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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Géraldine Baillard

Géraldine Baillard


L'institut régional d’Arts Visuels de la Martinique met en lumière les multiples talents de l’île. Dans l’originalité, on retrouve Géraldine Baillard. En quelques années, ses oeuvres ont atteint la maturation nécessaire pour être remarquées.

Rappelez-nous votre cursus...

Je suis originaire de la Martinique, née en Guadeloupe. Je suis diplômée de l’Ecole Régionale d’Arts Plastiques de la Martinique, actuellement rebaptisée Institut Régional d’Arts Visuels où j’ai obtenu mon DNAT, Diplôme National Arts et Techniques, option Arts Graphiques. Je vis et travaille en Martinique.

Dans une de vos déclarations, vous avez précisé “Mon travail s’articule autour de la parole" Et pourtant, quel paradoxe quand vous ajoutez: “L’écrire pour moi, c’est l’enfermer. L’écriture est un médium “froid”, son pouvoir d’émotion et de transformation semble faible au regard de la puissance créatrice de la parole”. C’est pour cela que vous avez choisi la palette ? Expliquez-vous ?

Ce travail sur la parole est très important pour moi. Un jour, j’ai reçu "une parole” comme on dit chez nous, “an kout lang”. Sur le moment je n’y ai pas pensé mais les mots sont restés ancrés dans ma tête. Impossible de dormir, les mots dansent tournent me harcèlent, je n’arrivais pas à les sortir de mon esprit. Mais pourquoi ? Je me suis rendu compte du pouvoir des mots, de la puissance d’une parole lâchée qui fait son chemin.
Mon travail s’articule effectivement autour de la parole ou plus particulièrement sur la puissance de la parole. Quand elle est lâchée, elle peut être autant bénéfique que dévastatrice. Ma démarche est de la capturer par l’écriture et de la poser, la tourner dans tous les sens, la raturer, la ceinturer, l’étouffer, en un mot, la rendre inoffensive. La peinture me permet tout ça, la maltraiter comme elle me maltraite, mais ne garder que le meilleur une fois apprivoisée. C’est un livre ouvert sur notre société qui nous submerge de ses paroles, ses mots, ses gestes et ses sons.

Que pouvez-vous nous dire sur votre palette, les produits que vous employez sur vos tableaux ?

Je travaille à l’acrylique sur toile. J’utilise aussi beaucoup le raphia pour mes “coutures et enlacements”, le papier de soie et parfois des pigments, du fusain, des pastels gras et du latex.

Vous êtes connue comme le peintre de la couleur. Beaucoup de couleurs, un fort dynamisme, des rapports de couleur... Cherchez-vous à restituer des impressions visuelles fortes ?

J’ai une palette assez particulière, très peu de couleurs justement, plutôt de la lumière. Je jongle avec les tons jaunes et ocres, le rouge, et quelquefois le bleu pour calmer les ardeurs des rouges. Mes tableaux sont des jaunes rouges ou des jaunes bleus, des lignes noires viennent souligner et affirmer le tout. Je cherche plutôt à restituer une énergie. Celle que nous avons au plus profond de nous.

Quelle importance et quel rôle joue-t-elle pour vous (les couleurs) ? Pourquoi cette appropriation ?

Je vibre au jaune, je ne pourrais pas l’expliquer. C’est la couleur qui me ressemble, je suis jaune.

Quelles sont vos couleurs préférées ?

Le bleu, c’est paradoxal, je sais mais c’est la couleur que je préfère !

Par quelle magie arrivez-vous à donner vie à vos tableaux qui invitent aux voyages ?

Ce n’est pas de la magie. C’est du travail. C’est beaucoup d’amour, un travail à fleur de peau. J’y mets toute mon énergie, mes envies, mes rêves et mes espoirs.

Techniquement, comment sont réalisées vos oeuvres : sur place, d’après photo ou selon votre imagination ?

Je travaille la nuit, quand tout le monde dort et rêve. Je tisse, je brode dans l’épaisseur de la toile. Les couleurs se posent, se superposent. Les mots se glissent et se faufilent à travers la couleur, chaque élément trouve sa place petit à petit.

Votre peinture est un témoignage de la vie aux Antilles, votre peinture s’y prête bien !

Ma peinture n’est pas une peinture figurative. C’est de la peinture contemporaine caraïbéenne. J’expliquais un jour à un ami que peindre un oiseau pour moi n’avait pas d’intérêt, à part des prouesses techniques indéniables certes. Mais, à chaque fois que je passerai devant ce tableau, je verrai toujours un oiseau. L’oeuvre contemporaine, au contraire, nous oblige à un nouveau regard. Chacun y va de son interprétation et se nourrit de la toile et de son sujet. C’est l’une des forces de la peinture contemporaine. Aller au-delà de ce que l’on voit.

Les défis que vous êtes amenée à relever ?

C’est d’être une femme, mère et artiste ! C’est beaucoup de joie, mais aussi beaucoup de sacrifices !

Après ces quelques années de palette, comment gérez-vous votre reconnaissance émergente ?

Ce n’est que du bonheur ! Je prends les choses comme elles viennent, je garde les pieds sur terre, je ne suis pas pressée. Ma peinture s’affirme, elle prend du corps et du caractère.
                                                                      Jean-Jacques Seymour (01/07)

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