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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Souria Adèle

Souria Adèle


La comédienne Souria Adèle, “Négresse de France " à la comédie bastille s’engage dans un nouveau combat : le créole au Bac. Pour permettre à tous, au-delà de la langue, d’entrer dans le monde créole. Elle s’en est expliquée avec Amina.

Parent d’élève, vous êtes membre du Collectif pour le créole au bac dans l’hexagone. Quand on dit : "le créole au bac" de quoi parle t’on ?
 
Quand on dit créole au bac, on pense à la possibilité de passer au baccalauréat une épreuve de langue vivante sur le créole, comme c’est possible pour d’autres langues nationales ou régionales soit en LV2 (épreuve obligatoire) soit en LV 3 (option facultative).
Cela aussi nécessite la mise en place dès la seconde d’un enseignement du créole pour préparer les lycéens à leur épreuve.
Techniquement, à l’issue de son examen, le lycéen obtient des points. Par exemple, un adolescent qui choisit le créole en LV2 pour un bac ES, s’il a 15 en créole, cela lui fait 45 points, ce qui est loin d’être négligeable.
En LV3, seuls sont comptabilisés et multipliés par 2 les points au dessus de la moyenne. Exemple un lycéen qui a 16 en LV3, se voit créditer de 12 points. S’il n’obtient pas la moyenne de 10, il n’en perd aucun. En LV3, c’est tout bénéfice.

Votre démarche s’inscrit t’elle dans un mouvement ?

En ce qui me concerne, non.

Il y a, à l’évidence, réticence de l’Education nationale. Pourquoi ? Est-ce parce que la France n’a jamais institutionnellement appelée à analyser les problèmes de la communication exo lingue, c’est-à-dire qu’elle ne maîtrise pas le code linguistique utilisé dans l’échange ? Y avez-vous réfléchi au collectif ? Trouvez-vous historiquement une explication à ce phénomène ?

L’éducation nationale est réticente parce qu’elle ne voit aucun intérêt à cela. Lors de la discussion que l’on a eu lors de la réunion du 4 novembre 2006, au ministère de l’Education nationale, nos interlocuteurs nous ont bien fait comprendre qu’il ne fallait pas tomber dans le comrnunautarisme. Il y a une certaine peur par les temps qui court de voir des gens se mettre ensemble parce qu’ils ont une histoire et une langue commune. Durant cet entretien, j’ai bien ressenti que nos interlocuteurs ne savent pas qui sont les Antillais, ni les Guyanais, ni les Réunionnais. Ils ne savent pas combien nous sommes, ils ne connaissent pas le créole, du moins inconsciemment, ils ne le reconnaissent pas comme étant une langue qui appartient à la nation française.
Notre réflexion ne se fait pas par rapport au fait que la France n’a jamais institutionnellement appeler à analyser les problèmes de communication exo lingue.

On constate un intérêt assez récent des classes politiques françaises en faveur du devoir de mémoire de l’esclavage. N’y a-t-il pas   dissonance ?

Moi je ne sens pas un réel intérêt, mais il est vrai que face à la pression associative, les autorités sont obligées d’agir. Depuis la marche du 23mai 1998, il y a une vraie prise de conscience des Antillais, Guyanais, Réunionnais jeunes et moins jeunes. On commémore le 10 mai, l’abolition de l’esclavage, mais pour l’instant c’est tout, li n’y a pas de vases communicants, C’est dommage.

Pour vous, quelle place et quel rôle faire jouer au créole ?

Le créole peut servir de lien pour les jeunes nés ici envers les Antilles.
Cette demande est-elle nécessaire et légitime ? Je veux dire par exemple pour retrouver des racines et des marques identitaires qui font défaut.
Pour moi, elle est nécessaire et légitime. Moi qui suit une Négresse de France, j’ai passé mon bac en 1978, et déjà je n’avais pas trouvé normal que mes amis bretons et corses puissent présenter leurs langues régionales et pas moi le créole.
Apprendre le créole, ce n’est pas juste apprendre à parler cette langue, mais aussi rentrer dans le monde créole. Apprendre l’histoire, la géographie, comprendre le monde caribéen.
Moi, comme beaucoup d’Antillais, je connais très mal mon histoire, et je ne suis pas une très bonne créolophone. Et de ce fait je ne peux pas transmettre à mon fils une histoire qui lui appartient. Il me l’a reproché, c’est pour cela que je me suis engagée dans cette action.
Ma mère et mon père vivent en Martinique. Quand nous nous rendons là-bas, mon fils, au cours de certaines réunions de famille, est largué. Tout le monde parle le créole.
Je pense aussi que pour des enfants qui sont en échec scolaire, qui vivent mal leur différence, suivre cet enseignement peut leur donner un peu de force, de confiance en eux. Mettre le créole à l’école, ce n’est pas rien symboliquement. Ca veut dire enfin que l’Etat français nous reconnaît avec notre propre spécificité.
Pour finir ce cours de créole peut servir de lien. Je suis certaine que le jour ou sera introduit le créole au lycée, il y aura des enfants non originaires des Antilles, Réunion, ou Guyane qui s’inscriront au cours comme on le voit déjà dans les ateliers ouverts à Paris ou à Créteil.

Est-il urgent de s’engager fermement ?

Oui, il est urgent de s’engager fermement. Ne serait-ce que par respect pour la demande des adolescents. C’est nous qui devons nous battre pour eux. En 2005, un jeune adolescent Yannick Lebon a été formé par Tony Mango et faute de convention, il n’a pas pu passer le créole au bac. Cela va faire deux ans que j’ai écrit à M. Fillon et à M Gilles de Robien. A l’époque mon fils était en 3ème. Maintenant, il est en première. Vraiment j’aimerais beaucoup que l’année prochaine mon fils Max puisse présenter le créole au bac en option facultative. Ce serait une victoire.

Défendre la langue, c’est un engagement. En définitive veut-il le coup de se battre ?
Défendre la langue, c’est un engagement. Et je confirme, ça vaut le coup de se battre.

                                                                        Jean-Jacques Seymour(05/07)

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