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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Winny Kaona

Winny Kaona

Winny Kaona, la digne héritière de Moune de Rivel, née dans une famille de neuf enfants à Pointe-à-Pitre, lutte depuis son plus jeune âge pour conserver le patrimoine musical créole. Elle lance un cri mélodieux dans son premier livre CD pour sauver la forêt guadeloupéenne et ses environs des décharges sauvages. La légende de la forêt Calouceara est un livre musical et pédagogique très bien illustré ou parents et enfants voyageront sans pépin ni tracas. Une belle balade pour une prise de conscience.

Vous faites preuve d’un grand amour pour la Guadeloupe, que vous défendez avec la musique traditionnelle. On le constate encore aujourd’hui avec "Légende de la forêt Calouceara" Pourquoi ce travail ?

Un travail qu’il me paraissait important de faire, surtout en ce moment. La Guadeloupe est en pleine dégradation à cause des Guadeloupéens qui en font non pas une île aux belles eaux, mais pratiquement une île aux belles décharges. Et en ma qualité d’artiste imprégnée par le respect de mon “Ile d’émeraude”, je me suis dit qu’il fallait réagir. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’écrire un conte musical sur la protection de notre environnement, dédié tant aux enfants qu’aux parents, Il se nonne "Légende de la forêt Calouceara”, Calouceara étant simplement le nom amérindien de la Guadeloupe.

Winny, qu’est-ce qui vous a vraiment incitée à écrire ce livre sur l’environnement ?

Consternée par la dégradation de notre belle île, il m’apparaissait nécessaire en ma qualité d’artiste de réagir. J’ai donc écrit cette histoire qui était, en premier lieu, une comédie musicale que j’ai eu l’occasion de travailler avec plus de cent cinquante élèves pendant deux ans.
C’était une leçon pédagogique encouragée par les professeurs des écoles. Au bout de trois ans, j’ai pris la décision d’écrire un conte musical, en livre CD. Dans un objectif très pédagogique et un grand respect pour la musique traditionnelle créole. Mais aussi pour que les petits redécouvrent la musique de leurs parents et grands-parents.

Pensez-vous qu’avec les enfants on peut faire évoluer les moeurs ?

Si nous n’espérions pas que nos enfants soient les héritiers de demain, je crois que nous aurions perdu tout espoir de vivre. Aujourd’hui, les adultes que nous sommes avons le devoir de préparer la nouvelle génération pour sauvegarder ce qu’il y a de meilleur en Guadeloupe. En particulier notre patrimoine culturel. C’est à nous d’inculquer aux enfants les valeurs nécessaires pour qu’ils soient, demain, des citoyens responsables.

Qu’est-ce qui vous donne cet amour pour les enfants, l’envie de les porter plus loin ?
Je pense que c’est cette désaffection des parents qui aujourd’hui pour la plupart travaillent, sont au chômage, ou ont beaucoup de soucis, et n’ont pas le temps d’élever leurs enfants comme je l’ai été.
Dieu n’a pas voulu que j’aie d’enfants, ne rendant ainsi plus disponible. Je constate que beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui sans repères. C’est pourquoi j’ai voulu m’investir dans leur direction. En écrivant des pièces de théâtre, créant un atelier théâtre junior. Je rédige des scénarios que je mets en scène sur la citoyenneté, sur l’environnement. Je vais dans les écoles et j’incite les enfants à être plus responsables et fiers d’être guadeloupéens.

Au vu de votre longue carrière depuis la revue “Créole”, quelle est pour vous la plus grande difficulté des artistes en Guadeloupe ?

Quand j’ai, en 1997, créé la première revue créole en Guadeloupe, le thème en était “tradition et modernité”. J’ai eu la chance de mettre à l’étrier un jeune Guadeloupéen de Baie Mahault Darius Grandisson, élève d’Alvin Halley et de Maurice Béjart. Il voulait revenir dans son pays après vingt-cinq ans d’absence. Cela tombait très bien, car nous recherchions un chorégraphe. Ça a été pour lui l’occasion de mettre en scène toutes les chorégraphies de la revue “Créole”. Ce travail tout à fait novateur dans notre pays a suscité quelques petits remous, de la part notamment des grands artistes, des grands professeurs de danse tels que l’Académie du Ka, les Nablous, Rippon, etc. Malheureusement, chez nous, quand il y quelque chose de nouveau qui bouscule, nous ne sommes pas solidaires. Cette revue a duré à peine une année. Elle était composée de douze danseuses et d’une meneuse de revue. Il y avait douze tableaux qui représentaient l’histoire de la Guadeloupe avec quatre vingt costumes. Malheureusement tout ce travail a été stoppé. Il est très difficile d’entreprendre des œuvres artistiques d’importance. Seule, on ne peut pas y arriver, parce qu’il faut avoir les reins solides et des partenaires.
Moi, ma chance, c’est que je suis une artiste téméraire. Après vingt ans, les gens reconnaissent mon travail du bout des lèvres.

Que représente à vos yeux, votre livre CD “Légende de la forêt Calouceara” ?

“Légende de la forêt Calouceara” est un héritage que je vais laisser. C’est toute une vie, une carrière artistique qui date de vingt ans.

Pourquoi avez-vous choisi la Guadeloupe pour faire carrière et non la scène internationale ?

Une carrière internationale, j’y ai pensé, mais sans manager, il est difficile de se vendre. Je n’avais pas la vocation d’aller à l’extérieur. Quand je vois une grande artiste comme Césaria Evora, qui a connu le succès bien après la cinquantaine, je me dis que les plus grands succès sont peut-être à venir. Je n’ai jamais eu envie de m’embarquer dans un train sans savoir sa destination finale de peur d’avoir les ailes brûlées.
Comment voyez-vous l’avenir ?

J’ai toujours la force nécessaire de ne pas baisser les bras et de continuer mon travail d’éducatrice. Aujourd’hui, je n’attends plus la gloire. Je chante la chanson traditionnelle depuis vingt-cinq ans, j’ai huit disques et sept concerts à mon actif. J’ai envie de rouler pour les enfants. Tout en chantant, dans l’esprit tradition, pour la culture de mon pays.

                                                                                               Alfred Jocksan

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