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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Odile Rhino

Odile Rhino

Enfant, Odile chantait déjà partout au point de lasser son entourage ! A table, sous la douche, sur le chemin de l’école, on n’entendait qu’elle. Ancienne élève de Christiane Eda-Pierre à la Scola Cantorum, elle est diplômée d’Art Lyrique avec la mention "Très Bien” et bien sûr les félicitations du jury !

Plus de détails sur le parcours qui vous conduite a  sur les planches ?

J’ai étudié le chant au Conservatoire International de Paris et j’en suis sortie avec le premier prix.
Mais tout a commencé bien avant cela.
A la maison, à l’école, dans la rue partout où je passais j’avais toujours un chant sur les lèvres. Au point que j’ai appris bien plus tard que j'avais été surnommée “ "La Castafiore" par certaines amies. Sympathique, n’est-ce pas ?
Bien évidemment, cela se chuchotait dans mon dos. Il a fallu attendre bien des années pour que cela me parvienne.
Plus tard, adolescente, à l’insu de mes parents je me suis inscrite à la chorale Aurore de Saint Christophe. Je vous laisse imaginer la tête de mon père lorsqu’il l’a appris !
Cet ensemble était alors dirigé par Jocelyn Michalon qui lui aussi a fait une grande carrière de baryton basse. D’ailleurs beaucoup de grands chanteurs lyriques martiniquais sont isssus de la chorale Aurore de Saint - Christophe.
Les premiers classiques que j’ai entendus, c’est avec Maurice-Bruno Ruffinel  et j’ai tout de suite aimé.  Puis je suis partie en Guadeloupe poursuivre mes études de mathématiques comme je l’avais annoncé officiellement à mes parents.

Tiens  pourquoi les maths avec un tel talent ?

C’est que je n’osais pas trop dire à mes parents que je voulais faire une carrière artistique. Je suis presque sûre que ce ne serait pas passé ! Cela dit, comme j’ai toujours été une élève brillante, ils me laissaient le champ libre. J’ai ensuite intégré un groupe qui jouait du Jazz dans les hôtels. Là encore ma voix a été remarquée et, dans mon dos, les membres de ce groupe m’ont organisé une rencontre avec Willy Jones, chanteur lyrique noir-américain qui s’apprêtait à venir à la Martinique. Il m’a tout de suite suppliée d’arrêter mes études de maths pour faire carrière dans cette voie.
En Guadeloupe, j’ai continué à me faire remarquer par mon chant si bien qu’un jour la directrice du CROUS où je logeais m’a fait appeler. En secret, elle m’a fait rencontrer une chanteuse lyrique guadeloupéenne, une soprano du nom de Pierra Zamia.
Lorsqu’elle m’a entendue, elle m’a dit tout de suite: “Odile, il faut que tu fasses du chant ! "J’ai continué à travailler avec elle alors que, "officiellement"  j’étais censée faire des études de maths.
Remarquez, cela ne m’a pas empêché de réussir mon DEUG. L’année suivante, j’ai annoncé à mes parents que je partais en France poursuivre des études de chimie. Vous pensez bien que ce n’était qu’un prétexte en réalité c’était le chant qui me poursuivait et ma réputation également. Willy Jones, charmé par ma voix, n’avait de cesse de vanter mes mérites à droite et à gauche au point que c’est arrivé aux oreilles de mes parents.
Je n’ai même pas eu besoin de demander l’autorisation à mes parents ni de leur annoncer que je changeais de voie.
Arrivée à Paris, j’ai commencé à travailler pour pouvoir financer mes cours de chant au Conservatoire. Ce n’est que quatre ans plus tard que j’ai fait la connaissance de Christiane Eda-Pierre

Ah bon et comment ont réagi vos parents ?

D’abord, pour l’anecdote, ma mère a rencontré une amie qu’elle n’avait pas vu depuis très longtemps qui lui a dit : "J’ai entendu parler d’Odile il paraît qu’elle est sublime ! "
Vous imaginez sa fierté ! En fait cette réputation ma facilité les choses. Je ne suis pas du genre à me heurter avec mes parents, aussi je fais ce que j’ai à faire en douce plutôt que de les affronter. Lorsqu’ils ont appris que j’étais connue, ils n’ont eu aucun mal à l’accepter.
S’ils ne m’ont pas encouragée, c’était tout simplement parce que je ne leur parlais pas.
Ensuite, j’ai participé à de nombreux concerts et festivals de musique sacrée et d’opéra.

Qu’en est-il de votre tout premier concert ?

Oh là, là ! Que d’émotion !
C’était au musée Jaquemart André à Paris. Le couple présidentiel français recevait le roi et la reine de Belgique. La cérémonie a été organisée par Mme Danielle Mitterrand. L’ambiance était tout simplement impressionnante avec le dispositif de sécurité que vous imaginez. Il y avait des CRS partout, même sur le toit de l’immeuble!

Parlez-nous de votre répertoire.

Je chante notamment Donna E!vira dans le "Don Giovani” de Mozart et "L’Amant Anonyme" de Saint-Georges avec les archets de Paris. A plusieurs reprises, j’ai été appelée en renfort au choeur de l’Opéra de Paris. Bref, depuis 1997, je participe à de nombreuses productions.

Que dire du récital des 7 et 8 octobre à Fort-de-France ?

J’ai eu à interpréter La Ci Darem la Mano (Don Giovani), Panis Angelicus, le Trio Elegie avec Marie Caroline Dessaigne et Yolanda Suarez au piano, Barcarolle (Les Contes d’Offmann de J.Offenbach) avec Fabrice Di Falco et enfin Les filles de Cadix (L Delibes).
Nous avons fait salle comble les deux soirs. Le public venu nombreux était très chaleureux. Il a tout particulièrement été séduit par le Duo des Chats de Rossini avec Fabrice Di Falco et Jean- Pierre Cadignan. Le contraste entre la voix très aigue de Fabrice Di Falco et la grave de Jean- Pierre Cadignan a vraiment fait sensation. Le lendemain et les jours suivants, le spectacle était encore dans toutes les conversations.

Qu’avez-vous à dire aux jeunes martiniquais qui se sentent des talents artistiques ?
 
Jeunes compatriotes, armez-vous de courage, de ténacité, d’enthousiasme et puis foncez, surtout n’hésitez pas !
Au bout du chemin il y a la joie de donner et le plaisir de s’exprimer.
Seulement, faîtes attention ! Il ne faut pas croire que ça tombe tout cuit du ciel.
Pour réussir en musique le talent ne suffit pas il faut travailler sans cesse avec ardeur et demeurer toujours ouvert à de nouveaux apprentissages. Il faut résister à la tentation de la “grosse tête !" Méfiez-vous de vous-mêmes. Il ne faut pas se croire arrivé avant même d’être parti

Et à leurs parents ?

Aux parents, je leur dirais que l’apprentissage est long, ardu et quelle qu’en soit l’issue, vos enfants y trouveront maturité, rigueur et ouverture au monde.... Une vraie leçon de vie donc ! La Martinique, de par sa situation géographique et de par son histoire, a de tout temps été le creuset d’un véritable brassage musical. C’est là sa richesse. L’accueil enthousiaste et chaleureux que nous avons reçu m’a permis de constater qu’après une mise en sommeil de quelques décennies, ce côté pluriculturel était de nouveau exprimé et souhaité.

                                                                                     Joël Sandot (03/06)

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