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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Gertrude Seinin

Gertrude Seinin


On ferait presque un parallèle entre les deux personnages Joséphine Baker, Gertrude Seinin, deux époques. L’une a été bercée par le personnage de l’autre et a voulu lui rendre hommage. Ce n’est pas la première fois que la Martiniquaise entre dans la peau d’un personnage. Elle l’avait fait avec Piaf. Cette fois avec Joséphine Baker, elle n’a pas toujours été comprise. 

D’abord, êtes-vous particulièrement intéressée par le personnage de Joséphine Baker ? 

Oh oui, comme je l’ai également été pour cette grande figure martiniquaise qu’est Léona Gabriel, et cette grande voix, Edith Piaf. Je nourris de l’admiration mais surtout beaucoup de reconnaissance pour ceux et celles qui nous ont tracé le chemin. Joséphine Baker me fascine. Des connaisseurs épris du personnage m’ont aussi transmis leur passion. 

Qu’est-ce qui vous inspire chez elle : l’actrice comique, la chanteuse, la danseuse ou la meneuse de revue ?

 Tout, mais d’abord la chanteuse.

Baker a été reconnue comme la première star noire mondiale. Peut-on en parler d’elle comme un mythe ?

Comme un mythe, je le pense très sincèrement et avec beaucoup de respect devant son courage.

Vous souvenez-vous des premières impressions que vous avez eues en découvrant Baker ?

Ma mère fredonnait ses succès et, très jeune, j’aimais avec enchantement reprendre avec elle "J’ai deux amours".

Baker a chanté la Martinique. Quelle place occupe-t-elle dans votre coeur ?

Oui, elle a chanté “Madiana” et bien d’autres airs de la Caraïbe. Je retrouve en elle cette même lutte contre le racisme, cette même quête de liberté et cette même force au service de la négritude. C’est le même courant identitaire la même lutte contre le racisme, le même désir de liberté qui ont suscité mon admiration.

Avez-vous été séduite par les valeurs philosophiques, humanistes, altruistes et artistiques véhiculées par la star ?

Ses valeurs humanistes transcendent. Pour moi qui n’avait de cesse de le répéter tout au long du spectacle : il n’y avait pas que les bananes!

En quoi est-elle pour vous terriblement actuelle ?

Parce qu’elle  était tout simplement avant-gardiste, visionnaire et de bon sens, notamment vis-à-vis de la lutte contre l’exclusion, des droits de l’homme, de l’attention particulière quant à la protection des enfants ou des grandes valeurs toujours contemporaines.

Cet hommage semble avoir divisé l’opinion. Comment l’avez-vous vécu ?

Quelques précisions me semblent nécessaires: ce n’est pas l’hommage qui a divisé l’opinion mais la critique qui en a été faite par une journaliste de radio. Ses termes sans nuances et sans ménagement ont pu choquer l’opinion et surtout les témoins oculaires du spectacle qui ont fait prévaloir leur réalité. Un journal local a même écrit “Avait-on le droit d’esquinter Gertrude comme cela" ?
Dans une émission radiodiffusée par la même station, le sujet a été abordé en déclinant le thème de la liberté de la critique sans autres précisions des faits — par méconnaissance ou par volonté délibérée, on a entretenu une polémique qui égare—. De là, toutes les dérives ont été possibles.
D’aucuns ont voulu me prêter l’intention de refuser la critique alors que, d’une part, je ne puis que souscrire à ce principe et que, d’autre part, je suis restée en retrait et n’avais fait jusqu’alors aucune déclaration.

Méprise, dérive, que diriez-vous ?

Devant ces dérives, j’ai tenté — en vain — d’obtenir par courrier auprès du directeur de la station un droit à réparation pour atteinte à l’image.
Après douze jours d’attente, j’ai été amenée à organiser une conférence de presse pour éclaircir ce que j’ai vécu comme une méprise de la part de la journaliste.
En effet, cette dernière a voulu voir dans cet hommage — pourtant intitulé  "Gertrude Seinin chante Joséphine Baker" — non pas une forme de récital, comme le précisait l’argumentaire de présentation du spectacle, mais une revue avec ses débordements de paillettes et ses grands déploiements de mise en scène…
Elle dit d’ailleurs : “Cela- ne ressemblait pas à une revue" !... Et pour cause ! Pour moi il n’en a jamais été question !
Elle réclame des chorégraphies alors que la principale danse évoquée dite "sauvage" à l’époque (1925) ne prévoyait précisément aucune chorégraphie.
L’accumulation de contre-vérités d’une part et la non-prise en compte des composantes du spectacle d’autre part ont eu pour effet de donner une image négative de cet hommage alors que j’avais pourtant très clairement exprimé mes intentions — se référer au calendrier de l’organisateur de la manifestation — ! 
Réduire ce spectacle à des morceaux de paillettes et à des chorégraphies, alimenter ainsi la superficialité est à contre-courant de mes intentions et injurieux, si l’on ne s’applique pas à considérer l’image de Joséphine que je voulais faire prévaloir.

C’est-à-dire...

Je retenais en effet les grandes valeurs humaines que Joséphine a véhiculées. J’avais à coeur de rallier les esprits sur le militantisme qui caractérisait cette première star noire de l’histoire, surtout vers la fin de sa carrière, à travers des textes et des chansons pour la plupart méconnues évoquant la fraternité, la paix, la tolérance.
Je me pose la question: “Pourquoi avoir voulu transgresser mes intentions ?”
Notons que le public, qui n’a pas été interrogé dans le reportage — l’emploi du “On” indéfini est pourtant omniprésent…—, a adhéré à ma démarche puisqu’il a marqué sa satisfaction à la fin des deux concerts par une standing ovation. Une journaliste d’un autre support de presse en fait d’ailleurs état dans son papier.
Enfin, et suite à la conférence de presse, j’ai finalement reçu une lettre du directeur de la station m’adressant ses excuses personnelles et sa compréhension devant mon possible émoi...
Mettant un terme à cette affaire dans ma réponse écrite, j’ai remercié ce directeur, pour moi mais aussi pour les artistes qui se sont mobilisés à cette occasion et surtout pour le public ignoré. 

                                                                       Jean-Jacques Seymour (09/06)

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