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Histoire d'une esclave



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   La mulâtresse solitude -
Une histoire de solitude

 
L'histoire commence en Afrique en 1750, avec la naissance d'une petite négresse, Bayangumay. Au terme d'une adolescence heureuse, elle se conforme aux traditions culturelles de son peuple. Elle accepte, sans drame aucun, de devenir la jeune épouse de Dyadyu, le sage et âgé compagnon de son père.


Statue de la mulâtresse Solitude

Image idyllique bien vite bouleversée par le surgissement des Blancs : enlèvement de la jeune femme et départ forcé, via Gorée (île des côtes du Sénégal, l'un des principaux centres de la traite des esclaves), pour les Antilles dans les cales pestilentielles d'un navire négrier.

Soumise à la pariade, elle donne naissance à Rosalie, à son arrivée en Guadeloupe vers 1772. L'enfant est mulâtresse, et la couleur de sa peau est un incessant rappel de son avilissement ; en conséquence, Bayangumay n'arrive pas à l'aimer vraiment. Pourtant, Rosalie, que l'on tente de séparer de sa mère, revient toujours vers elle, et écoute avec fascination les discours d'un vieux nègre mutilé pour cause de marronnage. Mais sa mère Babette (nom d'esclave de Bayangumay) persiste à la rouer de coups, sauf un soir, veille de son départ en marronnage, où elle laisse parler son instinct maternel et s'oublie à la caresser. Rosalie, métisse d'autant plus séduisante que ses yeux sont de couleur différente, devient alors la «cocotte» de Xavière, la fille de son maître. D'abord docile et respectueuse, Rosalie songeant à sa mère, en vient peu à peu, à souhaiter se révolter comme elle.



Statue de la Mulâtresse Solitude

Image idyllique bien vite bouleversée par le surgissement des Blancs : enlèvement de la jeune femme et départ forcé, via Gorée (île des côtes du Sénégal, l'un des principaux centres de la traite des esclaves), pour les Antilles dans les cales pestilentielles d'un navire négrier. Soumise à la pariade, elle donne naissance à Rosalie, à son arrivée en Guadeloupe vers 1772. L'enfant est mulâtresse, et la couleur de sa peau est un incessant rappel de son avilissement ; en conséquence, Bayangumay n'arrive pas à l'aimer vraiment.

Pourtant, Rosalie, que l'on tente de séparer de sa mère, revient toujours vers elle, et écoute avec fascination les discours d'un vieux nègre mutilé pour cause de marronnage. Mais sa mère Babette (nom d'esclave de Bayangumay) persiste à la rouer de coups, sauf un soir, veille de son départ en marronnage, où elle laisse parler son instinct maternel et s'oublie à la caresser. Rosalie, métisse d'autant plus séduisante que ses yeux sont de couleur différente, devient alors la «cocotte» de Xavière, la fille de son maître. D'abord docile et respectueuse, Rosalie songeant à sa mère, en vient peu à peu, à souhaiter se révolter comme elle. Vendue, revendue, elle paraît indifférente à son destin, et à ceux qui lui demandent son nom, elle répond : «Avec la permission, maître, mon nom est solitude».
Survient alors la révolution et l'abolition de l'esclavage décrétée par la convention de Victor Hugues en 1794. Libérée par la fuite de son maître, le chevalier Dangeau, Solitude assiste aux exécutions de la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre et aux combats que se livrent les Blancs. Elle ne réalise pas toujours ce qui se passe autour d'elle, pas plus que ce qui lui arrive. Solitude est brutalement remise en esclavage ; Richepanse ayant entre temps débarqué pour exécuter les ordres de Bonaparte rétablissant l'esclavage (1802).

Survient alors la révolution et l'abolition de l'esclavage décrétée par la convention de Victor Hugues en 1794. Libérée par la fuite de son maître, le chevalier Dangeau, Solitude assiste aux exécutions de la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre et aux combats que se livrent les Blancs. Elle ne réalise pas toujours ce qui se passe autour d'elle, pas plus que ce qui lui arrive. Solitude est brutalement remise en esclavage ; Richepanse ayant entre temps débarqué pour exécuter les ordres de Bonaparte rétablissant l'esclavage (1802).

Un jour, assistant à la descente sur l'habitation d'une bande de marrons regroupés autour du «Moudongue Sanga» (un leader marron), elle décide de les rejoindre, fidèle à cette révolte héritée de sa mère et de son sang nègre. Elle connaîtra sur les hauteurs (les mornes où les marrons se rassemblaient), une forme de bonheur. La satisfaction d'abord d'être libre et de maintenir aux côtés de Sanga, l'espérance de tout un peuple, la joie de l'amour aussi avec Maïmouni (esclave) qui, récemment venu d'Afrique, lui permet de raviver cette négritude que compromettait son métissage. Elle devient enceinte.
  
Dans cette condition, elle participe à tous les combats livrés par les marrons et, dans une sorte de transe, se jette avec fureur sur les blancs sidérés par son courage ou son inconscience. Ses compagnons sont vite défaits ; au terme de ses pérégrinations, Solitude se retrouve parmi les combattants de Delgrés, qui, acculés par les troupes de Richepanse, se regroupent au Matouba sur l'habitation Danglemont. Epargnée par l'explosion au cours de laquelle périssent les défenseurs de la liberté des Noirs, Solitude est finalement arrêtée, condamnée à mort et exécutée, le 19 novembre 1802.

Ce beau récit est d'André Schwarz-Bart, et son livre La mulâtresse Solitude (édition du Seuil, Paris ; 1972, p144) s'appuie sur les rares faits historiques du vécu tragique de la Guadeloupe. La mulâtresse Solitude est une héroïne de l'histoire de l'île. Une statue lui est dédiée au lieu-dit Baimbridge, à Pointe-à-Pitre.
  
Un homme seul est en mauvaise compagnie. Mais même seuls, nous pouvons et devrions prier pour être en compagnie du Dieu suprême. Solitude ne fut jamais seule : sa vision, son rêve de la liberté qui l'habitait avec obsession, et sa fidélité envers sa mère et son Afrique perdue, occupaient continuellement ses pensées. Elle lutta pour la cause avec les armes qu'elle pensait être bonnes.
 
 *Mulâtre, mulâtresse : Né d'un noir et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une noire.
                                                                                        
Texte Eric Brudey





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