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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Marie Lemoine-Busserolle

Marie Lemoine-Busserolle

En prenant connaissance du Budget primitif 2005 du Conseil régional de la Martinique, on découvre, avec bonheur, que le poste le plus Important de ce budget est celui de la Formation professionnelle (51 104 000 € ) et de l’Education (48 672 450 €) ce constat n’a rien d’étonnant quand on sait que le député Alfred Marie-jeanne, également Président du Conseil régional, est aussi le Président du mouvement indépendantiste martiniquais (MIM), qui privilégie le développement économique, culturel et social.

C’est dire que la jeunesse martiniquaise peut compter sur son regard attentif pour financer des bourses et des équipements pour ces nombreux étudiants sérieux qui vont suivre des études supérieures hors de nos eaux.
Ainsi, la Martinique peut s’enorgueillir de compter, entre autres, un docteur
es-sciences( Marie Lemoine-Busserolle, astrophysicienne)  un docteur en chimie Marcelle-Astrid Miré et une doctorante en philosophie politique (Silyane Larcher).

Aînée de deux enfants elle à un frère, Laurent, Marie Lemoine-Busserolle est née à Schoelcher, il y a une trentaine d’années. Elle a effectué toutes ses études en Martinique, jusqu’au Bac Scientifique (Maths-Physique) qu’elle a obtenu au Lycée Acajou II du Lamentin. Après quoi, Marie part pour la France afin de poursuivre ses études supérieures à l’Université de Toulouse III — Paul Sabatier (UFR physique-chimie automatique)

Le 27 novembre 2003, après neuf années passées à l‘Université de Toulouse ce sera sa soutenance de thèse de doctorat, dans la discipline Cosmologie observationnelle. Marie réussira avec succès sa thèse de doctorat, obtenant la mention " Très Honorable, avec les félicitations du jury”.
A peine remise de ses joyeuses émotions pour un si beau cadeau de Noël reçu avant l’heure, Marie doit quitter Toulouse et partir pour Londres où elle est attendue avec impatience par  "The Institute of Astronomy”, qui appartient à la célèbre Université de Cambridge dont Marie devient l’une des employées, le 1er  décembre 2003.

Quelle est votre mission au sein de l’institut ?

Ma mission c’est la recherche au sein d’un groupe d’instrumentation qui construit des instruments pour des télescopes au sol, dans le domaine proche infrarouge. J’ai été recrutée par l’université de Cambridge qui était fortement intéressée, depuis longtemps, par mes travaux dans le cadre de ma thèse. Lesquels ont donné lieu à un communiqué du Centre National de la Recherche Scientifique (“Deux galaxies loin taines passées à la loupe”), CNRSInfo, décembre 2002 car c’était la toute première fois qu’on étudiait en détail les propriétés physiques de galaxies les plus lointaines découvertes jusqu’à ce jour.
En effet, j’ai développé des techniques scientifiques permettant d’exploiter les données observationnelles obtenues à partir de ce type d’instrument. Je précise que le sujet de ma thèse était l’Etude des propriétés physiques de galaxies lointaines à partir des télescopes gravitationnels.

D’où vous vient cet amour de l’astrophysique ?

Depuis mon jeune âge, depuis la classe de 6è je me suis sentie fortement attirée par l’astronomie. Je voulais être astrophysicienne et mon désir est devenu encore plus fort lorsque j’ai dé couvert Hubert Reeves dans l’émission "La Nuit des Etoiles filantes”. J’ai d’ailleurs eu le plaisir de le rencontrer et de lui confier qu’il avait été le déclic dans ma vie de scientifique. Il m’a même dédicacé un ouvrage. Je suis, en effet, passionnée par mes études, par mes recherches, à tel point que, en près de dix années, je ne suis venue que deux fois en vacances en Martinique, pays où, pourtant, sont toutes mes attaches profondes, où vit ma famille à laquelle je suis solidement liée. Mais, à vrai dire, ma voracité d’en savoir toujours plus sur la discipline que j’ai choisie, m’a poussée à faire, sans cesse, différends stages, sources d’expériences profitables qui, en fin de compte, ajoutent à ma connaissance, à mon interrogation et à ma réflexion, me permettant de mieux choisir mon orientation dans ce domaine si vaste et encore si mystérieux.
Vous savez, j’ai toujours souhaité être directement en contact avec les observations. Cela fait un peu plus d’un an que je suis à Cambridge, un endroit que j’aime beaucoup parce que les gens y sont accueillants. L’université de Cambridge, surtout connue grâce au physicien Issac Newton, est actuellement le premier pôle de Recherches européen.
Aussi, j’ai eu l’occasion d’y rencontrer des scientifiques de renom tel Stephen Hawkings. Mes recherches m’amènent à souvent me déplacer à travers le monde. Je suis donc une citoyenne du monde et j’ai appris à m’adapter aux autres cultures. L’un des buts de mes merveilleux voyages professionnels est de rapporter des observations obtenues à partir de télescopes, tels ceux du désert de l’Atacama :le Very Large Telescope (2 800 m d’altitude)  au Chili, le Canada France Hawaï Télescope (5000),  à Hawaï, et le William Herschel Telescope à La Palma, aux Iles Canaries.., Vous comprendrez que je suis donc très fière d’être devenue astro physicienne, et de représenter dignement la Caraïbe et, plus particulièrement, mon petit pays, la Martinique, au niveau mondial. J’aime la recherche car cela implique, entre autres, d’avoir un esprit critique et de se remettre constamment en question. Mon travail à Cambridge et l’ambiance de l’institut d’astronomie me plaisent beaucoup. Je m’épanouis et si je peux servir d’exemple à d’autres jeunes Martiniquais, Caribéens, ce sera parfait. Il faut espérer que la Martinique aura, un jour, son propre laboratoire d’astrophysique et je serais très heureuse d’y contribuer car, sincèrement, il me plairait d’oeuvrer dans l’intérêt de mon pays.

Votre meilleur et votre pire souvenirs ?

Le meilleur pourrait être celui-ci, qui remonte à l’époque où j’étais au Collège de Coridon, où, déjà, je pensais à ma future carrière d’astrophysicienne, bien que mes professeurs trouvaient cela bien ambitieux. Dans le doute j’avais confié à ma grand-mère paternelle — chez qui je logeais— mes projets d’avenir et celle-ci, Armide Lemoine-Busserolle, m’avait affectueusement rassurée en m’affirmant: “Quel que soit ce que tu voudras faire plus tard, ta grand-mère et tes parents t’aideront " ! Des mots qui m’avaient rassurée et fortement  motivée.
Un autre excellent souvenir: lorsque je suis allée au Chili faire mes premières observations et que j’ai découvert, au-dessus de ma tête, le plus beau Ciel qu’il m’ait été donné de contempler jusqu’à ce jour. J’ai pu notamment y admirer les constellations de l’hémisphère Sud. Quant à mon pire souvenir, je n’en vois pas spécialement à raconter. Mais, comme dans tous les domaines, j’ai eu à souffrir, durant mes études en France, de la mauvaise foi et du racisme. Heureusement, j’ai pu rencontrer des personnes formidables et de toutes nationalités qui m’ont soutenue et aidée. D’ailleurs, grâce au concours du Conseil régional de la Martinique, j’ai pu bénéficier, pendant trois ans, d’une bourse  doctorale de la Région Martinique.

Avez-vous un message ?

Oui ! Un message pour tous les jeunes du monde entier et, en particulier, pour mes jeunes compatriotes de la Caraïbe, des Antilles, notamment de la Martinique. Quel que soit le rêve que vous avez, il ne faut surtout pas craindre de ne pouvoir jamais le réaliser. Il faut se battre courageusement pour atteindre son but, franchir les obstacles avec détermination.
C’est seulement ainsi que l’on peut réussir. S’il est nécessaire de quitter son pays, ses parents, “sa moitié" ses amis, il ne faut pas hésiter à le faire. Il n’est pas de réussite sans sacrifices, sans peines, sans moments de solitude et de découragement ! Mais le succès est une immense récompense et ouvre la voie  à un avenir sûr et valorisant. Il faut oser…
Je n’ai pas toujours eu que des bons moments, mais je n’ai jamais perdu confiance dans mes possibilités et mes désirs. L’aide financière de ma famille et des institutions m’ont encouragée à aller jusqu’au bout... Je ne regrette pas mes efforts et je les remercie pour tout.
Maintenant, ce que je souhaite, c’est avoir l’occasion de participer à des manifestations astrophysiques d’envergure aux Antilles et, plus spécialement, en Martinique, en y amenant de nombreux scientifiques du monde entier, leur faire découvrir et aimer mon pays.
J’ai déjà une connaissance et amie qui connaît bien les Antilles et qui est la première astrophysicienne à entrer à l’Académie des Sciences: il s’agit du Docteur Françoise Combes. En conclusion, je dois dire que l’astrophysique est vraiment ma passion et que je ne regrette pas mes efforts passés. 

                                                                      Christian-Alain Modeste (06/05)

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