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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Carole Belénus

Carole-Belénus


Carole Bélénus est une styliste guadeloupéenne au parcours original. Elle a passé dix ans au Japon au sein du groupe Matsusaziet où elle a exercé des responsabilités, lancé une ligne de produits et se dit disponible aujourd’hui pour la Guadeloupe avec ses “Maisons voyageuses”. Cette créative originale raconte son parcours.

Retracez-nous brièvement votre parcours ?

Après mon bac passé en Guadeloupe, je pars poursuivre mes études à Paris en espérant pouvoir me consacrer totalement au domaine qui m’intéresse vraiment, le stylisme, ce qui pour ma famille n’était pas considéré comme un vrai métier en comparaison des études de droit ou la préparation de concours administratifs. Paris a été l’occasion de faire mes propres choix en mon âme et conscience.
Les écoles de stylisme à Paris étant très chères et très privées, je me suis inscrite à la Sorbonne en Histoire de l’Art et Arts plastiques jusqu’à l’obtention de ma maîtrise. Tout en construisant une pensée libre et curieuse, j’ai pris des cours de modélisme en parallèle et stylisme pour acquérir des bases techniques.
Malgré tout je ne sais pas encore où m’emmèneront ces études un peu atypiques.

Racontez-nous comment vous vous êtes trouvé dans cette position au Japon et ce que vous avez vécu ?

A la fin de mes études, je travaillais au Centre Georges Pompidou où j’ai fait la connaissance de jeunes créatifs, designers stylistes, peintres, écrivains tous très dynamiques, dont la devise est de faire, de produire sans attendre d’aide, de moyens ou de reconnaissance. Je me lance donc dans la création d’accessoires de mode, dans ma cuisine avec quelques bouts de tissus, d’abord des écharpes, puis des petits sacs que je propose à une boutique dans le Marais, enthousiaste. Grâce à ces créations, je rencontre une attachée de presse qui cherche une créatrice d’accessoires pour le groupe japonais Matsusaziet qui souhaite créer une nouvelle ligne de maroquinerie au Japon. Mon travail est donc proposé avec celui de plusieurs stylistes françaises déjà reconnues, et à ma grande surprise, deux jours après cette rencontre, je me suis retrouvée dans cette aventure, Il m’a fallu être opérationnelle immédiatement et sans état d’âme. Plus que voir, c’est un univers, où le travail est un sacerdoce et l’entreprise une deuxième famille. J’ai découvert une culture des extrêmes, d’un côté le travail, la rigueur, la hiérarchie où les sentiments sont contenus et très feutrés, de l’autre une énorme curiosité pour la nouveauté et l’excentricité. Des contrastes qui permettent de faire un travail intéressant, à la fois très créatif et inscrit dans le concret.

S’il y a eu un choc des cultures c’est bien celui là. Comment l’avez-vous vécu et comment çà se passe pour une Guadeloupéenne qui ne parle pas japonais ?

Le premier sentiment est d’arriver sur une autre planète se sentir rose à pois verts, demander son chemin devient une aventure extrême! tant la langue me semble étrangère, et surtout ne voir aucun visage noir, la première impression était assez difficile!
Mais nous avons appris à travailler ensemble et à respecter nos différences, évoluer non sans éclats. Au delà du travail, l’échange réciproque sur nos cultures, nos différences et surtout nos ressemblances, (et il y en a) a été très enrichissant pour moi.Consacrant tout mon temps au travail, j’avais une interprète comme une sorte de “garde du corps’ et amie. Elle a beaucoup facilité ma vie.

Vous vous êtes intégrée jusqu’à créer une marque, “Petit péché”. C’est étonnant !!!

Non, j’ai été engagée pour créer cette marque, son concept, son identité visuelle et ses modèles, suivre les ouvertures de boutiques et de corners au Japon, Bien que le nom "Petit Péché” porte mon nom, c’est d’abord un travail collectif dont j’ai été le directeur artistique. Le travail des équipes marketing m’a beaucoup aidée à appréhender l’univers japonais et à faire un travail en conséquence.


Aujourd’hui vous avez regagné Paris, capitale de la mode, de la création et vous voilà les yeux rivés vers l’Outre mer avec votre projet des Maisons voyageuses. Est-ce un monde imaginaire ? Pouvez-vous nous en définir le concept ? Est-il en lien avec le thème du voyage ou du tourisme ?

Il est imaginaire dans le sens où je veux créer une maison mobile qui soit le reflet de la Guadeloupe créative de mes rêves. Concrètement, je veux créer un espace mobile qui puisse être un vecteur de communication fort pour la Guadeloupe en proposant à la vente les meilleures saveurs gastronomiques, des plantes, de la littérature, enfin tout un univers et une ambiance contemporaine et dynamique. Sa mobilité lui permettra de se positionner au meilleur endroit au bon moment !

Vous êtes partie récemment à la rencontre d’artisans et de saveurs du terroir aux Antilles. Pour quoi faire ? Etes-vous à la recherche d’émotions, de souvenir ou tout simplement pour créer avec eux un nouveau modèle prêt à exporter ?

Il était très important pour moi, voire essentiel de travailler en collaboration avec les artisans pour mieux les connaître, découvrir leurs produits, leur attentes et voir ensemble comment nous pouvions faire des propositions judicieuses aux consommateurs. Ce travail passe par l’étude du packaging, du goût et la forme du produit. Il y a en Guadeloupe énormément de talents mais qui manquent parfois de visibilité et qui ont besoin d’élargir leur clientèle. Mon objectif est de mettre en lumière ces talents et de pouvoir leur permettre de développer leur activité.
Cela a été l’occasion pour moi de rencontrer des personnes comme Claudine Rosas de l’Apriga qui a permis de fédérer des artisans autour du projet, et des créateurs comme Fabienne Youyoute, glaces créoles aux saveurs délicieuses, sikagato, Foubpap’poyo qui font des bananes séchés extraordinaires ou Ti coco dont les punchs et les sucs à coco sont une vraie révolution, Nathalie Minatchy pour son jus de banane...La liste est très longue.

Vous voulez faire de nos produits des produits de luxe ?

Non pas de luxe, pour sa connotation élitiste, mais des produits ancrés dans la modernité, qui prennent en compte les nouveaux modes de vie, et les nouvelles aspirations de nos compatriotes. Des produits qui reflètent l’esprit de notre génération, dynamique et résolument tournée vers l‘avenir. Loin des clichés madras cocotiers et compagnie créole. Ces produits s’adressent à une cible à la recherche de qualité et d’authenticité. Ce seront d’abord des produits soignés dans leur sélection et dans leur présentation.

Si je vous dis “Culture et Art" quels sont vos goûts ?

Ils sont très éclectiques : de l’art contemporain, spécialement les installations d’artistes qui impliquent le spectateur dans leur travail comme Boltanski, au design culinaire qui introduit l’idée d’oeuvre d’art dans la nourriture en passant par ceux qui m’accompagnent à chaque instant dans mon travail créatif : Raphaël Confiant, dont la poésie et la tendresse sont pour moi des supports pour créer des images et des saveurs, Nils Udo et Patrick Blanc pour leur travail sur le land art et la nature, Maurice Fréchuret, Buren pour sa mise en abîme de l’espace, Pierro Lissoni pour le design d’objets, Marc Brétillot pour le design culinaire, Junichirô Tanizaki pour l’éloge de l’ombre...

Demain c’est quoi pour vous ?

C’est une présence forte de la Guadeloupe, des Antilles et de l’Afrique. C’est avoir une image valorisante de nous-mêmes, un sens du réseau et de la communauté sans pour autant s’enfermer. Avec l’arrivée en force de pays comme la Chine, et les courbettes de l’économie mondiale, nous risquons d’être mis de coté si nous ne créons pas nous-mêmes une force de propositions.
Plus personnellement, l’objectif est de faire pousser mes Maisons Voyageuses, de fédérer une équipe avec des cuisiniers guadeloupéens pour faire évoluer les mentalités afin de présenter le meilleur de notre gastronomie et de notre savoir faire en Métropole, en Europe et aux Etats Unis.
                                                                     Jean-Jacques Seymour (08/06)

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