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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Yane Mareine

Yane Mareine


Comédienne chanteuse, elle est aussi connue pour ses recherches sur les outils de résistance des esclaves déportés d’Afrique noire. La voilà aujourd’hui au Théâtre Marigny dans "En allant à Saint Yves" de Lee Blessing. L’auteur a l’habitude des eaux fortes. Celle-là l’est !

Qu’a représenté pour vous ce texte ? Vous a-t-il enthousiasmé et pourquoi ?

J’ai été incapable de déceler la force de ce texte, en première lecture, pour la simple raison que je rentrais de l’océan Indien, mon énième voyage autour de la question de la spiritualité des esclaves déportés vers les terres noires d’amérique. C’était en 2004, j’étais pleine d’autre chose...
Mais depuis, avec tout le travail préalable — recherches sur les costumes, l’histoire de la colonisation et ses conséquences... La culture extrêmement riche de l’Afrique... — mené de concert avec le metteur en scène, la pièce m’est apparue comme étant le prolongement de toutes mes années d’investigation. En tout cas, les mots de Lee Blessing ont un curieux écho en moi, et je me suis rendu compte que je pouvais prendre beaucoup d’entre eux à mon propre compte.

Vous en avez dit un jour: “C’est un texte qui me touche beaucoup sur la responsabilité des mères de tyrans en Afrique. J’ai l’impression que c’est le rôle que j’ai voulu jouer toute ma vie.” Pourquoi ? Est-ce le temps de l’exorcisme ?

Pas précisément... Pour ce personnage issu d’une pure fiction, j’ai dû faire appel à une technique et une créativité mises en sommeil depuis près de vingt ans, puisque je m’étais éloignée pendant tout ce temps des scènes de théâtre. Je dois reconnaître que c’était un vrai challenge, parce que ce n’est pas facile d’accepter d’être monstrueux sur scène... Mais j’ai beaucoup appris en travaillant ce rôle.., par exemple que ce qui peut paraître extrêmement monstrueux peut être aussi sublime.., ce qui est parfois très noir, très sombre peut être d’autant plus lumineux.... En ce sens c’était particulièrement jouissif de m’investir dans ce personnage.

“En allant à Saint-Yves” n’est-ce pas une continuité du travail que vous avez effectué jusque-là ?

En quelque sorte, oui, car sans ma connaissance de l’histoire de la colonisation, de ses conséquences sur l’évolution de l’Afrique, il  m’aurait été impossible de trouver le ton juste pour défendre ce texte qui va gratter le spectateur là où cela fait mal ... Pour cela il m’a semblé nécessaire d’être dans l’affirmation, et non dans revendication....

La responsabilité des mères de tyrans: voilà un bon débat On se complaît à refaire le cheminement de l’enfant devenu tyran en passant de l’enfant gâté à l’enfant roi, puis par l’adulte tyran, et on se dit que la mère a laissé faire et est devenue une complice, une collabo malgré ou à cause d’elle ? C’est réel ou les choses sont-elles plus compliquées ?

A mon sens, les choses sont certainement plus compliquées… J’essaie de me débarrasser de tout jugement sur ce sujet. Chaque individu a des choses plus ou moins heureuses à réaliser, ou à régler durant son parcours terrestre.... Etre dans le camp de ceux qui bâtissent plutôt que de ceux qui détruisent n’est pas si simple. Cela ne relève pas en tout cas d’un choix délibéré, et n’est pas non plus seulement le résultat d’une bonne ou d’une mauvaise éducation. Ce sujet nécessite un regard plus subtil.

N’est-elle pas de celle qui a démissionné en vantant la maturité, le tempérament bien trempé de son enfant, un atout dans un monde aujourd’hui qui ne fait pas de cadeau ?

La réponse à cette question est aussi dans la réponse que je viens de vous faire... En tout cas pour moi.

L’amour est une part primordiale de la vie que chacun doit à chaque instant réexaminer. La mère le peut elle ? Ne participe-t-elle pas au crime ? N’absout-elle pas le tyran ? En clair, l’amour est-il une garantie contre le mal ? Peut-il triompher, du chaos ?

D’avoir joué ce rôle me donne-t-il le droit de répondre à une- telle question ?... La Pièce suscite en tout cas ce questionnement... et c’est même tout ce que l’on est autorisé à faire en tant qu’artiste.

La considérez-vous comme un thriller psychologique ?

Puisqu’il faut une classification... Va pour un thriller psychologique !

Enfanter donne des responsabilités. Mais a-t-on pour autant un droit de vie ou de mort sur sa progéniture ?

Je réponds sans hésitation: “Non !”

Vie de tous les humains décrite dans son essence, simple évocation d’un individu dans l’instant parfois, les niveaux d’expérience s’entremêlent. Entre l’invariant de toutes nos vies et le factuel de chacune d’elles, la confrontation est perpétuelle. En définitive, on peut dire qu’il y a   beaucoup de progrès à faire sur la nature humaine ?

Je ne sais pas si l’humanité doit encore faire des progrès, mais une chose est certaine pour moi, c’est que les recoins de l’âme humaine demeurent pleins de mystères.

Comment avez-vous ressenti le public ?

Sonné, mais bienveillant.

                                                                     Jean-Jacques Seymour (12/06)

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