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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Anne-Clémence Valentin

Originaire de Sainte-Rose, cette Guadeloupéenne est une femme de combat. Elue municipale à Stains, elle est, depuis septembre 2004, sénateur suppléante, et l’une des femmes antillaises les plus actives de sa communauté à Paris. Le 15 octobre 2004, elle a été sélectionnée dans la catégorie nationale par le Réseau Francophone des Femmes d’Affaires Noires et issues des Minorités, le Black Business Woman Awards.

Anne-Clémence Valentin, dévoilez-nous un peu de votre vie parisienne de femme antillaise ?


Evoquer ses souvenirs personnels est toujours difficile et délicat... Ma vie de femme antillaise est remplie de moments tout simples mais intenses dans la grisaille anonyme de la région parisienne. Une formation au combat de la vie et à une vie de combats…
En 1975, à tout juste vingt ans, je suis partie de ma Guadeloupe natale pour l’Hexagone. La vie s’annonçait belle, mais sont venues des surprises amères et de douloureuses épreuves de l’existence... Je me suis retrouvée seule avec mon fils de 16 mois à Fontenay-sous-Bois (94). Après avoir connu un grand découragement ma combativité a repris le dessus. Je me suis replongée dans les études pour apprendre un métier. J’avais du mal à trouver un emploi. On me reprochait sans cesse mon “manque d’expérience” bien entendu, la couleur de ma peau m’handicapait dans mes recherches, avec plus ou moins d’hypocrisie comme par hasard, les réponses au téléphone étaient favorables mais dès mon arrivée sur place... Patatras Je n’ai donc pas persisté dans cette voie. Ma priorité étant d’élever mon enfant, je devais trouver du travail rapidement. J’ai donc débuté dans une société d’Intérim par diverses missions... En 1979, au cours d’une mission, j’ai réussi un concours pour être embauchée au Conseil général. Titularisée un an après, j’ai obtenu un poste en Comptabilité que j’exerce à ce jour. Je suis aussi tutrice de jeunes étudiants en formation de comptabilité. J’aime la lecture, le théâtre, la musique classique, le sport en général mais ma grande passion, c’est le contact avec le public...

D’où votre engagement dans la vie publique ?

En 1991, je me suis engagée dans le syndicalisme pour défendre les droits de tous les salariés sans distinction, ainsi que les spécificités des originaires des DOM-TOM, peu ou mal connus dans l’Administration territoriale, laquelle appliquait à sa guise les textes relatifs aux congés bonifiés. Des avancées considérables ont été obtenues… Ma bataille continue, je m’impose méthodiquement là où je peux, grâce à mes compétences et mon ouverture d’esprit.
Mon dynamisme et mon militantisme ne conduisent à intervenir sur le terrain au quotidien, auprès de tous les citoyens sans distinction. Je discute beaucoup avec les jeunes pour les recadrer et leur donner des repères de vie. Je suis porte-parole de parents d’enfants handicapés. J’interviens dans de nombreux débats au Sénat, au Parlement européen lors de séminaires et de colloques, sur des sujets tels que ‘la violence à l’école” (participation à l’élaboration du rapport du sénateur Christian Demuynck) “l’environnement”, “les congés bonifiés”, “la lutte contre les discriminations"...

Votre objectif était d’avoir un poste électif ?

En 1997 j’ai été candidate aux élections législatives dans la 12e  circonscription de la Seine Saint-Denis. J’ai mené campagne à Stains où je réside. Nous siégeons, avec six autres compagnons dont trois originaires d’outre-mer, au Conseil Municipal. J’ai été mandataire de Jacques Chirac aux élections présidentielles 2002 à Stains, puis candidate UMP investie aux élections législatives de juin 2002 dans la 3e  circonscription de Seine-Saint-Denis (Aubervilliers, La Courneuve,  le Bourget) où j’ai obtenu 14% des suffrages exprimés, et une arrivée en 3e  position. J’ai été, en 2004, candidate aux deux tours des élections régionales aux côtés de Jean François Copé. En Seine-Saint-Denis, pour les élections sénatoriales du 26 septembre 2004, après des primaires organisées très démocratiquement le 5 septembre à Aulnay par le sénateur sortant Christian Demuynck, j’ai été élue sénatrice suppléante investie officiellement par l’UMP ; c’était la seule liste plurielle représentant toutes les composantes de notre société.
J’étais la seule femme noire française d’outre-mer à être présente sur une liste des élections sénatoriales. Je suis très fière d’incarner la France, la France pour tous. Je crois que nous ne devons pas perdre espoir de voir un jour la devise de notre République devenir une réalité puisque la démocratie commence à faire son chemin. Les discours rhétoriques et les conservatismes mesquins, j’en suis intimement convaincue, n’ont plus lieu d’être en ce XXIe siècle. Le président Jacques Chirac, dans ses discours de campagne présidentielle au “Bataclan” et à Villepinte, a souhaité intégrer toutes les diversités sociales et multiculturelles dans son nouveau gouvernement pour écrire celle nouvelle page d’histoire. J’espère qu’avant la fin de son mandat, nous y arriverons.

Quel est votre regard sur vos compatriotes ?

Il faudrait que tous nos compatriotes prennent l’habitude de faire leur devoir de citoyens pour faire appliquer leurs droits de citoyens. Être des citoyens acteurs de la vie de sa cité. S’inscrire sur les listes électorales, aller voter dès le 1er  tour, s’inscrire dans les structures politiques pour être visible. L’activité citoyenne ne s’exerce pas que dans les urnes, mais aussi chaque jour en assumant sa part de responsabilité et de solidarité dans la vie de la cité. Le vote est déjà l’un des moyens de défense dont nous disposons. Aller voter, quel que soit votre choix, là où vous habitez, est déjà un premier pas dans la vie de la cité.
Soyons — et encourageons-nous à être — des citoyens responsables là où nous sommes… Avec les autres cultures, nous formons un peuple français d’hommes et de femmes, tous ensemble nous appartenons à l’espèce humaine.
Je ne désespère pas, tant que le courage ne me quitte pas. Tout est une question de persévérance et de force de travail....

Et la vie associative ?

C’est une autre partie de mon combat. J’ai participé et je continue à participer activement à diverses associations Action Santé Communautaire - Action SIDA ; Comité Pour la Commémoration de l’Abolition de L’Esclavage en France métropolitaine ; le Collectif des Antillais Guyanais Réunionnais. Je suis présidente de l’Association Rose Porcelaine. Depuis 1997, je mène aussi ce combat aux côtés d’élus, je suis vice-présidente de I’A.M.E.D.O.M (Association Métropolitaine des Elus originaires d’Outre mer). Mon souhait le plus ardent, pour être mieux pris en considération et évoluer à la place qui nous est due dans l’Hexagone, c’est de voir un jour l’adhésion du million originaire d’outre-mer vivant dans l’Hexagone aux causes que nous défendons, c’est-à-dire nos identités pluriculturelles et métissées, nos spécificités qui apportent à la République française une source de richesse et une masse de compétences.
                                                                         
                                                                      Jean-Jacques Seymour (04/05)

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