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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Isabelle Kancel

Isabelle Kancel



Isabelle Kancel est tombée toute petite dans la marmite théâtrale. Au point d’y avoir créé son style à elle, souvent plein d’insolence. Aux Antilles, elle est reconnue de tous. Propos d’une folle des planches avec Amina.

Qu’est-ce qui vous a conduite au théâtre ?

Eh bien, pour remonter à la source, à l’âge de trois ans environ, les religieuses avaient organisé un spectacle de fin d’année, et je me souviens m'être sentie si bien sur les planches, que je ne voulais plus descendre de scène. Très vite, j’ai eu conscience qu’une autre vie pouvait se jouer là, plus intéressante que la mienne.
Et sans doute parce que j’ai toujours redouté l’ennui, le jeu est devenu un refuge et le fait d’être comédienne n’est ni plus ni moins que le prolongement de l’enfance. La scène de théâtre étant comme le prolongement de la cour de récréation. Ensuite, j’ai continué d’animer les soirées veillées chez les soeurs et on me confiait l’écriture, la mise en scène et la distribution de mes spectacles. Je n’étais encore qu’une enfant, mais je prenais tout ça très au sérieux ! Le théâtre était devenu vital pour moi. Comme l’amour.
J’avais toujours l’impression de ne rien avoir à dire, alors dire les mots des autres, ça me permettait d’exister socialement. Je n’ai jamais su assembler mes idées alors en m’exprimant à travers les autres, me mettre dans la peau des autres était une façon d’oublier que j’étais très mal dans la mienne.
Plus tard, à l’adolescence, j’ai eu mon premier grand choc émotionnel en tant que spectatrice en voyant jouer Jacques Weber dans “ Crime et châtiment" de Dostoïevski.
Je découvrais la puissance du langage et de l’image. C’était une fresque sur la condition humaine qui m’a bouleversée.

Etes-vous une dramaturge investie dans la vie théâtrale ? Votre façon à vous de faire du théâtre ?

Je ne suis pas dramaturge ! Je n’écris pas comme je respire. Mais il est vrai qu’en dépit des difficultés que j’éprouve dans l’écriture, j’ai toujours envie de raconter des histoires.
Ça a commencé par la mienne parce qu’il y avait de la violence, de la souffrance, de la solitude et qu’il fallait juguler tout ça en le transformant en quelque chose d’artistique.
Ensuite, raconter les histoires des autres, les incarner, c’est ouvrir des portes sur le monde, rendre une certaine justice à des existences.
Dans mon choix des pièces à monter, je suis souvent guidée par mes propres questionnements, qui généralement correspondent aux interrogations qui sont dans l’air du temps.

Votre regard sur la mise en scène ?

Je ne me considère pas comme une meneuse en scène véritable. J’essaye de mettre en espace des histoires avec bon sens. C’est tout. J’ai appris en faisant. Mais pour raconter ces histoires, il faut quand même en avoir une vision personnelle tout en comprenant bien et en respectant le propos de l’auteur.

Quels sont les genres qui vous intéressent ?

Tous les genres m’intéressent mais aujourd’hui j’ai une vraie curiosité pour l’écriture contemporaine, qui permet une liberté dans son mode d’expression.

Le théâtre vous permet-il de traiter des thèmes d’actualité ?

Au-delà du théâtre de divertissement, le théâtre doit être le lieu d’expression qui permet de poser des questions, de révéler et de changer peut-être, son regard sur le monde. Le sien et celui des autres. J’essaie d’avancer avec mon temps. Il y a des auteurs que j’aimerais monter, mais les moyens financiers me manquent.

Ecriviez-vous des histoires ?


Les idées affluent. La difficulté c’est le travail de fond qui consiste à trouver la façon dont on va exprimer ses idées. Et il faut qu’elle soit le plus personnelle possible. Sinon, on n’a aucun rapport privilégié avec le public.

Quand avez-vous commencé à écrire des pièces de théâtre, des histoires et comment êtes-vous passée de la mise en scène à l’écriture théâtrale ?

L’écriture s’est imposée à un moment où j’avais des choses à dire qui m’avaient fait mal et j’ai utilisé la dérision et l’autodérision pour en parler. J’ai commencé par écrire des sketches qui ont composé un "one woman show”. On ne devrait pas sous-estimer ce genre, car il s’y raconte généralement des histoires plus graves qu’il y paraît. Le fait de décider d’en rire et de faire rire avec est la preuve qu’il y a de la souffrance. Je voulais rompre avec mon isolement en allant voir si un public pouvait réagir à ce que j’avais éprouvé. La rencontre a eu lieu et ce fut un moment magique.

Les sujets traités sont-ils un miroir de la société antillaise ?

Les sujets abordés sont forcément le reflet de la société, qu’elle soit antillaise ou métropolitaine. Je suis issue des deux cultures et les deux m’intéressent. Je suis en constante observation des comportements humains et il faut une certaine distance pour pouvoir en rire !

Comment vos pièces sont-elles reçues par le public ? Est-il parfois choqué ?

Je ne sais pas si chez moi c’est de la naïveté ou de l’audace, mais j’aime bien une certaine insolence dans les propos. Ça fait sortir les gens de leurs gonds. Il est certain que si le public n’a pas fait ce travail de distanciation, il peut prendre de plein fouet certains sujets l’homosexualité, le non désir d’enfant, la maternité et ses abus de pouvoir... A cause et grâce à cela, il y a parfois des malentendus. Il se peut que je rate mon coup parfois, c’est la règle du jeu, mais mon but reste de donner au spectateur des émotions et si parmi ces émotions il y le rejet, la honte, le chagrin rentré, le scepticisme, c’est toujours bon à prendre !

Que pensez-vous de l’état actuel du théâtre en Guadeloupe ?

Le théâtre est le parent pauvre de la culture guadeloupéenne. Pourtant, il y a un public, c’est indéniable !

Comment voyez-vous la situation économique des compagnies et plus particulièrement des artistes en Guadeloupe ?

Actuellement, nous sommes plus que jamais dans un état de survie. La télévision fait des ravages. On n’imagine pas à quel point. Il faudra qu’un jour j’écrive là-dessus. Mais le vrai problème en Guadeloupe vient du fait qu’il n’existe aucune politique culturelle artistique qui permettrait au théâtre d’avoir une place prépondérante. C’est une véritable gageure que de vouloir faire exister le théâtre en Guadeloupe. Les institutions ne font pas la différence entre le théâtre amateur et le théâtre professionnel, qui “casse” le métier ainsi que les prix ! J’essaye de garder la foi et continue de penser que le travail et la qualité sont payants, Mais nous ne sommes pas aidés… Par exemple, j’attends toujours une réponse du Conseil Régional à la suite d’une demande de subvention, il y a deux ans !... J’avais pourtant une bonne opinion de l’homme de lettres qui m’a reçue alors... En tout cas, je n’ai plus envie d’aller pleurer. C’est pourquoi je m’autoproduis. Et puis, je trouve dommage que les comédiens professionnels fassent “cavalier seul" …

Qu’avez-vous dans vos tiroirs et en chantier ?

Dès la rentrée, j’attaque avec une pièce en solo dont je suis en partie l’auteur. Deux monologues de femmes, l’une SDF et l’autre star du cinéma. Le témoignage de deux vies diamétralement opposées et cependant toutes deux marginales. Il y a d’autres projets que je préfère taire pour le moment. Superstition oblige !

                                                                      Jean-Jacques Seymour (09/06)

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