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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Elisabeth Richer-Tulle

Elisabeth Richer-Tulle

Mère de trois garçons dont deux jumeaux, Elisabeth Richer-Tulle est infirmière et exerce en libéral dans plusieurs quartiers de Schoelcher. Dès le matin, elle parcourt mornes et fonds pour accomplir sa mission de soins. Ses malades deviennent souvent des amis par la force des choses.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Ce n’est pas moi qui l’ai choisi, c’est plutôt lui, le métier qui ma choisie !
Lorsque j’étais enfant, jamais je ne m’étais imaginée infirmière.
Plus tard, j’ai préparé un DEUG de psychologie et j’ai eu des stages à effectuer en milieu hospitalier.
Une journée à l’hôpital m’a permis de me fixer tout de suite sur ma vocation. C’est pourquoi je dis que ce n’est pas moi qui ai choisi le métier mais le métier qui m’a choisie !
J’ai donc bifurqué mais je dois dire que tout ce que j’ai appris en psycho me sert énormément. Qu’est-ce qu’on passe comme temps à écouter les patients !

Ici, tout le monde recherche la confortable administration, vous vous optez pour le libéral. Casse-cou, non ?

Après avoir travaillé plusieurs années en France j’ai décidé de rentrer au pays. Il n’y avait pas de poste disponible en hôpital mais par contre une offre pour un remplacement dans un cabinet en libéral s’est présentée. J’ai postulé et cela m’a plu tout de suite.
En libéral, comme son nom l’indique, la plus grande joie c’est la liberté. Cependant qui dit “liberté” dit forcément responsabilité. Exerçant en libéral, l’infirmier se trouve seul face à son malade et face à ses propres responsabilités. A l’hôpital, devant une difficulté particulière, il peut toujours s’appuyer sur un collègue mais là, il est seul. Il n’y a ni médecin, ni collègue ni personne. C’est pourquoi la législation exige deux années d’expérience professionnelle pour pouvoir exercer en libéral.

Comment concevez-vous votre rôle d’infirmière ?

D’un point de vue purement technique, la définition du métier consiste à effectuer des soins infirmiers, mais dans la pratique on va bien au -de là !
Je devrais dire: “On voudrait bien aller au delà” parce qu’en fait le temps ne nous permet pas toujours de faire plus.
Il est difficile d’arriver chez un malade pour des soins lourds et de se limiter à faire strictement son travail. Il y a tout un accompagnement que personne ne vous oblige à faire sinon votre conscience professionnelle.

Quelles sont les principales qualités à avoir ?

Déjà, il faut une sacrée personnalité, beaucoup de patience et d’amour du prochain, bref une abnégation totale par moments. Il faut savoir aimer sans attendre quoi que ce soit en retour et donc avoir le sens du sacrifice. Je peux dire que ma foi et mon éducation me sont de véritables complices dans l’exercice de mon métier. Les patients vous poussent parfois à bout et il faut pouvoir garder son calme.
Il faut aussi savoir avoir une gestion rigoureuse du temps. Bien sûr, beaucoup d’entre nous auraient aimé rester cinq minutes de plus avec le patient, mais pour cela il faudrait en avoir beaucoup moins; or nous ne sommes pas assez nombreux à exercer en libéral, voilà pourquoi la plupart d’entre nous se limitent à la formule “J’arrive, je pique, je pars " !
Le temps passé avec chaque patient, je le détermine en fonction non pas des soins qu’il y a à faire, mais des besoins du malade.
Il y a des soins qui doivent être faits avant une limite horaire le matin, donc, si j’ai plusieurs malades, je suis bien obligée d’être brève.
Il faut savoir enfin garder une certaine humilité, mais en même temps savoir se positionner professionnellement.
L’infirmière n’est ni une aide-soignante, ni une auxiliaire de vie. Donc il y a des tâches qui ne sont pas de son ressort.
Le métier comporte des prestations que seul un infirmier diplômé d’Etat est habilité et surtout possède les compétences pour accomplir.
Cela ne veut pas dire qu’il faut prendre la grosse tête par rapport aux quatre années d’études après le bac mais lorsque j’entends des auxiliaires de vie me dire “ Nous faisons le même métier ", ça laisse rêveur !

Comment se passe une journée-type ?
 
Elle commence dès 5 heures du matin avec tous les diabétiques.
Ceux qui sont sous insuline doivent recevoir leur injection avant 8 heures. Ensuite, je fais les prises de sang, puis les soins et éventuellement les toilettes, quand c’est nécessaire.
En fin de matinée, je fais une pause pour repartir vers 15 heures pour les toilettes du soir jusqu’à 18 heures où je reçois les malades ponctuels au cabinet jusqu’à 20heures. Lorsque j’ai un malade en fin de vie, par exemple, il lui faut sa piqûre de morphine toutes les deux heures, jour et nuit, il n’y a donc pas à passer à côté, il faut le faire.

Quels sont les risques du métier ?

Déjà, l’infirmier libéral passe pratiquement toute sa journée en voiture. Nous sommes de ce fait plus exposés que certaines professions aux accidents de la route. Cependant les statistiques révèlent relativement  peu de sinistres.
En général, nous sommes prudents au volant puisque sensibilisés à la prévention routière de par notre profession. Et puis nous avons un exemple à donner!
Il faut par contre se protéger contre les maladies infectieuses et contagieuses. Lorsque l’on administre des piqûres à un malade du Sida, il y des précautions à prendre: porter des gants, par exemple. Maintenant, heureusement, il y a du matériel à usage unique qui permet de limiter les risques de contamination. L’autre risque auquel sont exposées les infirmières libérales, ce sont les agressions. Nous empruntons des chemins peu sûrs à de heures tardives et nous pourrions très bien être agressées.

Avez-vous un exemple de progrès technique qui a rendu le métier plus agréable ?

Le téléphone portable a beaucoup changé notre vie. Il nous facilite considérablement les choses même s’il ne passe pas encore partout.

Que conseilleriez-vous à un jeune voulant embrasser cette profession ?

A mon avis, et cela n’engage que moi, il faut pour faire ce métier soit être un homme  soit être une femme libre de toute contrainte familiale.
Il faut déjà avoir soi-même une santé de fer. Le malade n’attend pas, il faut se lever très tôt et il y a intérêt à être en forme. Touchons du bois : en près de 20 ans carrière, je ne me suis jamais réveillée un matin malade au point de ne pas pouvoir aller travailler.

                                                                                      Joël Sandot (05/05)

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