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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Ferdy Ajax

Ferdy Ajax

Ecrivain, peintre, céramiste, sculptrice mais aussi chanteuse tels sont les talents affichés par l’Haïtienne Ferdy Ajax, connue également sous son nom d’épouse "Argelier”. Après "Au paradis des ténèbres” et “Au nom de la liberté”, deux recueils de poèmes sortis respectivement en 2004 et 2005, elle vient de recevoir, pour sa peinture, le prix des écoles au salon afro-caraibéen de Grigny. L’occasion de revenir sur sa carrière.

Comment doit-on vous appeler : Ferdy Ajax ou Mme Argelier ?

Depuis trois ans, j’ai repris mon nom de jeune fille — même si je suis toujours mariée — en l’honneur de mes parents. Jusqu’à l’année dernière, j’exposais sous mon nom d’épouse. Puis j’ai rencontré une tante au cours d’un de mes voyages à New York. On a beaucoup parlé, notamment de mes parents décédés très tôt. Cela m’a poussée à reprendre leur patronyme.

Quel genre de peinture faites-vous ?

Je fais du réalisme, du naïf aussi. Je n’ai pas pu échapper à mes racines. Avant cela, j’ai suivi quatre années de Beaux Arts.

On connaît vos talents d’écrivain et de peintre, il paraît que vous chantez également ?

Oui, j’ai plusieurs cordes à mon arc j’écris des chansons, je chante et joue de la trompette et de la guitare. J’ai d’ailleurs participé à l’album de mon mari, Edmar Argelier. Mais on ne peut pas parler de carrière musicale, même si la musique fait partie de mon quotidien. Elle est présente dans ma poésie, mes déclamations. La poésie est d’ailleurs une forme de chanson, mais aussi une écriture profonde que j’adore pratiquer.

Y-a-t-il un art que vous privilégiez ?

Non, parfois les mots me viennent et j’ai envie d’écrire. Ou un tableau s’impose à mes yeux et je peins. Ces deux activités sont complémentaires, aucune d’entre elles ne vient en surcharge.

Vous venez de recevoir le prix des écoles, pouvez-vous nous en parler ?

Il s’agit d’un prix qui m’a été remis à l’occasion du salon afro-caraibéen de Grigny. Des élèves de différentes écoles, tout âge confondu ont souhaité mettre en avant un de mes tableaux parmi ceux d’une douzaine d’artistes. Malheureusement je n’étais pas là le jour de la remise des prix. Je déclamais à la maison des mines. Le public a été déçu de ne pas me voir.

Etait-ce votre première participation à ce salon ?

Non, c’est la troisième année que je participe à cette manifestation. D’habitude je viens avec mes sculptures.
Cette année, j’ai été très prise par mes activités et j’ai peint les tableaux présentés, très rapidement. Ils ne font même pas partie de ma collection.
En 2005, j’avais proposé un tableau intitulé "les négriers". Il s’agissait d’un bateau avec, à la place des gens, des écritures. Le public avait beaucoup apprécié.

Combien de tableaux avez-vous exposé cette année à ce salon ?

Trois mais c’est "Oua" qui a le plus séduit mon jeune public. Il s’agit d’une peinture représentant un coq avec une foule tout autour. Le coq est comme un emblème. J’ai aussi dessiné des drapeaux. J’ai voulu rendre hommage à un dieu de la divinité africaine qui s’appelle Ogoun. Ce qui est amusant, c’est que plus je regarde le tableau plus je découvre des choses différentes, le regard n’est jamais le même.

Vous a-t-on proposé de l’acheter ?

Oui mais malheureusement, je n’étais pas là. Je n’ai jamais eu de difficultés à vendre mes tableaux. Depuis deux/trois ans, cela marche même bien. En décembre j’étais à Saint Michel sur Orge, j’en ai vendu trois. Je n’expose pour tant pas pour vendre, mais quand cela arrive c’est bien.

Vous produisez beaucoup de tableaux ?

Une cinquantaine par an, mais quand je me lance j’en fais quatre à cinq d’un coup.

Avez-vous le même succès dans chacune de vos activités ?

Pour mon public, j’ai commencé par peindre. Paradoxalement la reconnaissance est venue plus vite dans l’écriture que dans la peinture.

On vous définit souvent comme une artiste engagée, l’êtes-vous autant dans la peinture que dans l’écriture ?

Il faut le croire. C’est en effet ainsi qu’on me perçoit. Je crois que cela vient de mon franc parler. Je dis ce que je pense. D’autre part, je viens d’un pays où les remous ont été nombreux dans la vie politique, et il m’arrive d’être engagée involontairement.

Que pensez-vous de la situation d’Haïti actuellement ?

Je suis partie de chez moi très jeune, mais j’ai toujours rêvé y retourner vivre. Je n’aimerais pas mourir sans avoir revu mon pays. Mes enfants d’ailleurs ne connaissent pas Haïti.
Mon île est au coeur de mon existence. Autrefois en Haïti, les enfants jouaient dans la gaieté, aujourd’hui je les vois qui tremblent et c’est triste.

Qu’est-ce qui vous empêche d’y retourner ?

Comment y retourner quand on voit les coups de canon, la situation désastreuse qui existe sur place ? Je ne veux pas prendre ce risque pour mes enfants. L’année dernière, j’étais invitée mais j’ai annulé quand j’ai vu que tout était en feu, que l’Ambassadeur de France avait été assassiné.

Etes-vous optimiste quant à l’avenir de votre pays ?

Oui, je pense que c’est impossible qu’Haïti reste dans le chaos. La stabilité devrait revenir. On a affaire à des hommes. Et dans tout homme réfléchi, il y a une part de bonté et une volonté de réconciliation. J’espère simplement que cette part de bonté va jaillir un jour comme un soleil.

Peignez-vous la situation d’Haïti ?

Oui, tout à fait. D’ailleurs j’ai une anecdote. Un jour j’ai réalisé une plaque en céramique avec le palais national et elle a explosé. C’était la première fois que cela m’arrivait. Le lendemain il y a eu un coup d’état et j’ai pensé intérieurement: “qui a dit que l’art n’était pas de la magie ?"  Peut-être les artistes qui sont proches de la nature et donc de la vie ont-ils quelque chose de particulier en eux?

Quels sont vos projets ?

J’ai prévu une exposition en Guadeloupe. Je compte aussi me rendre en Martinique et si tout se passe bien passer par Haïti. J’ai également un projet de court métrage. 
                                                                                                         (06/06)

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