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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Edwige Duclay

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Demandez à Edwige Duclay comment elle est arrivée dans la Fonction publique, elle vous répondra “j’ai eu beaucoup de chance”. C’est vrai. En 1996, elle croise un chef de bureau au ministère de l’Agriculture. Il l’engage et un an plus tard, lui propose un poste au ministère de l’Ecologie et du Développement durable — au MEDD pour les initiés - où il a été muté. Mais ce que ne vous dira peut-être pas cette jeune métisse d’origine martiniquaise, mère de deux enfants, c’est son classement au concours d’entrée à “l’Agro” première à l’écrit et à l’oral... Retour sur un début de carrière mené tambour battant.

Peut-on parler de chance quand on est sortie major du concours d’entrée d’une Grande Ecole française ?

Le classement ne figurait pas dans mon CV et il faut relativiser la portée de ce concours. C’est vrai qu’il est dur nous étions pas loin d’un millier de candidats et j’ai travaillé énormément pour le réussir. D’ailleurs, dès l’annonce des résultats, je suis partie en vacances chez mes grands-parents maternels, à La Jambette. Je n’étais pas allée en Martinique depuis deux ans. Mais j’ai passé le concours spécial ouvert aux étudiants issus de la fac et je venais de finir un DEUG de biologie à Paris-Jussieu. De plus, j’étais très motivée. J’ai toujours aimé les sciences du vivant, je voulais devenir ingénieur. Les maths et la biologie marchaient plutôt bien. L’agronomie était vraiment ma voie.
On peut dire qu’un bon classement facilite l’accès à l’école de son choix. Il y a cinq écoles nationales supérieures d’agronomie en France. J’ai demandé celle de Montpellier en priorité. Je l’ai eue.

Pourquoi Montpellier ?

Pour sa spécialisation en agronomie tropicale. Les cultures spécifiques aux Antilles et à l’Afrique me tentaient. Au bout du compte, j’ai préféré une approche plus générale. Je me suis spécialisée dans la relation entre l’eau et l’agriculture, son utilisation dans la production et les impacts négatifs des intrants utilisés en excès. C’est-à-dire les fertilisants (qui nourrissent les plantes) et les pesticides (qui les soignent, donc les insecticides, les herbicides, les fongicides, etc.),

A la sortie de l’école, qu’avez-vous fait ?

En 1995, un copain de promotion m’a parlé d’un poste vacant au Groupe coopératif occitan à Castelnaudary. J’ai téléphoné, j’ai passé l’entretien et j’ai eu le poste.

Comment avez-vous obtenu les suivants ?


Fin 1996, le ministère de l’Agriculture me proposait de rédiger un article sur le travail que j’avais effectué dans l’Aude. Pendant la réunion à Paris, j’ai lâché à tout hasard ‘Si vous entendez parler d’un emploi...”. C’est ainsi que j’ai été présentée à un chef de bureau qui passait dans le couloir et m’a dit “Vous tombez bien, je cherche quelqu’un pour un contrat d’un an". Il s’agissait de réaliser une étude sur l’évaluation d’une mesure agro-environnementale nationale destinée à la Commission européenne.
J’ai réalisé l’étude et j’ai rejoint ce chef de bureau au MEDD en 1998 après avoir signé un CDI avec l’Agence de l’Eau de Toulouse, qui m’a mise à la disposition du ministère en tant que fonctionnaire de catégorie A.
A cinq minutes près, je ne serais peut-être jamais entrée dans la Fonction publique.

Le bouche-à-oreille ne fonctionne plus ?

Pour les postes de contractuels, probablement. Pour les postes de fonctionnaires, les contrats de mise à disposition par les agences de l’eau n’existent plus. Il faut passer les concours des ministères.

Quelles sont vos responsabilités au MEDD ?

Je travaille à la Direction de l’Eau dont la mission est de protéger la ressource en eau sur le plan qualitatif et quantitatif ma mission est de participer à l’élaboration et à la mise en oeuvre de cette politique. Je me suis d’abord occupée des problèmes de pollution des eaux par les nitrates avec une interruption d’un an après la naissance de mon fils. A mon retour en septembre 2003, j’ai “attaqué” les pesticides.
A titre d’exemple, je peux vous citer l’élaboration d’un plan interministériel de lutte contre les pollutions de l’eau par les pesticides. J’ai préparé l’audition du ministre, Serge Lepeltier, par une mission d’information parlementaire sur la contamination des eaux et des denrées alimentaires par le chlordécone aux Antilles. C’est un dossier d’actualité. Le chlordécone est interdit depuis 1993 mais la contamination des eaux n’a été confirmée qu’en 1999, celle de certains légumes racines l’a été en 2002. Et il y a le projet qui nous occupe tous, la loi sur l’eau, projet qui prévoit l’obligation de déclaration de vente de pesticides afin d’acquérir une meilleure transparence sur l’utilisation de ces produits.

Des produits fort controversés. Incontournables nous dit-on, la France arrive en tête des pays consommateurs de pesticides en Europe, pourtant nuisibles à la santé et à l’environnement...

On recense plus de 350 molécules dans les pesticides. Toutes ne présentent pas les mêmes risques certaines sont très toxiques pour l’être humain et les écosystèmes. Il faut savoir que les pesticides font l’objet d’une autorisation sur le marché après évaluation de leur efficacité et de leur impact potentiel sur l’environnement et sur la santé. Le problème est qu’il est difficile d’évaluer tous les risques à priori. Il  est donc nécessaire de mieux identifier leur présence dans les milieux et de connaître leur impact. Cela étant, on ne peut pas tout analyser. Les coûts sont élevés.

C’est-à dire ?

II faut compter entre 150 et 800 euros pour une analyse de pesticides dans les eaux.

Où est la solution ?

Le “tout bio” me semble utopique. A se montrer trop intégriste, on n’est pas crédible. Les  pesticides sont utiles pour protéger les cultures. En revanche, l’application de techniques alter natives permettrait de limiter leur utilisation dans de nombreux cas. Le recours à des pièges naturels empêchant les charançons d’aller ronger les bulbes de bananiers est un exemple. On peut aussi jouer sur les systèmes de culture ; rien qu’une année de jachère permet de réduire l’utilisation de certains pesticides pendant un à deux ans, voire plus. Celle approche doit être encouragée. Une stratégie d’utilisation durable des pesticides est en cours de réflexion au niveau européen. C’est un premier pas.

Fini le terrain, vous voilà à fond dans la bureaucratie.

Je traite en effet pas mal de paperasses mon travail est très axé sur les contacts. Participer à l’élaboration d’une politique, c’est faire de l’aide à la décision, ce qui nécessite une expertise pluridisciplinaire. Je la trouve auprès des contacts et des réseaux que j’ai développés au fil des ans sur le terrain. J’essaye d’aller moi-même sur le terrain le plus souvent possible. Evidemment, ce n’est pas toujours compatible avec les responsabilités d’une mère de famille.

Reste-t-il du temps pour les hobbys ?

Oui, les cours de piano, la couture que je découvre, bientôt la voile. Il faut savoir garder du temps pour soi.

                                                                                Marie Lesure (04/05)

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