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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Sabine Andrivon-Milton

Sabine Andrivon Milton


L‘histoire militaire de la Martinique reste peu connue à ce jour. Grâce aux ouvrages de la Martiniquaise Sabine Andrivon-Milton, docteur en histoire, nous pouvons dorénavant la découvrir. Ses trois livres — “La Martinique, base navale dans le rêve mexicain de Napoléon III (1862-1867)”, puis “La Martinique et la Grande Guerre”, sans oublier “Le livre d’or des soldats martiniquais morts pendant la Grande Guerre” retracent la grande épopée militaire de notre île.

Pourquoi la Martinique et l’histoire militaire ? Quel est le parcours qui explique que vous soyez spécialisée dans ce domaine ?

Le hasard. En recherchant un sujet original pour ma maîtrise d’histoire, j’ai découvert, à travers un article du Mémorial Martiniquais, que la Martinique avait été désignée comme base navale durant l’expédition du Mexique. En recherchant des informations concernant cet épisode, j’ai constaté que cette période de notre histoire était peu connue et j’en ai fait mon sujet de maîtrise. Par comparaison, j’ai recherché quelle avait été la réaction de la Martinique et des Martiniquais lors de la Grande Guerre, d’où mon sujet de thèse.

Avez-vous eu des maîtres ou vous êtes-vous formée toute seule ?

Le Professeur Abenon était mon directeur de thèse. Mais en ce qui concerne l’histoire militaire, je me suis formée toute seule.

La lecture de votre bibliographie dévoile un intérêt précoce et constant pour ce type d’études. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de cette longue recherche ? Est-ce une conséquence de votre formation ou bien le plaisir de manipuler des sources inconnues est- il votre principale motivation ?

Lorsqu’on a la chance de trouver un nouveau sujet, on se donne les moyens de l’exploiter. C’est passionnant de partir de rien. C’est çà l’excitation de l’historien qui doit tout construire et manipuler des sources inconnues.

“La Martinique et la grande guerre” est le résumé de votre thèse. Pour reprendre votre expression, vous complétez une case manquante de l’histoire ?

C’est le rôle des historiens : offrir à la population des éléments pour mieux comprendre leur passé- L’histoire de la Martinique est jeune (comparée aux autres sociétés) mais il reste encore de nombreuses périodes a explorer. A travers mes recherches, j’estime avoir complété quelques cases manquantes.

Les Martiniquais ont-ils été nombreux à partir ?

Les chiffres officiels font état de 14 904 hommes mobilisables et de 8 788 mobilisés (ces chiffres figurent sur les monuments aux morts de Saint Joseph et de Rivière-Pilote). Sachant que la Martinique comptait 184 000 habitants en 1910 (dernier recensement), cela correspond à près de 5% de la population.

Pourquoi sont-ils partis, par patriotisme ? Parce qu’ils n’avaient pas le choix ?

Les hommes sont partis pour plusieurs raisons : patriotisme, goût de l’aventure, pour échapper à une vie misérable ou encore parce qu’ils n’avaient pas le choix.

Comment étaient-ils traités ? Certains historiens se sont interrogés en ces termes : le problème principal réside-t-il dans l’utilisation des troupes noires ou dans le manque de légitimité de leur utilisation ? Etes-vous pour ou contre ce que l’on pourrait appeler la victimisation ?

Il faut savoir que la volonté d’employer des troupes antillaises n’est pas venue seulement des autorités militaires métropolitaines. Les hommes politiques locaux vont réclamer cette participation dans un souci d’assimilation et d’obtention de l’égalité avec les métropolitains. Il existe de nombreux documents prouvant que les soldats antillais ont subi des sévices et des brimades, mais il existe aussi des documents montrant que les autorités militaires demandaient d’apporter un soin particulier aux soldats antillais. Ce qui mécontentaient certains hommes politiques qui estimaient que l’on infantilisait les Antillais.

Pourquoi et comment les Colonies participent- elles aux effroyables efforts de guerre En quoi ce premier conflit mondial a-t-il menacé le cordon ombilical colonial ?

Les colonies seront sollicitées pour fournir du rhum (pour la fabrication des explosifs) et du sucre (les champs de betterave étant dévastés) : on assiste alors à la transformation du paysage. Tout le monde plante de la canne et le nombre de distilleries augmente considérablement à la Martinique.
Les relations commerciales avec la métropole seront arrêtées obligeant la Martinique à nouer des relations avec les îles avoisinantes et les Etats-Unis. Mais sitôt la guerre terminée, les relations avec la métropole reprennent leur cours.

Lutter contre l’amnésie quasi-générale des manuels et évoquer, loin des histoires partielles, partiales et dans la clarté, un sombre événement qui fut la matrice du XXe siècle. Rendre hommage à tous ces Damnés de la Guerre, à tous ces “POM”, Poilus d’Outre Mer qui sortiront, à l’égal des Français, transformés par cette “aventure monstrueuse et absurde”. Etait-ce votre objectif ?

Mon objectif est d’apporter à la population martiniquaise des éléments nouveaux sur leur histoire. Libre aux uns et aux autres de les utiliser, de les interpréter ou de les réinterpréter. En tant qu’enseignante, j’explique aux élèves qu’un événement s’est passé ainsi dans le monde et je leur présente la réaction de la Martinique face à ce fait. Il faut adapter les programmes pour que les jeunes comprennent mieux le message et se sentent impliqués.

On est frappé par la marginalisation des soldats coloniaux dans les bulletins militaires et dans la presse pendant toute la guerre.., par triomphalisme patriotique national ! Cela est-il un frein pour le chercheur ?

Le chercheur sait critiquer un document et sait comment l’interpréter Il tient toujours compte du contexte dans lequel a été rédigé un document.

Quel rôle cette guerre a-t-elle joué dans le débat sur l’assimilation ?

Après la guerre, les hommes politiques locaux ne vont pas hésiter à rappeler à la France qu’ils sont en droit de réclamer l’assimilation complète qu’ils attendent depuis longtemps. Des Martiniquais ont versé leur sang pour “la Mère patrie"  (impôt du sang) et cela fait d’eux des Français à part entière. Mais il faudra attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour qu’ils soient entendus.

                                                                       Jean-Jacques Seymour (02/07)

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