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Archipel Guadeloupe


LES VOLCANS : LES RISQUES VOLCANIQUES EN GUADELOUPE

   Les risques sont, à la Soufrière de Guadeloupe, dans l'ensemble de nature semblable à ceux de la Montagne Pelée. Si l'éruption de 1976-77 a été finalement bénigne, à part les conséquences de désordres humains et économiques, elle a fait prendre conscience aux pouvoirs publics de l'importance des réseaux de surveillance des volcans. Grace à différents programmes de recherche, une meilleure connaissance géologique du massif de la Soufrière (Grande Découverte, Soufrière, massif de la Madeleine) et une reconstitution désormais plus précise de l'activité passée du volcan permettent de définir plusieurs grands types d'éruptions qui pourraient avoir lieu dans le futur.

   Les différents types d'activité sont en fait constitués d'une succession de phénomènes volcaniques (principe de récurrence) dont certains peuvent être communs à plusieurs éruptions à un stade donné d'une crise volcanique. Par exemple, depuis 1995, l'éruption de Soufrière Hills de Montserrat a vu se succéder plusieurs types d'activité éruptive contrastés dans leur nature, leur intensité, et les risques qu'ils font encourir aux populations. Il est donc important de considérer des scénarios éruptifs suivants :

  • Eruptions uniquement phréatiques (récurrence : 20 à 50 ans) : ce sont les plus fréquentes, au moins sur les derniers 500 ans d'activité du volcan de la Soufrière (1680, 1797-98, 1836-37, 1956, 1975-77). Il faut préciser que toute éruption magmatique débutera aussi par une phase phréatique.
  •  Eruptions avec édification d'un dôme de lave visqueuse (récurrence : 500 à 1000 ans), accompagnées ou non de la mise en place d'écoulements pyroclastiques de nature diverse ("nuées ardentes" dont la distribution sera contrôlée ou pas par le relief). Depuis environ 3000 ans, il y a eu au moins 3 éruptions de la Soufrière avec formation de dôme et mise en place d'écoulements pyroclastiques. La dernière en date (environ 1440 après JC) a conduit à la formation du dôme actuel de la Soufrière de Guadeloupe.
  • Eruptions à écroulement de flanc (récurrence : 2000 à 5000 ans) : Les travaux de recherches en cours suggèrent la récurrence d'au moins 5 événements de ce type depuis 10 000 ans accompagnés de mise en place de produits dits "d'avalanche de débris" de faible volume (quelques centaines de millions de m 3) sur une zone de 40-60 km 2 s'étendant depuis la Soufrière jusqu'à la côte Caraïbe et principalement dans les anciennes vallées qui drainent les flancs du volcan. Au moins une de ces éruptions à écroulement de flanc (il y a environ 3100 ans) a été associée à une activité magmatique caractérisée par une explosion latérale catastrophique qui a détruit une zone de 60-100 km 2.
  • Eruptions explosives avec formation de cônes de scories (type Echelle, Citerne) (récurrence : 5000 à 10 000 ans) : ce type d'éruptions a été peu fréquent dans l'histoire du massif mais les cônes de scories de l'Echelle et de la Citerne se sont formés il y a environ 1500 à 2000 ans
  • Eruptions effusives avec formation de coulées de lave (type Plateau du Palmiste) (récurrence : 10 000 à 20 000 ans) : ce type d'éruptions a été très fréquent dans la construction du massif volcanique de la Soufrière et de la Madeleine jusqu'à il y a environ 15 000 ans.
  • Eruptions pliniennes catastrophiques avec émission explosive de plusieurs km 3 de magma sous forme de retombées de ponces et de coulées pyroclastiques couvrant plusieurs km 2 (récurrence : 50 000 à 100 000 ans) : c'est de loin le type d'éruptions qui aurait les conséquences les plus catastrophiques. Plusieurs éruptions de ce type sont connues depuis le début de la formation du massif volcanique de la Grande Découverte - la Soufrière il y a plus de 200 000 ans. La dernière, dont l'âge se situe entre 100 000 et 40 000 ans, a émis les ponces de Pintade, d'un volume de plusieurs km 3 présents sur toute la périphérie du massif.

   Sur les derniers 10 000 ans d'activité les éruptions de type 1, 2 et 3 ont donc été les plus fréquentes.

   D'une manière générale, l'éruption qui se déroule à Montserrat depuis 1995 est très représentative des différents types d'activité qui sont susceptibles de se produire à la Soufrière de Guadeloupe en cas de réactivation (explosions phréatiques, mise en place de dôme lavique, déstabilisation d'un flanc). Ceci montre qu'au cours d'une même éruption, différents types d'activité peuvent se succéder et qu'il est donc important de définir des scénarios prenant en compte ces différents types d'activité.


          

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