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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Elvire Jean-Jacques Maurouard

Elvire Jean-Jacques Maurouard


Enseignante de profession Elvire Jean Jacques Maurouard est l’auteur d’un fabuleux ouvrage intitule “Contes et Poèmes des îles savoureuses - L’hymne des héros” qu’elle publie en avril 2004 aux Editions des écrivains. Sensible et passionnée par tout ce qui touche au travail de mémoire, elle est imprégnée par Baudelaire sur lequel elle vient de terminer un ouvrage qu’elle a publié début 2005.

Vous êtes chercheur…

J’écris dans plusieurs revues telles que "Les Anneaux de la Mémoire”, axée notamment sur l’histoire de l’esclavage, mais aussi pour "Francophonie actualités”, une revue très jeune et très dynamique. Je collabore également avec “Le Maghreb littéraire” qui est diffusé au Canada. J’ai soutenu ma thèse en décembre dernier sur le tragique et j’ai écrit un ouvrage sur Baudelaire, amant de Jeanne Duval, la muse haïtienne.

Comment percevez-vous la condition des Noirs aujourd’hui ?

En ce qui concerne Haïti et le passé esclavagiste des Noirs, je ne voudrais pas que l’on nous voie comme les anges déchus d’un paradis perdu. Je suis très enthousiaste par rapport à ce qui se passe aujourd’hui, parce que moi qui me conçois avant tout comme Haïtienne, je fréquente aussi beaucoup d’Antillais et d’Africains, ce qui enrichit considérablement mon écriture. Le moteur de mon ouvrage réside dans le fait qu’il faut repasser par la revalorisation de soi. Le credo, aujourd’hui, c’est d’être insatisfait de ce que l’on est et de ce que l’on nous a transmis; c’est de vivre dans le malaise et la honte, une honte dont on ne voit pas l’objet dans notre société en général, mais chez les Noirs en particulier.
Je crois qu’aujourd’hui les communautés commencent à se rendre compte que ce n’est pas qu’une histoire d’esthétique, mais que c’est aussi une histoire économique et de survie.

Qu’est-ce qui vous a inspirée pour écrire cet ouvrage ?

Une des parties de ce livre parle des héros guyanais, martiniquais, et guadeloupéens, car mes amis antillais me disaient toujours “Notre communauté n’a pas de héros”. J’ai trouvé cela incongru, car le héros est celui qui montre la voie, tout comme Moïse. Le héros n’est pas forcément celui qui a gagné, d’ailleurs il faut le souligner:
“Toute victoire est provisoire et doit déboucher nécessairement sur une autre victoire sinon c’est la chute”.
Dans cet ouvrage, j’ai voulu également mettre une fraîcheur, une certaine candeur que les îles ont gardée malgré l’assujetissement. Il y a une générosité, une certaine façon d’accueillir la vie que l’on a gardée dans ces îles malgré la mondialisation, la technologie, et que l’on gardera toujours. Pour moi, le fait d’avoir résisté et sur vécu à l’esclavage est un événement à célébrer.

Pourquoi avoir choisi de faire un texte bilingue ?

Dans mon ouvrage, je parle de l’histoire de l’homme noir. Il me semble que leurs entrailles se trouvent dans leur langage, ce langage qui était stigmatisé non seulement pendant l’esclavage, mais également après car, pendant longtemps, le créole a été considéré avec réprobation, que ce soit aux Antilles ou à Haïti. Nombreux sont ceux qui racontent qu’ils ont été sévèrement punis parce qu’ils avaient osé prononcer un mot en créole.
J’ai fait dans mon livre un travail de vulgarisation. Par conséquent, s’il y a des Antillais ou des Haïtiens qui ne maîtrisent pas parfaitement le français, ils pourront quand même avoir accès à mon ouvrage. Cependant j’ai choisi de faire aussi une version en français, car agir autrement ce serait pratiquer une forme de racisme: si, en effet, je n’écris qu’une version en créole, je respecte ceux qui ne comprennent que cette langue mais j’exclus en même temps ceux qui ne la comprennent pas.
Par ailleurs, un Français qui souhaite me soutenir dans ce que je fais n’a pas cette possibilité car ne comprenant pas forcément le créole.

Quelle originalité y-a-t-il à écrire un ouvrage en deux parties : d’une part des contes et d’autre part des poèmes ?

Au début, je ne voulais écrire que des contes. Puis, j’ai songé au bicentenaire haïtien mais également à l’abolition de l’esclavage en général. Le travail que je faisais était très coloré, très suave, mais en ce moment il y a une attente... Les gens se cherchent... Ces contes sont écrits pour bercer les gens qui les lisent. Ils sont accessibles aux enfants, mais les adultes ont cependant soif d’autre chose : c’est pour cela que j’ai écrit ces poèmes. Dans cette écriture, j’ai entamé une autre partie qui n’y était pas initialement, car elle ne comptait que les héros haïtiens. J’y ai donc rajouté des héros martiniquais et guadeloupéens, ceux dont on parle peu, mais qui ont travaillé à notre salut.

Dans “L’Hymne des héros”, vous choisissez de dédier votre premier poème, intitulé “Toussaint l’ouverture”, à Olivier Maurouard. Y-a-t-il des similitudes entre ces deux personnages ?

Une similitude de coeur sans doute, L’amour est un sentiment à revaloriser. Les vraies sentiments tels que la générosité, l’amitié, l’honneur et l’amour sont des choses de valeur à mettre en avant. Olivier Maurouard est mon mari. C’est sans doute par un vague désir de reconstruction, de réconciliation, que j’ai fait ce choix. Pas de conciliation dans le sens où on l’a oublié, mais plutôt pour retrouver la sérénité.

La première partie de votre roman s’intitule "Contes des îles savoureuses". Il semble y avoir un certain décalage entre ce titre et le contenu des contes puisque vous nous livrez les déboires de ces îles. Comment expliquez- vous cela ?

La saveur, c’est l’atmosphère, quelque chose qui nous rappelle que tel ou tel élément, c’est la poigne des îles, la souche des îles. En fait, l’amour résiste même dans le tumulte. La saveur n’est pas à confondre avec la notion d’exotisme béat. Ici, la saveur est à comprendre au style poétique, de manière légère, comme “des petits cristaux". C’est un ouvrage qui se lit très facilement car il vous touche directement. Même quand je parle de choses tristes, cela ne paraît pas lourd.

Quel message souhaitiez-vous faim passer aux lectrices à travers vos contes et vos poèmes ?

En ce qui concerne les contes, c’est la reconquête de ce que l’on considère comme ordinaire, dénué d’intérêt. Ils laissent place à une certaine proximité, une intimité, avec un lecteur qui comprend rapidement l’information et qui, par là même, va se sentir intelligent. Ce qui est primordial, car si le lecteur doit s’arrêter sur chaque mot du texte, il aura un sentiment d’infériorité. Lire n’est pas un acte réservé aux savants, tout le monde peut le faire, et même dans les contes il y e une philosophie et une vision du monde. Les gens pensent toujours que les poèmes ne sont rédigés que par ceux qui ont l’esprit plutôt rêveur ou qui s’ennuient le dimanche. Les choses essentielles, je les ai fait passer à travers les poèmes, afin d’aller à l’encontre de ce qui est dit. J’ai mis ces poèmes, car des livres d’histoire il y en a déjà beaucoup. Et comment parler des héros? En reprenant l’histoire qui peut être encore soporifique, qui ramènerait au traumatisme de l’école où l’on nous faisait étudier, où cela paraissait rébarbatif. J’ai voulu définir les héros en quelques mots, avec des expressions simples, sous une forme poétique. Les poèmes touchent directement le lecteur. Ce sont des formes brèves.
Dans mon oeuvre, je fais un travail de vulgarisation mais également un travail d’historienne, tout cela de manière amusante, légère. Le message que je voulais faire passer aux lectrices, c’est que, malgré les défaites, l’humanité n’est pas un état à subir, c’est une dignité à conquérir lentement mais sûrement.

D’autres projets ?

En 2005, je dois publier un ouvrage sur Charles Baudelaire et Jeanne Duval, mais aussi sur les autres femmes noires que Baudelaire a aimées, parce que c’était un grand passionné. Dans mon ouvrage, mon objectif était de faire comprendre comment Charles Baudelaire a été le chantre de la négritude à travers ses écrits.

                                                                                    Angélique Mels (05/05)

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