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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Valérie Whittington

Valérie Whittington

Après avoir obtenu son D.E.A (Diplôme d’études approfondies) et démissionné d’une thèse au bout d’une année, Valérie Whittington est rentrée au pays un peu désabusée. Aujourd’hui, elle a retrouvé une nouvelle jeunesse et l’envie de se battre pour atteindre ses objectifs. Mme Whittington est professeur en biologie au collège de Balata dans une Zone d’Education Prioritaire, une discipline dont elle est tombée amoureuse il y a plusieurs années.

"Je suis une passionnée de sciences. Pour moi, les choses se devaient d’être expliquées et la science m’apportait des réponses. J’aime partir à la découverte de l’inconnu pour briser les mystères de la nature. Et c’est cette passion que je veux transmettre aux enfants de Guyane", se plaît-elle à dire d’un ton intéressé. En dehors des heures d’enseignement, de corrections de devoirs, elle participe régulièrement aux activités de plusieurs associations de chants, danse et théâtre. Cette mère de famille dynamique et entreprenante aime partager son savoir avec les autres et s’intègre parfaitement dans une société guyanaise multiculturelle en pleine mutation.

Pourquoi avoir choisi la voie de l’enseignement et non celle de la recherche ?

Je dirais que c’est l’enseignement qui est venu à moi. En 1993, quand je suis revenue au pays, les entreprises n’étaient pas très florissantes en Guyane. J’ai déposé des curriculum vitae un peu partout et les réponses ont beaucoup tardé à venir; alors je me suis orientée vers l’éducation nationale. Quelques semaines plus tard, j’ai reçu un courrier me disant qu’il y avait une possibilité.
Après entretien, j’ai été recrutée en qualité de professeur de biologie, puis j’ai été
affectée dans un collège de Cayenne. Depuis mon intégration dans l’Education nationale, je suis un professeur non titulaire et on m’affecte en fonction des postes vacants.

Est-ce voulu ou attendez-vous un recrutement définitif au niveau de l’Education nationale ?

Les années m’ont permis de comprendre qu’en définitive le changement était pour moi un atout plutôt qu’une contrainte. En effet, je crois que je ne supporterais pas la routine. Par ailleurs, mes déplacements perpétuels m’ont permis de faire des rencontres de gens avec qui des amitiés profondes se sont tissées. C’est très enrichissant de vivre ainsi, même si pour certains, la titularisation avec l’assurance de l’emploi est plus importante que le reste.

Quelle est votre méthode d’enseignement ?

Je dirais qu’elle est des plus classique. En tant que discipline scientifique, elle est basée sur l’observation et l’interprétation de faits expérimentaux. Cela fait appel à de l’imagination et à la capacité de chaque individu à mettre en exergue ses compétences pour faire avancer les choses. Et depuis que je travaille avec les enfants, notamment ceux qui viennent des quartiers difficiles, on fait de nombreuses découvertes intéressantes. Les situations sont parfois scabreuses mais très fructueuses car on ressent une certaine envie de leur part de toujours aller de l’avant, de se surpasser... C’est vraiment formidable.

Y a-t-il une différence entre les élèves et le mode d’enseignement en ZEP ou dans un collège normal ?

Un établissement classé en ZEP (Zone d’éducation prioritaire) dispose de moyens humains, matériels et financiers supplémentaires, ce qui lui permet de prendre des mesures adaptées à la population d’élèves dont il a la charge. Je dois dire qu’avec le temps j’ai appris à développer des rapports non conflictuels avec les élèves. Cela ne veut pas dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Est-ce facile d’enseigner la biologie à des élèves qui ne comprennent pas toujours le français ?

Je dirais que cela dépend du niveau de difficulté de l’élève. Certains font de véritables efforts pour participer et comprendre les cours. Ils interrogent, achètent des livres et travaillent beaucoup à la maison pour parfaire leurs connaissances. Puis, il y a les autres qui, une fois sortie de la salle, ferment le cahier pour la prochaine rencontre. C’est à moi, professeur, de détecter les difficultés et d’aider tous les enfants, quels que soient leur origine ou leur niveau social.

Vous travaillez sur un nouveau projet éducatif depuis le début de l’année. Quel en est l’objectif pour les élèves dont vous êtes le professeur principal ?

L’objectif est de leur donner ou de leur redonner confiance en eux en les valorisant sur un projet dont ils sont les principaux acteurs. Nous travaillons sur un thème fort dont ils ne connaissent pas vraiment l’origine : le volcanisme. Ils doivent écrire trois contes sur ce thème. Les débuts ont été un peu difficiles, mais depuis quelques jours les choses semblent nettement s’améliorer. Les autres collègues de français, d’art plastique et la documentaliste qui travaillent sur le projet ont été d’un vrai réconfort car leur aide constante a permis de faire avancer les choses. Ce sont des élèves de quatrième, certains ont des difficultés en écriture en travaillant sur le projet, ils font d’énormes efforts pour travailler sur l’orthographe, l’apprentissage de la synthèse. Et surtout le sens de la responsabilité. Inciter à la recherche et au développement de l’imaginaire de chaque élève est une nouvelle expérience très enrichissante.

Pourquoi travailler sur ce thème du volcanisme lorsque l’on sait qu’en Guyane, on n’est pas touché par ce problème. N’aurait-il pas mieux valu travailler sur un thème plus approprié à la réalité locale ?

Le problème du volcanisme ne touche pas la Guyane d’aujourd’hui,  il est vrai, mais le phénomène a existé il y a plusieurs milliards d’année. Cela permet de se rendre compte que ce phénomène ne se pose pas en termes de géographie, mais plutôt en termes d’évolution de notre belle planète la Terre. Et puis, autour de ces catastrophes il y a des histoires humaines qui concernent également la Guyane.

A qui seront destinés vos travaux ?

Ils sont destinés aux enseignants du primaire et du secondaire qui pourront soit en faire une lecture simple, soit l’exploiter par un travail de recherche. C’est aussi une bonne production pour les autres élèves du collège qui pourront profiter des recherches du groupe. Ces documents vont rester au collège.

Par ailleurs, vous êtes conteuse, chanteuse actrice de théâtre dans diverses structures et  vous écrivez des poèmes également. Pourriez-vous nous faire quelques rimes pour la nouvelle année 2006 sur une Guyane prospère et fraternelle ?

"Moments uniques
Quand, à l’aube,
Filtrent les premiers rayons du soleil.
Moments précieux
Quand, sous la brume encore épaisse
Résonnent les bruissements d’une nature encore endormie.
Moments câlins
Quand l’eau, à la source jaillit
Et fait frémir les rondes formes qui se dévoilent.
Moments magiques
Quand s’ouvre la fleur, en calice.
Toute entière, hymne à la vie...”

Le bonheur n’est-il pas dans chacun de ces instants ?

Alors, épousez ces moments et vous serez éternellement heureux. Parce que la vie est belle et écrire des poèmes est pour moi une façon d’en  prendre toute la saveur. L’écriture me permet effectivement de partager avec le plus grand nombre. Me procurer du plaisir et en donner aux autres n’est-ce pas merveilleux ?

Votre souhait le plus cher ?

Réaliser tous mes désirs...

                                                                               Frantz Montoban (04/06)

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