Planet Antilles

   Accueil        
 
Partenaires

Accueil
Jeudi 29 Juin
Saint Pierre
Les îles à découvrir
La Guadeloupe
La Martinique
Les Saintes
Marie-Galante
Désirade
Saint-Martin
Saint-Barthélémy
La Barbade
La République Dominicaine
La Réunion
Planet gastronomie
Recettes
Planet services
Annonces
Envoyez vos cartes
Galerie photos
Horoscope
Trafic routier en Ile de France
Météo
Contact & gestion
Qui sommes nous ?
Publicité sur le site
Nous écrire
Mentions légales
Rejoignez-nous
Problème sur le site

Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Louis Ketsia

Louis Ketsia


Artiste peintre dans l’âme, elle parfait quotidiennement son art, dans le dessein de créer son propre repère identitaire. En témoigne sa philosophie de l’art et de la vie, qui n’a rien de féministe.

Ketsia est née à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. A priori, cette véritable fourmilière humaine de deux millions d’habitants n’est pas le lieu idéal pour les créateurs. Mais un mariage précoce, suivi d’une rupture, transforme la vie de Ketsia, qui se consacre définitivement à la peinture. Ses voyages occasionnels dans le Sud-est de son pays d’où sont originaires ses parents façonnent son subconscient artistique. Au fil des ans, cette jeune femme de 27 Ans a mûri et appris à déceler les méandres de l’univers artistique. Elle ne se réclame d’aucune  école, ni d’aucune chapelle sociale. Ses tableaux présentent la femme, cet être hautement spirituel qui donne la vie. L’entretien a eu lieu chez Ketsia, quartier situé à l’Est de Port au Prince.

Comment avez-vous découvert le monde de la peinture ?

J’ai toujours eu des crayons à la main mais j’ai vraiment commencé la peinture à dix-sept ans.
J’étais mère et depuis, je n’ai rien fait d’autre.
J’adore l’art en général, la peinture, la musique, etc. Comme disait mon père je suis née avec un crayon dans la main. A l’école on me mettait toujours dehors, parce que je dessinais en classe.

Quand avez-vous commencé à dessiner de manière professionnelle ?

J’ai rencontré Richard Barbot et Thierry Bartol. Ils m’ont beaucoup aidée en me conseillant à chaque fois que je dessinais quelque chose. Mais fréquenter une école de peinture, jamais.
Richard Barbot est un très grand peintre haïtien qui a exposé surtout au Canada et ailleurs, mais pas en Haïti. C’est un portraitiste et Thierry également. Mais Thierry dessine surtout au crayon. Il m’a appris à l’utiliser, alors que Barbot m’a appris l’acrylique.

Qu’avez-vous fait jusqu’à cette date ?

Des portraits, des tableaux. C’est pour cela qu’on m’a beaucoup encouragée. J’ai continué et, pour le moment, ça marche. Cela fait cinq ans que je travaille d’arrache-pied.
En regardant vos tableaux, je constate que la femme est au premier plan...
Moi je pense que la femme, c’est l’élément essentiel de la vie, parce qu’elle porte la vie, elle la donne. Elle est la matrice. Je ne peins pas essentiellement la femme pour la femme. On ne connaît pas la valeur spirituelle de la femme, en tant que porteuse de vie. Vous voyez, avoir ce pouvoir de porter, de créer la vie, c’est énorme. La femme ne se résume pas à une belle poitrine, un beau visage, un vagin. Moi, j’essaye de montrer le côté subtil de la femme, qui a toute son importance. Surtout en Haïti, les choses pourraient changer, si on donnait à la femme, toute l’importance qu’elle méritait.

Les visages de vos femmes incarnent à la fois sensualité et tristesse. Le ressentez-vous également ?

Est-ce que c’est de la tristesse ? C’est plutôt un état méditatif. Je les installe dans un certain univers, dans les étoiles. Leur corps est peut-être sur terre, mais leur esprit est ailleurs. C’est pour cela qu’on dit qu’on ne comprend pas vraiment les femmes. Mais (éclats de rire) là, je suis en train de dévoiler nos petits secrets. C’est que la femme, elle est ailleurs, elle vit dans un autre monde. Je pourrais dire que la femme est plus près de Dieu que l’homme. Elle joue son rôle de femme sur terre, mais, elle vit dans un autre univers.

Les femmes de vos tableaux ne fixent pas les gens qui les admirent, mais regardent ailleurs. Peignez-vous uniquement la femme haïtienne ?

Pas vraiment. Je peins des femmes bleues, en feu, en rouge, en jaune. Non, je ne peins pas que des femmes d’Haïti mais la femme tout court. Cet aspect spirituel qu’elle véhicule appartient à toutes les femmes de toutes les couleurs.

Vous est-il arrivée d’exposer vos tableaux ?

Euh !non. Pas encore, parce que je ne me sens pas encore prête. Je pense que l’art est quelque chose de sacré et qu’on ne peut pas jouer avec. Je veux sortir de cette routine, entrer dans le rêve. Amener les gens à voir quelque chose d’autre que ce qu’ils ont l’habitude de voir. Je veux apporter quelque chose au monde, entrer dans une autre dimension, et je veux que ce soit parfait.

Etes-vous croyante ?

Oui. Je pense que les artistes sont entourés d’anges, d’esprits de lumière, mais n’en profitent pas. Moi, j’en ai pris conscience et ne veut pas gaspiller cette aubaine que j’ai sur cette terre. Surtout, sur la terre d’Haïti. Les gens ne se rendent pas compte de cette force magnétique extraordinaire qui existe chez nous. Moi, j’ai pu le ressentir et aimerait bien partager ce savoir avec les autres habitants de la planète tout entière.

Comptez-vous participer à “Femmes en production 2006” ?

Je ne vais pas y exposer mes tableaux mais poursuivre une autre expérience que je fais sur de la toile, qui sert habituellement de sac. Il y a un bel effet et c’est très original. Les gens aiment beaucoup.

Etes-vous la première personne à utiliser ces sacs-là ?

Je croyais que je l’étais, mais je me suis rendu compte qu’il y avait quelqu’un qui l’a fait avant moi, ou en même temps que moi. On a fait connaissance. Je me demande, si nous ne sommes pas les seuls à faire cette expérience.

Quels sont, pour finir, vos souhaits pour Haïti qui semble entier dans une nouvelle ère de stabilité politique ?

Mes souhaits ne concernent pas qu’Haïti. Je m’adresse aux femmes en général. Qu’elles laissent de côté leur maquillage, leurs pompons. Qu’elles regardent, au plus profond d’elles mêmes, leur côté subtil pour comprendre qu’elles ont une mission sur terre. Qu’elles sont appelées à sauver le monde. Elles doivent avoir conscience de cela. Elles ont le pouvoir. Il suffit de prendre conscience de ce pouvoir. Et les hommes doivent donner une chance aux femmes. 

                                                                           Belmondo  Ndengue (08/06)

            retour


Newsletter
 S'inscrire à la newsletter >>

 

Plan du site
Copyright © 2004 Planetantilles.com tous droits réservé
Création :Torop.net - Site mis à jour avec wsb.torop.net