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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Marie-Lucie Montfort

Marie-Lucie Montfort

Un reportage sur la vie des enfants en situation difficile a  permis à Marie  L. Montfort, journaliste au quotidien Le Matin de remporter le premier prix dans sa catégorie. C’était à l’occasion d’un concours lancé par Plan International Haïti, une organisation de développement communautaire centrée sur l’enfant. Objectif : encourager les membres du "Quatrième pouvoir" à aborder dans leurs écrits et productions audiovisuelles des thèmes se rapportant à l’enfance et aux droits de celui-ci.

Marie-Lucie rencontre un jeune "maléré" sans abri, dans une rue du sud de Port-au-Prince.
Impressionnée, elle s’inspire de ce cas patent pour en faire un reportage. C’est une photographie instantanée des conditions de vie d’un déshérité. Une façon d’éveiller les consciences sur des centaines de laissés-pour-compte qui sillonnent les rues des grandes villes du pays. La fibre altruiste de Marie L. Montfort lui a ouvert les portes du quotidien Le Matin. C’est d’ailleurs la seule femme de la rédaction de ce grand journal, le second du pays par ordre d’importance. Marie L. jette un regard sans complaisance sur la profession de journaliste dans son pays et la condition de la femme au sein des médias haïtiens. Elle fait en outre une approche désintéressée de l’épineuse question de la polygamie considérée ici — et à tort— comme un hobby purement "africano africain", en dépit de sa forme souterraine qui la caractérise en Haïti. Elle existe bel et bien, soutient Marie L Montfort, qui ne fustige pas moins cette pratique. L’entrevue a lieu au bord d’une piscine située dans la cour du QG du quotidien Le Matin.

Pourquoi avez-vous choisi de parler d’un enfant défavorisé ?

Au cours de mon parcours professionnel, j’ai écrit pas mal de textes sur la situation des enfants en Haïti. Cette fois-ci, j’ai préféré choisir cet enfant, car il symbolisait l’exclusion en termes d’accès à l’éducation, la santé et au bien-être pour l’épanouissement de l’enfant.

Le fait d’avoir remporté le premier prix vous a-t-il surprise ?

Cela n’a pas été une surprise. Car, lorsqu’on prend part à un concours, c’est parce que l’on veut gagner. Mais l’important pour moi, c’est de produire un travail valable qui mette en lumière la situation des enfants en Haïti.

C’est un texte à caractère social ?

Oui, parce que je suis journaliste à la section Société et Culture du quotidien Le Matin. Mes textes sont le plus souvent à caractère social. J’ai une sensibilité pour les catégories les plus vulnérables de la société, à savoir les enfants et la femme. A ce jour, j’ai écrit une centaine de textes.

Vous êtes minoritaire au journal Le Matin. La collaboration masculine est-elle parfaite ?

Il y a une certaine collaboration, mais dans les rapports interpersonnels, il y a toujours une sorte de polémique dans le métier. On ne peut pas dire que c’est tout à fait parfait. On essaye de s’imposer, on finira par le faire, Il y a parfois des contraintes à tous les niveaux. Pour mes confrères certains sujets d’actualité ou de société à couvrir semblent destinés aux femmes et d’autres aux hommes. Ma participation à un concours destiné aux journalistes ma permis de prouver que j’avais des capacités intrinsèques.

Quelle est la place de la femme journaliste dans les médias en Haïti aujourd’hui ?

Je suis vraiment intéressée par la sociologie du journalisme en Haïti. D’une manière générale, la femme est plus présente dans la presse audiovisuelle. On en rencontre très peu dans la presse écrite. A la radio on rencontre beaucoup de femmes. A la télé aussi. Mais, j’ai parfois l’impression que chez nous on choisit de belles femmes pour enjoliver l’écran. C’est comme un bibelot… Il faut charmer les téléspectateurs. Il faut être jolie pour présenter à l’écran. La compétence passe au second plan. On a tendance dans les médias à envoyer les hommes couvrir les activités masculines (conférence de presse du premier ministre, par exemple) et vice versa. C’est comme si la politique n’intéressait pas les femmes, Il faudrait aussi faire une analyse et voir pourquoi les femmes sont confinées seulement à des sujets sociaux et non politiques ou économiques.

Quels sont vos projets littéraires?

Je projette d’écrire un ouvrage sur les superstitions, mythes et les tabous d’Haïti et d’ailleurs. C’est un domaine qui n’est pas très exploité chez nous. Cela pourra permettre aux étrangers de mieux connaître la culture haïtienne.

Croyez-vous en la parité homme/femme ?

Je suis pour l’égalité des hommes et des femmes en droit. Les hommes doivent être aux côtés des femmes, parce que nous sommes complémentaires. Il faut toujours le regard d’un homme ou d’une femme, selon le problème pour avancer. Je suis pour une entente entre l’homme et la femme dans leur diversité pour avoir une société où les deux contribueront au progrès.

Quelle est votre opinion sur la polygamie ?

Je ne suis pas favorable à la polygamie, parce qu’elle fait du tort à la société. Sur le plan économique, on a plus de responsabilité. Sur le plan de l’équilibre, quand on a deux femmes, le coeur est partagé. Il y a instabilité permanente, quand on a  plusieurs femmes. Vous savez que la famille est une structure importante dans la société, il faut la préserver. Il faut la souder, se donner à fond. Plusieurs femmes, plusieurs lits, ça dérange.

Comment ça se passe en Haïti ?

Evidemment, la polygamie existe sous une autre forme. Plus discrète dans le passé, elle est devenue un secret de polichinelle. Tout le monde sait que tel ou tel directeur est marié, mais qu’il a plusieurs copines. On fait tout avec beaucoup d’hypocrisie. Mais comme je vous l’ai dit tout à l’heure, mieux vaut savoir que son partenaire a une deuxième femme. Au moins on connaît sa rivale et on peut savoir à quel niveau les problèmes se posent. Le faire de manière voilée, c’est un risque. Surtout avec les MST. Avec la polygamie, si on a deux femmes, il serait souhaitable que les deux soient fidèles et l’homme aussi.
Mais avoir une troisième femme, une quatrième, représente un risque élevé. Pour moi, il faudrait repenser la polygamie en Haïti. On a  beau faire semblant de la voiler, mais tout le monde sait qu’elle existe sous d’autres formes. C’est de plus en plus subi par la femme légitime.  Au niveau légal, la loi tolère davantage l’homme qui commet l’adultère que la femme.

Les choses ont quelque peu changé...

C’est vrai, avant le décret du 6 juillet 2004. L’adultère chez la femme était considéré comme un délit grave. Aujourd’hui, l’homme et la femme sont sur le même pied d’égalité. L’adultère peut être une cause de divorce. Mais plus question de pénaliser ou d’arrêter la femme.

C’est une grande victoire pour les Femmes!

L’homme était plutôt protégé et pouvait à la limite payer une amende. L’homme a les mêmes droits que la femme au niveau de l’adultère. Le viol et le harcèlement sexuel sont désormais sanctionnés par la loi. Les auteurs encourent des peines allant de10 à 30 ans de prison. Le ministre à la Condition féminine, Mme Adeline Chancy, est à l’origine de cette petite révolution.

Une dernière question. Tous vos compatriotes ont les yeux rivés sur les élections générales. Quels sont vos souhaits pour Haïti ?

Que le nouveau gouvernement crée des conditions de paix, de sécurité et de progrès, d’autant plus que le phénomène de kidnapping continue. Les journalistes ne sont pas moins confrontés à cette situation. Je souhaite aussi que es femmes participent pleinement à ces élections. 

                                                          Ndengué Blackson Belmondo (03/06)

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