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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Hélène Mbolidi Baron

Hélène Mbolidi Baron

Mère de deux enfants, cet ingénieur agronome docteur en Etudes rurales, est responsable du Service agronomique au Centre Technique de la Canne et du Sucre (CTCS) depuis janvier 1992. Passionnée par le développement de son pays, Hélène Mbolidi Baron  est aussi passionnée par son métier.

Quelles sont vos misions au CTCS ?

Tout d’abord coordonner toutes les activités liées à la canne à sucre dans les limites territoriales de la Martinique.
Je coordonne donc une équipe de 3 è 5 chercheurs, ce qui ma permis de m’impliquer dans plusieurs actions.

Lesquelles ?

Il y a tout d’abord la conception de programmes d’études et la réalisation de dossiers de financement avec le suivi scientifique des études (fertilisation, désherbage, sélection variétale, relation entre la canne et le rhum à travers le terroir).
Ensuite, il y a l’aspect "développement agricole, conseil aux agriculteurs, études économiques " et tout ce qui s’ensuit.
A cela s’ajoutent les missions de formation, les relations extérieures et la communication.
Il y a également un CTCS à la Réunion et en Guadeloupe avec lesquels j’ai des liens cordiaux.
Mais le CTSC de la Martinique collabore aussi avec la Caraïbe, notamment l’île de la Barbade pour la sélection variétale.
Personnellement, je ne m’occupe que de la partie agronome, mais j’ai un collègue qui en gère tous les aspects technologiques. Le CTCS a également un laboratoire accrédité de technologie rhumière.

Que dire de votre formation ?

Après mon bac D, j’ai d’abord suivi une maîtrise de biologie des organismes et des populations à l’Université Paul Sabatier de Toulouse que j’ai approfondie par un DEA " Traitement des Matières Premières Végétales", option “Production", à l‘Institut national Polytechnique toujours à Toulouse.
Je suis ensuite partie pour Montpellier pour suivre ma formation d’ingénieur spécialiste du développement au Centre National d’Etudes Agronomiques en Région Chaudes (CNEARC).
Enfin, j’ai passé mon doctorat en Etudes rurales avec l’option " Développement rural ".

Quel est le sujet de votre thèse ?

Je l’ai intitulée " Les conditions de durabilité de la production de la canne à sucre à la Martinique: une approche territoriale ". J’en suis sortie avec la mention " Très honorable " !

Qu’est-ce qui vous a conduite dans cette voie ?

J’ai toujours été très sensible à tout ce qui a trait à la nature en général. C’est donc durant mon année de terminale D que le déclic s’est fait J’ai eu la chance en plus d’avoir un cousin qui m’a précédé sur cette route. Comme il est parti étudier une année avant moi, je suis restée en contact avec lui. Au cours de cette même année de terminale, j’ai cherché à rencontrer des personnes dans la branche. Par ailleurs, une autre grande cause me mobilisait, c’était le développement de mon pays, la Martinique. Tout cela s’imbriquait parfaitement.

Avant de connaître le CTCS, quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai fait un séjour en République Centrafricaine où j’ai eu l’occasion de mettre en place des bases pour la relance d’un projet de maraîchage à Bangui dans le cadre d’une mission menée au sein d’une ONG, l’Association Française des Volontaires du Progrès. Puis j’ai mené une étude socio-économique des producteurs de tabac de cape à Gamboula, toujours en RCA. Cela participait d’un plan de redressement de la Société Centrafricaine des Tabacs. Cette étude s’est traduite par une approche systématique à partir d’enquêtes auprès de 1 300 producteurs et l’établissement de références pour la mise en place d’un projet de développement.
C’est ainsi que j’ai pu finaliser ma formation d’ingénieur agronome.

Dans le cadre de vos missions au CTCS, y a-t-il une découverte qui a fait avancer la Martinique ?

Ce serait présomptueux de ma part de l’affirmer ! Au CTCS, nous ne faisons pas de recherche fondamentale mais de la recherche appliquée. J’entends par là les engrais et herbicides et la sélection variétale. De même, l’adaptation des techniques culturales, en particulier la mécanisation des itinéraires, font partie des contributions qui nous ont permis d’améliorer le niveau de technicité des agriculteurs.
Vous semblez passionnée par ce que vous faites. Quel est selon vous le moteur de votre enthousiasme ?

Même si je voulais baisser les bras, je ne pourrais pas le faire ! La motivation des gens qui travaillent dans la canne en général me touche énormément. Cette culture est intimement liée, historiquement, sociologiquement et donc culturellement à la Martinique et ça, les travailleurs de la canne en sont bien conscients... Et se battent pour la garder alors que certains voudraient la voir enterrer (au propre comme au figuré d’ailleurs !). Sans cette motivation des planteurs comme des ouvriers, ce serait déjà fait depuis longtemps.
Je peux dire, en toute humilité que j’ai beaucoup appris au contact des personnes qui travaillent dans ce domaine.

Quel est l’impact de l’AOC ?

Depuis 1996, en effet, notre rhum martiniquais bénéficie du label " Appellation d’origine Contrôlée”. C’est une reconnaissance de sa qualité qui a pour effet de beaucoup stimuler la filière canne tout entière. C’est aussi une victoire acquise de haute lutte. Depuis, on voit arriver de nombreux stagiaires en quête d’informations. Je sens que les jeunes prennent conscience de la valeur de cette culture. Aujourd’hui, lorsque quelqu’un achète une bouteille de rhum de la Martinique, il n’achète pas qu’une bouteille d’alcool, il achète toute une culture !

Il se dit qu’à la Martinique, ce sont surtout les étrangers qui coupent la canne. Qu’en est-il ?

Il est certain que dès qu’un pays atteint un certain niveau de vie, les basses besognes sont forcément reléguées aux étrangers. C’est vrai partout ! Vous imaginez un Parisien nettoyant les couloirs de métro?
Cependant, on trouve encore quelques Martiniquais qui acceptent de tenir un coutelas. Ils donnent ainsi un exemple de courage à leurs enfants et leur rappellent que le travail en lui- même, quel qu’il soit, est noble. Gagner sa vie à la sueur de son front, c’est rester digne. Alors que se développe une véritable "culture de l’oisiveté”, moi, je trouve cela formidable !

Qu’en est-il de votre vie familiale ?

Je suis mariée et mère de deux enfants. Leur éducation me passionne. Je tiens à ce que ma vie professionnelle soit en harmonie avec ma vie familiale. Dans une société où le travail est de moins en moins lié au statut matériel, ce n’est pas facile de leur donner le goût du travail, mais je m’y attache.

                                                                                                 Joël Sandot

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