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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Carole Venutolo

Carole Venutolo


La Guadeloupe n’est pas seulement une terre de zouk. D’autres voix méritent le détour et se font entendre dans les grands rendez-vous musicaux. Celle de Carole Venutolo séduit. Et sa récente promotion au World Trade Center de Pointe-à-Pitre, au coeur des problèmes économiques, ne l’éloigne pas des planches.

Décidément, vous êtes en permanence au coeur de l’actualité. Lauréate du concours régional de voix lyrique avec “Rouge Opéra", comment avez vous apprécié cette nouvelle distinction ?

J’ai effectivement été lauréate du concours régional de Chant lyrique en 1998 et j’ai eu le plaisir et l’honneur de représenter la Guadeloupe pour la première fois au concours national de Chant lyrique à l’opéra Massy.
J’ai par la suite poursuivi dans ce domaine, d’abord en montant la formation “Trio Opéra” qui s’est produite partout en Guadeloupe en 2004, notamment à Lakasa qui accueillait pour la première fois ce genre de musique. Nous avons fait salle comble.
Depuis 2005, j’ai monté une nouvelle formation, “Rouge Opéra" avec Caleb Séjor, ténor, et Grégory Beer au piano.
Cette formation s’est fait entendre dans tous les rendez-vous musicaux importants de la Guadeloupe et aussi au Festival de Musique de Fort-de-France en juillet 2005.
Tout cela est bien la preuve que le travail paye et qu’il y a de la place pour le chant lyrique en Guadeloupe comme ailleurs.

Parlons de vous. Vous destiniez-vous toute petite à devenir chanteuse ou étiez-vous motivée par une autre forme artistique ?

J’ai commencé à prendre des cours de chant classique à l’âge de dix ans. J’en ai aujourd’hui trente-cinq cela représente vingt-cinq ans de travail et de persévérance, et ce n’est pas terminé. J’ai soif de nouvelles techniques de chant, parce que dans ce domaine on n’a jamais fini d’apprendre de développer sa voix.
C’est mon père qui a découvert mes prédispositions pour cet art tout à fait par hasard.
Mon frère aîné avait un 33 tours de “Kiméra”, princesse indonésienne cantatrice qui était à la mode à cette époque et j’ai appris l’ensemble des morceaux du disque à force de l‘écouter.
J’ai été fascinée très tôt par la performance et le caractère exceptionnel de cette voix lyrique. C’était nouveau pour moi. Mon père m’a surprise en train de chanter ces airs d’opéra à l’âge de dix ans et a décidé, en accord avec ma mère, de me faire exploiter ce qu’ils ont qualifié de “don”.
En effet, s’il est vrai que cette activité artistique requiert beaucoup de travail, il n’en est pas moins vrai qu’il est nécessaire d’avoir au départ ce quelque chose d’inexplicable sorti d’on ne sait  où et qui fait la différence.

Intimement, cela doit avoir du sens de chanter. Dans quoi vous sentez-vous à l’aise ?

Chanter a pour moi un sens très profond dans ma vie chanter c’est donner, partager, communier. Cela me met dans un état d’extase, et le mot n’est pas trop fort. C’est une élévation de l’être tout entier. C’est un moyen d’expression puissant d’un point de vue vibratoire.
Chanter est un vrai bonheur, mais aussi un engagement personnel celui de faire découvrir l’art lyrique. Ce que je me suis engagée à faire en Guadeloupe avec mes amis de l ‘Association Lyrikado qui fête cette année ses dix ans !
En fait, chanter c’est pour moi approcher le merveilleux, la lumière, le divin.

De quelle manière considérez-vous votre voix ? Comme un instrument à part entière ?

Ma voix est un instrument qui sert, c’est comme cela que je le ressens. Il est fréquent, et j’en suis toujours très surprise, que les gens m’avouent en sortant des concerts qu’ils ont été touchés par ma voix, qu’ils se sentent heureux et légers en repartant chez eux. C’est quelque chose qui m’échappe complètement mais dont je suis consciente.

Une voix, ça se classe en fonction de la puissance et du timbre. Où vous situez-vous ? Entre hululement et roucoulement ? Entre chouette et tourterelle ?

Ma voix a été classée comme "Soprano grand lyrique”, c’est-à-dire une voix placée dans les aigues mais ayant une large gamme de notes à son actif, notamment dans certains graves.
Tout le reste, c’est de la technique acquise au fil des années de travail et de recherche.
En effet, je me suis très tôt tournée vers des techniques de respiration fondamentales pour le chant et pour la vie en général. Les initiés savent que bien respirer c’est bien vivre!

Physiologiquement faut-il des qualités pour passer de Mozart à autre chose ?

Bien évidemment, il faut des prédispositions physiologiques au départ, au niveau de la langue, des cordes vocales, du pharynx, du larynx, du diaphragme, de l’appareil respiratoire... Tous ces termes presque médicaux représentent la mécanique nécessaire à la production d’un son voulant approcher la perfection.
Mais cette mécanique se développe avec le travail, au même titre qu’un athlète qui devient un sportif de haut niveau et qui progressivement améliore ses performances.

Quel répertoire aimeriez-vous aborder ?

J’ai toujours été très attirée par le répertoire de l’opéra italien, mais cette année étant celle de Mozart, je redécouvre ce génie à travers son oeuvre en apprenant de nouveaux morceaux de cet auteur.

Comment conciliez-vous votre activité professionnelle avec le chant ?

Je n’ai jamais eu de difficultés à combiner mon activité professionnelle de chef du Service commercial du World Trade Center à celle qui occupe mes pensées et mon temps une fois sortie du travail. Ce sont deux mondes très différents dans lesquels je me sens à l’aise. Ils représentent chacun des traits de ma personnalité avec des points communs : la rigueur, la créativité et surtout la persévérance, indispensable dans ces deux activités distinctes. C’est mon équilibre de naviguer entre ces deux eaux.

Si l’art doit servir le beau, comment définiriez- vous votre rôle de chanteuse ?

Je fais partie des gens qui pensent que le beau rend bon. L’art doit servir le beau et par là même le bon. Chanter est un engagement et on  a une responsabilité envers ceux à qui on fait face sur une scène et auxquels on délivre par le biais du chant un message qui nous dépasse.  Je le veux d’Espoir et d’Amour.

Comment voyez-vous l’art lyrique aujourd’hui ? Craignez-vous une réelle désaffection des plus jeunes générations pour l’opéra et le classique ?

Il y a 25 ans, quand j’ai commencé l’apprentissage du chant lyrique avec Pierre Zamia, pionnière en Guadeloupe, il était fréquent de voir des gens rire, non pas en se moquant, mais rire de surprise.
Aujourd’hui les gens voyagent beaucoup, certaines chaînes de télévision n’hésitent pas à proposer des programmes de chant lyrique et de musique classique — pas assez mais c’est un commencement—, les chorales font sur place un vrai travail de fond, la Ville de Pointe-à-Pitre — Festival de Musique Classique — et la Ville de Baie-Mahault — Lokans Voix Sacrées — jouent le jeu, l’Association Yrikado travaille depuis dix ans à la démocratisation de l’art lyrique en Guadeloupe. Par conséquent, c’est un public de plus en plus large qui adhère à cet art et je suis très confiante quant à l’avenir de cette discipline.
L’Opéra est indémodable car il dépeint passionnément les sentiments humains l’amour, la haine, la vie, la mort, etc.
Il y a de la place pour toutes les formes de musique, il n’y a pas de grande et de petite musique, celle réservée aux élites et les autres: la musique est un langage universel qui unit les hommes et c’est pour cette idée que je travaille. 

Avez-vous des projets discographiques aussi bien en opéra qu’en récital ?

J’ai un très grand projet de concert pour octobre 2007, en Guadeloupe et ailleurs, et qui sera non pas une révolution, mais une véritable évolution de l‘Opéra à la rencontre du monde... Je n’en dis pas plus. A l’année prochaine. 
                                                                       Jean-Jacques Seymour (09/06)

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