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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Marie-Claude Pernelle

Marie-Claude Pernelle

Marie-Claude Pernelle a rejoint depuis quelques années le monde des médiathèques en Guadeloupe où elle gère celle de la dynamique ville du Moule. Elle a su profiter du boom non définitif initié par le conseil général de l’île pour approcher ce secteur multiculturel. De son parcours, de ses projets, elle a accepté de dialoguer avec Amina.

Commençons par votre parcours, et vos fonctions au sein de la médiathèque du Moule. Comment l’avez-vous intégrée ? Etait-ce un souhait de votre part ou une opportunité de carrière ?

J’ai toujours voulu travailler dans la culture, je m’intéressais tout particulièrement au cinéma, à la littérature et à la musique. Et j’ai compris très vite qu’il fallait contrôler les moyens de production et de diffusion. C’est pour cela que je me suis formée en économie à Paris. Puis pour le second cycle, j’ai recherché une formation plus professionnelle. A cette époque, il n’y avait pas d’études publiques concernant la gestion de la culture et j’ai trouvé la maîtrise d’édition de promotion des produits d’édition à Villetaneuse avec un tronc commun de communication et une spécialité surtout autour du livre en librairie et en édition. Je voulais travailler dans l’édition. Je travaillais à mi-temps aux éditions l’Harmattan et était pigiste à AMINA en même temps. Après plusieurs postes instables où mal rémunérés. Avec mon conjoint nous avons créé l’association Black’Art pour la promotion des littératures et arts des mondes noirs qui a édité un magazine trimestriel pendant plus d’un an et proposé des animations à des salles de cinéma et des médiathèques. Nous avons géré par exemple le mois de la Caraïbe à Meaux. La nouvelle médiathèque venait de s’ouvrir. Découvrant l’approche multiculturelle des médiathèques (écrit, image et son), j’ai tenté le concours de bibliothécaire territoriale en Ile de France. Je pensais rester en banlieue parisienne lorsque j’ai appris que la Guadeloupe s’était lancée dans un plan de développement de la lecture publique. Plusieurs médiathèques cherchaient des responsables.

Pouvez-vous expliciter votre rôle ? Est-ce un rôle de communication ? Où commence-t-il, où s’arrête-t-il ?

Le poste que j’occupe à la bibliothèque multimédia du Moule consiste à développer des collections multimédias (livres, CD, DVD, partitions, CDROM...) Riches et diversifiées tenant compte des références nationales, internationales mais aussi locales sur près de 1500 m2.
Puis il faut diriger un personnel de 24 personnes chargé d’être des médiateurs entre les différents publics et les multiples documents classés par thème. Cette médiation a pour fonction de mettre à disposition des citoyens une documentation dont il a la liberté d’accès au rythme qu’il veut et au niveau qui le désire. II faut également accompagner les politiques d’éducation, de valorisation du patrimoine régional, de lutte contre l’illettrisme, de lutte contre l’exclusion et le chômage, et d’incitation à la créativité et l’esprit d’entreprise. L’information devient un capital de plus en plus rare parce que paradoxalement de plus en plus accessible. Et trop d’information tue l’information, nous, les bibliothécaires, nous
participons à la construction des routes bien signalisées et contrôlées pour le développement et l’autonomie des habitants.

Quels sont les problèmes que vous rencontrez le plus souvent ?

Les problèmes sont ceux qui sont issus de la gestion du personnel, car c’est difficile. Par ailleurs, il faut aussi beaucoup de temps pour se consacrer aux questions de fond, établir des partenariats qui nous permettent de conquérir de nouveaux publics. D’une manière générale, patience, diplomatie et curiosité intellectuelle doivent nous permettre de faire face aux nombreux problèmes quotidiens.

De mémoire, sauriez-vous nous rappeler des moments forts de votre fonction ?

Cette médiathèque a été une opportunité. A trente ans, j’ai dû pouvoir recruter du personnel, définir les budgets, gérer un nouveau bâtiment, installer un système informatique, constituer une collection totalement nouvelle, créer des animations en continuant à me former. J’aime les défis, j’ai déjà sauté en parachute et j’étais dirigé par un maire femme, donc un exemple pour moi. Une équipe de jeunes cadres dynamiques et à l’écoute m’a aussi beaucoup soutenu. Aujourd’hui, Madame le député Maire Gabrielle Carabin sur la base de cette expérience ma nommée responsable de la culture et je gère également avec une équipe plus étoffée une salle de spectacle et de cinéma, ainsi je retrouve mes premiers amours.

Dans la promotion des manifestations,  quelle est l’importance d’une communication par Internet ? Y a-t-il un impact significatif sur les visites ?

Pour l’instant, Internet n’est pas notre outil privilégié car c’est un outil complémentaire de documentation et nombreux sont nos lecteurs qui n’ayant pas Internet à domicile viennent à la bibliothèque multimédia. Mais nous commençons à réaliser des invitations par mail.

Est-ce qu’Internet est pour vous plus flexible qu’un support papier ?

C’est un outil complémentaire et la question de flexibilité est un faux problème car si vous   voulez conserver l’information, vous êtes bien obligé de l’imprimer. Par conséquent il n’y a jamais eut plus d’écrit qu’à notre époque avec Internet. Par ailleurs, Internet est une grande médiathèque où l’on peut trouver tout sur tout à condition de savoir chercher et mesurer la pertinence et la véracité des informations reçues. Donc, ce n’est pas plus flexible, plus que c’est plus important. Nombreux sont  les élèves qui perdent plus de temps dans Internet pour leurs exposés que la simple recherche dans une encyclopédie. Internet c’est souvent sans niveau, on peut trouver une thèse complexe ou c’est souvent trop succinct. Pour l’information spécialisée et vraiment intéressante, elle devient de plus en plus payante.

Quelle a été l’idée motrice de la médiathèque ? A quel type de besoin répond-elle ?
 
La médiathèque est un outil municipal pour le développement social, économique, artistique, spirituel des habitants en leur donnant un accès gratuit à toutes les connaissances fondamentales et actualisées.

Quels rapports entretenez-vous avec les visiteurs ?

La médiathèque est également un lieu de détente, de sérénité, de rencontre. Nous profitons de ce climat pour avoir des rencontres intéressantes et passionnantes  avec des lecteurs, des auteurs et des artistes en général. C’est un espace où l’on prend un peu de recul sur la vie pour penser aux choses importantes ou au contraire pour s’évader.

Quels ont été les derniers livres qui vous ont le plus marqué ?

Eh bien ! Ce n’est pas nécessairement des livres récents car les médiathèques compilent les livres à travers le temps et l’on peut redécouvrir des ouvrages. Je suis très intriguée par le livre la troisième  vague de Toffler où comment cet homme dans les années 80 ait pu voir les évolutions importantes de notre époque qui se réalisent effectivement aujourd’hui dans le domaine politique économique. J’aime beaucoup les essais et outre mes lectures permanentes sur le cinéma, j’aime cet ouvrage Les Bâtards de Voltaire de John Saul sur la dictature de la raison en Occident. En roman, je vous conseille le livre d’Alain Mabanckou, verre cassé qui a eu le prix des cinq continents celui des étonnants voyageurs et de RFO.

À ce propos, avez-vous en tête des titres qui selon vous n’ont pas eu le succès qu’ils méritent ?

Je suis très perplexe par rapport à cette question de succès. Comme j’ai été dans l’édition et dans librairie, je sais que parmi les 900 livres qui sortent à chaque rentrée littéraire, c’est difficile de penser que les médias favorisent en fait ceux qui ont la possibilité d’envoyer des documents de presse et des exemplaires, de prendre des rendez-vous dans les grandes émissions de télévision. Les livres des grosses maisons ont plus de chance d’être des best-sellers. Je vous conseille tous d’aller dans les bibliothèques et prends le temps de découvrir les auteurs peu connus et de réaliser une réelle rencontre personnelle car nous lisons tous pour des besoins non avouables tout à fait individuels, besoins qui varient avec l’âge, avec notre rapport aux savoirs et à la connaissance, nos expériences et notre mode de vie.

Que pensez-vous de la situation des bibliothèques et des médiathèques en Guadeloupe ?

La Guadeloupe a eut la chance contrairement à la Guyane et à la Martinique de voir signer ce contrat entre l’Etat, Le conseil général et certaines communes comme Le Moule, Gosier,  Deshaie, Lamentin, Basse-Terre avec la médiathèque spécialisée dans la Caraïbe… Il reste de nombreuses communes sans bibliothèques dignes de ce nom et dont les moyens de développement ne sont pas octroyés. La bibliothèque multimédia du Moule a près de 6000 inscrits dont 3000 actifs avec près de 60% moins de 14 ans. Connaissez-vous de nombreuses associations pour une ville de 20 000 habitants qui ont autant d’adhérents ? C’est un équipement fort qui attire d’ailleurs l’installation de nouveaux habitants. Les maires qui ont opté à temps pour les médiathèques sont des maires qui ont compris l’importance de plus en plus majeure de l’accès à l’information dans le monde d’aujourd’hui. 

                                                                   Jean-Jacques Seymour ( 04/06)

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