussi. Il m’est déjà arrivée d’être très forte mentalement à une compétition, avoir la sensation d’être une guerrière et après la compétition, j’ai visualisé les vidéos et découvert que j’avais fait des trucs que techniquement je ne me savais capable d’accomplir. En plus, j’étais malade et blessée, ce dont je ne me suis pas souciée pendant toute la compétition. Le mental mène la barque. Si vous l’avez le jour de votre compétition, et que vous perdez c’est que vous êtes tombée sur plus forte que vous.

Qu’est-ce que vous proposeriez pour améliorer le spectacle d’escrime et pour favoriser la visibilité à la télévision de cette discipline ?

Il est clair que l’escrime n’est pas le sport français le plus médiatisé même si depuis quelques années, c’est celui qui ramène le plus de médailles. Il faudrait que les médias s’y intéressent davantage en dehors des grandes compétitions. Ils pourraient inviter les escrimeurs, de temps en temps, sur les plateaux télé. Il faudrait aussi créer plus de challenges et de galas escrime en France. On na pas l’argent du foot ni du cyclisme ni du rugby mais on existe et on ramène des médailles.

Vous êtes une adepte de l’escrime d’attente ou de l’escrime d’attaque ?

J’ai un tempérament d’attaquante, je suis assez explosive, j’aime quand les choses bougent mais l’épée demande expérience et patience. L’escrime est un sport de combat, aussi doit-on tenir compte de ce que fait l’adversaire. Il faut parfois savoir se tempérer, ce qui n’est pas toujours facile. Je suis plutôt offensive mais depuis mes problèmes de santé, j’ai dû apprendre à être plus patiente et j‘ai encore un peu de mal à trouver mes repères.

Comment voyez-vous la situation générale de l’escrime française ? Etes-vous positive sur sa gestion actuelle ?

L’escrime française se porte bien. La France était première nation aux championnats du monde de 2005 et 2006. C’est rassurant, pour les athlètes, nos familles, la fédération et même pour le MJSVA. Tout cet investissement n’est pas inutile, les médailles et les titres prouvent que ça marche. En plus, chez nous c’est vrai ment la famille, on est solidaire, quel que soit l’arme ou le genre, ce qui donne envie d’aller plus loin, l’envie de se surpasser.
Concernant le nouveau bureau fédéral, je suis assez pour. Ça se passe bien pour l’instant. Comme dans toutes les fédérations, il y a du positif et du négatif, pour l’instant très peu de négatif.

Que conseilleriez-vous à une jeune escrimeuse pour devenir la plus forte possible? Avez-vous quelques recettes ?

Très simple, ne pas faire de l’escrime car c’est très difficile, encore plus s’il faut concilier le sport et les études et en plus c’est très mal rémunéré pour les efforts fournis. (Rires). Sérieusement, ça dépend beaucoup de la fille de son caractère. A priori, je lui parlerai de plaisir. Si elle ne se fait pas plaisir, elle ne pourra pas cultiver la rage, l’envie de se surpasser d’oublier la douleur. Le plaisir et l’assiduité sont pour moi les choses les plus importantes. Il faut également bien s’entourer. Si certaines personnes feront tout pour vous ‘faire couler, d’autres chercheront à profiter de votre notoriété, mais heureusement d’autres vous aideront et vous soutiendront. Dans tous les cas, il est important d’avoir les pieds sur terre et d’être humble pour réussir.

Comment pensez-vous que doivent être suivies  les jeunes escrimeuses ? Préférez-vous être conseillée, ou vous gérer de manière autonome sur la piste ?

Le suivi de l’athlète dépend de son envie, son caractère. Petit, il est agréable de savoir que vos parents vous soutiennent sans être trop envahissants. Certains ont du mal à comprendre que  leur entraîneur en fasse autant.
Je ne pense pas être spécialement exigeante n’étant pas une “star".
Quand je ne suis pas à 300% confiante, ou quand je ne connais pas trop le jeu de l’adversaire, j’aime bien avoir des conseils, juste ce  qu’il faut. D’une manière générale, je préfère me gérer ce qui me permet de rester plus concentrée.

Quel a été, finalement, l’assaut le plus beau et passionnant que vous ayez connu en tant que protagoniste ?

C’était lors de la Coupe du monde à Saint Maur en 2004, avec Laura Flessel, Hajnalka Kirali et Maureen Nisima. On essayait de qualifier l’équipe pour les Jeux Olympiques d’Athènes. On tire en finale sur la Chine et nous sommes menées. Je tire sur une Chinoise que j’ai généralement du mal à tirer. Le gymnase est rempli, le public est plus que chaud et mes coéquipières et moi, sommes déchaînées. C’est le combat “jusqu’à la mort" dans nos têtes. Je remonte le score, je lui mets pas mal de touches d’avance et à chaque touche, survoltée, je crie comme une malade sur mes coéquipières qui me le rendent bien. ! Pour que vous ayez une idée, je pense que j’étais tellement concentrée, tellement survoltée, excitée, guerrière, prête à tuer mon adversaire, que je pense que si j’avais été en face de l’équipe de rugby de New Zealand, les gars seraient partis en courant.
Quelques mois plus tard, nous sommes revenues avec une médaille de bronze par équipe, une très bonne fin pour un long périple et beaucoup de sacrifices.

                                                                      Jean-Jacques Seymour (08/07)

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