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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Jessica Gemieux

Jessica Gemieux

Au centre de la foule, une femme se distingue non pas par son physique mais par son histoire : "Elle". C’est ainsi que son éditeur, La Société des écrivains présente le premier livre de la Martiniquaise Jessica Gemieux. Mère de 3 enfants, cette benjamine d’une famille monoparentale de 7 enfants raconte par le menu son vécu dans un style simple et rythmé.

C’était pour vous une forme de thérapie ?

Complètement ! C’était pour éviter de payer un psy .Plus sérieusement, à chaque fois que j’ai des  émotions fortes, je me mets à écrire.
Cela me permet d’évacuer plutôt que de m’énerver. J’ai commencé très jeune. J’ai écrit des poèmes, des nouvelles. Mais j’ai tout mis à la poubelle au décès de ma mère. Je ne me suis remise  à écrire qu’après mon divorce... Des chansons.... Et après je suis mise à ce livre. L’idée de publier me trottait dans la tête depuis un moment. J’ai voulu ainsi me faire plaisir. Et laisser quelque chose à mes enfants. Afin qu’ils comprennent mieux leur maman. C’était un tout petit peu douloureux de revivre certaines choses. Comme la perte de maman. Je ne pense pas qu’on puisse vraiment terminer le deuil d’un être cher.
Mais, comme on dit, je me sens libérée maintenant.

Pourquoi le titre "Elle" ?

"Elle" parce que je ne voulais mettre ni nom ni prénom, ni précisions spatiales ou temporelles. C’est "Elle" parmi tant d’autres. C’est une femme qui parle d’elle-même. Son nom n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est son histoire, le parcours qui a fortifié son caractère.

C’est quoi son caractère ?

Elle aime les gens. Elle se situe dans les extrêmes dans les relations avec les gens. Elle est entière. Elle aime ou pas. Elle est capricieuse aussi. Comme disait la mère : "Quand elle a quelque chose dans la tête, elle ne l’a pas dans les pieds". Elle met les enfants au premier plan, également comme la mère. Son caractère lui vient de la mère et de ce qu’elle a vécu. Elle était fougueuse au départ. Impulsive. Ses expériences l’ont fortifiée. Elle a mûri. Mais elle a tellement pris de claques dans sa vie qu’elle ne veut plus se prendre la tête avec les gens. Ça passe ou ça ne passe pas.

On sent une absence du père et l’omniprésence de la  mère…

La mère est le fil conducteur. A chaque chapitre,  elle est évoquée. Elle m’a beaucoup marquée.
Elle a été mon exemple. Le père,  j’en parle pas. Il n’a pas été présent. Ma mère était en même temps mon père. J’ai voulu rendre hommage à la mère. C’est aussi un hommage à la fratrie. Comment une femme a-t-elle pu élever seule sept enfants, sept caractères différents avec des ambitions différentes. Ce qui est intéressant, c’est que le lien reste le même. Et c’est la mère. Elle a réussi à canaliser tous ses caractères jusqu’à sa mort où on a ressenti plus de différences, plus de tensions. Mais le souvenir de la mère, les valeurs qu’elle m’a inculquées font que l’amour aplanit toutes les divergences.

Vous avez dû faire face à l’intolérance de votre  belle-famille...

Moi, je suis issue d’une famille très tolérante. Un homme m’a fait rentrer dans une famille intolérante. J’ai été mal tout au long de cette période là. Parce que cette famille-là remettait en cause ma négritude. Alors que ma mère m’a toujours appris à m’assumer en tant que telle. C’était plus de la bêtise que du racisme. Mais c’est douloureux parce qu’entrée dans une famille par amour pour un homme — moi, je ne vois pas sa couleur — et être traitée comme si je violais leur intimité. Il fallait que je me batte, que je me fasse une place. Mais en fait, je  n’en avais pas envie.
Je ne voyais pas pourquoi du jour au lendemain je devais me battre pour montrer que je suis noire. A un moment donné, il a fallu s’éloigner pour vivre cet amour de jeunesse

C’était un tout autre registre avec votre seconde belle- famille, non ?

Contrairement à l’autre famille où je devais me battre, j’étais en pays presque conquis. Puisque je suis revenue aux sources. (rires). Il y avait bien l’appréhension Afrique-Antilles. Mais comme moi, je suis assez assimilée Afrique, ils étaient mal barrés dès le départ. En fait, ils m’ont adoptée très vite. C’était le choix de  leur fils et ils ont suivi.

Quelle a été la réaction de vos proches en lisant ce livre ?

Les plus proches, c’est-à-dire mes frères et soeurs que j’ai désignés par des numéros dans le livre, ont été surpris de tout ce que j’avais pu ressentir. Parfois, on ne se rend pas compte de l’impact de la parole dans la vie des autres. Et puis trouver sa place dans une famille nombreuse n’est pas toujours évident. Mais ils  ont été tous très touchés. Tous se sont retrouvés en fait dans la description de leurs personnages. Ils ne pensaient pas que je les voyais exactement tels qu’ils étaient. J’ai eu en fin de compte un bon retour des membres de la famille. Quant aux amis, ils attendent la suite.

Que faites-vous dans la vie ?

Je travaille comme aide-soignante. Je m’occupe des gens qui, au quotidien, ont besoin d’attention, de soins. Cela me permet d’avoir les pieds sur terre. On en revient à cet amour des autres.

Vous dirigez également une association…

L’association s’appelle la Rev’art. Elle aide à l’intégration sociale par le biais de l’art et de la culture. Je m’occupe de l’atelier théâtre, expression orale et écrite et de l’atelier expressions corporelles. La troupe de théâtre de l’association va se produire bientôt dans une pièce drôle qui traite de différentes situations de femmes. C’est un théâtre créole qui exploite le côté burlesque des relations entre les gens. Moi je ne joue pas dans les pièces. J’écris et je mets en scène. J’essaie de me rattraper sur tout ce que je n’ai pas fait à cause du décès de la mère.

                                                                                                Geyhat (12/05)

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