Planet Antilles

   Accueil        
 
Partenaires

Accueil
Mercredi 29 Mars
Sainte Gwladys
Les îles à découvrir
La Guadeloupe
La Martinique
Les Saintes
Marie-Galante
Désirade
Saint-Martin
Saint-Barthélémy
La Barbade
La République Dominicaine
La Réunion
Planet gastronomie
Recettes
Planet services
Annonces
Envoyez vos cartes
Galerie photos
Horoscope
Trafic routier en Ile de France
Météo
Contact & gestion
Qui sommes nous ?
Publicité sur le site
Nous écrire
Mentions légales
Rejoignez-nous
Problème sur le site

Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Bénita Jacques

Bénita Jacques


Bénita Jacques est canadienne, d’origine haïtienne. Cette bilingue (français anglais) est actrice, comédienne, mais aussi mannequin, à ses heures. Amina l’a rencontrée à Montréal où elle réside.

Comment s’est déroulée votre formation de comédienne ?

En fait, ma formation de comédienne s’est déroulés à trois niveaux: théorique, pratique et professionnel. Certes, j’avais déjà joué dans des pièces de théâtre avant ma formation mais, je n’avais pas d’acquis théoriques. C’est en suivant des cours de théâtre  que j’ai lu des livres qui parlent de l’histoire du théâtre : Théâtre grec, français, américain, asiatique et différents autres courants scéniques. Comme tout le monde, je pouvais certainement faire la différence entre une comédie, un drame et une tragédie, mais cela n’avait rien à voir avec une quelconque formation artistique. Au niveau pratique, j’ai découvert tout un monde.
Je pensais qu’il suffisait de déclamer sur scène ou amuser le public pour se définir comédienne. C’est en pratiquant les exercices théâtraux que j’ai su ce que cela signifiait qu’être acteur. Le reste, la chimie entre la scène et le public, je l’ai découvert en jouant.

Que représente le théâtre pour vous et pour quoi l’avoir choisi comme mode d’expression artistique ?

Pour moi, le théâtre, c’est la liberté, la vie. Etre sur scène, c’est devenir un autre, exhiber l’autre en soi. Je peux construire et “déconstruire” — si je puis ainsi m’exprimer — le monde comme je veux. Je peux me sentir grande, petite, éprouver le sentiment d’être vieille, jeune, épouser toutes les sensations du monde. C’est en ce sens que j’ai choisi le théâtre comme expression artistique, comme mode de vie.

Vous avez suivi des cours de mannequinat durant votre parcours ; en quoi cela vous aura- t-il apporté un plus au niveau de l’expression théâtrale ?

Evidemment, j’ai pris des cours de mannequinat durant mon parcours. Très sincèrement, je pense qu’il existe une certaine corrélation entre un modèle et un comédien, puisque les deux mettent à profit leur corps pour exprimer des émotions, des attitudes, des sentiments, etc. Et dans ce cas, je ne pense pas qu’il y ait un rapport de discontinuité entre les deux ; au contraire, ils se complètent.

Vous avez obtenu quelques rôles au cinéma. Un mot là-dessus ?

C’est vrai, j’ai eu la chance de tenir des rôles dans des films réalisés par des producteurs issus de la communauté haïtienne. Tout cela a été pour moi une expérience enrichissante. Expérimentant les deux, j’ai réalisé que le cinéma est un médium différent du théâtre; par contre, dans les deux cas, c’est toujours l’acteur qui interprète les rôles.

Une expérience aussi dans la lecture de la poésie ?

C’est un genre que j’ai exploré occasionnellement. Cela m’a permis de travailler mes émotions, mon articulation vocale, de sentir les mots, et d’expérimenter la sensation de légèreté. Bref, c’est un atout dans ma carrière de comédienne.

Revenons au théâtre qui semble être le centre de vos activités artistiques, quelles sont à ce jour les pièces qui vous ont marquée et pourquoi ?

J’ai vu et pris part à des pièces de théâtre qui m’ont fait réfléchir sur la vie; cependant, Karéla, la Femme vaillante de Eternel Victor m’a inter pellée sur ma condition, en tant que femme d’origine haïtienne issue d’un milieu défavorisé. Dans cette pièce, il est question d’une femme qui, en dépit de sa condition miséreuse, parvient à éduquer ses trois enfants en repassant et reprisant les vêtements des gens de son quartier. Au moment où ses enfants arrivent à aider leur mère, voilà que celle-ci meurt de misère. Tout le drame est là dans la société haïtienne les femmes font souvent seules l‘éducation de leur progéniture; elles vivent leur réussite à travers celle de leurs enfants.
Pourtant, elles sont niées, méprisées et quasiment exclues dans cette société. Elles constituent en quelque sorte le principal héros d’une société qui les ignore et les dépouille de leur humanité et de toute reconnaissance. Cet hommage fait aux femmes haïtiennes par l’auteur ma réellement troublée au point que j’ai saisi davantage la nature des rapports de domination et d’exploitation existant entre les hommes et les femmes. Et je suis sortie grandie de cette expérience.

Quelles sont les qualités pour être une bonne comédienne tant au théâtre qu’au cinéma ?

Tout bon comédien se doit d’avoir de la passion pour son art et être disciplinée. Le comédien qui ne se donne pas entièrement et inconditionnellement pour son art ne mérite pas une telle considération.
Après tout, la première motivation du comédien n’est pas l’argent, mais la communication avec la vie profonde. Pour tout dire, l’humilité et le sens de la responsabilité ne sont pas à dédaigner.

Parlez-nous des activités de l’alliance théâtrale haïtienne de Montréal à laquelle vous appartenez, quels sont ses objectifs ?

A. T. H. est un organisme qui oeuvre dans domaine théâtral depuis plus de dix-huit ans. Son objectif est de donner aux jeunes une meilleure image d’eux-mêmes, de leur communauté et de la société québécoise d’accueil. Depuis une douzaine d’années, A. T. H a développé une approche de théâtre dite d’intégration. C’est un théâtre de recherche, d’éducation et d’intervention qui vise à développer un espace de dialogue entre les différentes communautés culturelles et la société québécoise. La problématique jeunesse, particulièrement la question de la double appartenance représente une source de questionnements pour l’Alliance Théâtrale Haïtienne.

Parlez nous de la pièce “Le Magicien d’Oz” ?

Le “Magicien d’Oz” est une adaptation d’un conte de fée pour enfants. C’est l’aventure d’une petite fille nommée Dorothée, qui habitait avec son oncle Henri et sa tante Emmie. Ils vivaient dans une très belle ferme au milieu d’une grande prairie. Un jour de beau temps deux méchantes sorcières de l’Est et de l’Ouest se sont fâchées très très fort, provoquant une  grosse tempête…
Les comédiens, pour la majorité, en étaient à leurs débuts, mais cette pièce a connu un franc succès.
Mon rôle était de distribuer les rôles, de monter et de réaliser cette pièce de théâtre.
Et j’avais comme assistant M. Evins Valcin de l‘Alliance Théâtrale Haïtienne. Il m’a été d’un grand support, compte tenu de son expérience dans le domaine. Je lui suis très reconnaissante. Cela a été une expérience inoubliable.

Quelles sont vos distractions ?

Faire du jogging, aller au cinéma, au théâtre. J’adore danser. 

                                                                                     Jacques Bilé (08/06)

            retour


Newsletter
 S'inscrire à la newsletter >>

 

Plan du site
Copyright © 2004 Planetantilles.com tous droits réservé
Création :Torop.net - Site mis à jour avec wsb.torop.net