Planet Antilles

   Accueil        
 
Partenaires

Accueil
Mardi 21 Novembre
Saint Ernest
Les îles à découvrir
La Guadeloupe
La Martinique
Les Saintes
Marie-Galante
Désirade
Saint-Martin
Saint-Barthélémy
La Barbade
La République Dominicaine
La Réunion
Planet gastronomie
Recettes
Planet services
Annonces
Envoyez vos cartes
Galerie photos
Horoscope
Trafic routier en Ile de France
Météo
Contact & gestion
Qui sommes nous ?
Publicité sur le site
Nous écrire
Mentions légales
Rejoignez-nous
Problème sur le site

Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Claire-Nita Lafleur

Claire-Nita Lafleur

Au service de cet art noble qu’est la culture depuis plus de 30 ans, dont plus de ‘ vingt-quatre passés en Guadeloupe, Claire-Nita vit et respire par la culture. Ses compétences dépassent les frontières de son pays natal. Son savoir-faire est reconnu à tous les niveaux.

Ayant quitté la Guadeloupe, à quatre ans, avec ses parents pour s’installer en métropole, elle occupe son premier poste au Théâtre des Amandiers, à Nanterre (92), avant de rejoindre son île en tant que conseillère théâtre et action culturelle en octobre 1980. Puis elle contribue à la création  de la scène nationale de Guadeloupe, la DRAC, avant d’être nommée, en 1996, directrice générale de l’Archipel, scène nationale de Guadeloupe. Son projet artistique “Territoire et identité" lui a valu un succès général. Claire-Nita Lafleur nous parle avec son coeur.

Racontez-nous vos débuts dans le monde culturel  ?

Pour moi, le fait d’être dans la culture a été une découverte puis une révélation. Dès mon plus jeune âge au lycée Louise-Joliot Curie à Nanterre, j’ai rencontré à la culture. Le théâtre des Amandiers  venait dans mon lycée pour présenter son spectacle et c’est comme ça que j’ai eu envie de travailler dans la culture.

Quel souvenir vous reste-t-il de votre premier, contact avec le pays natal ?

Ma famille est du Moule et mon premier emploi a été en octobre 1980, à Saint-Claude, Je m’étais installée à Pointe-à-Pitre à mon retour et je faisais le trajet en car à l’époque, ce qui est impensable aujourd’hui. Je suis arrivée en octobre, après mon divorce. Ma fille avait quatre ans, comme moi quand j’avais quitté le pays. Je me suis alors dit  que c’était formidable : la boucle était bouclée en quelque sorte. Les premiers temps ont été très difficiles car je n’avais ni parents ni amis. J’étais contente d’être là et en même temps j’éprouvais une certaine tristesse. Je ne pouvais pas  communiquer avec mes amis restés à Paris qui, eux, me disaient que j’avais une grande chance de travailler dans mon pays. La Guadeloupe était très dure. A mon premier Noël ici, j’étais seule avec ma fille.
 Et pourtant, dans mon imaginaire de jeune femme, à Nanterre, cette fête est extraordinaire au pays et moi je n’ai rien vu de tout ça. C’était frustrant. Il m’arrivait même d’en pleurer. Un jour, je me suis dit: Il faut que tu ailles vers les gens.

Qu’avez-vous fait à partir de ce moment ?

Je suis partie à leur rencontre dans les meetings, les  ‘léwoz” et partout où je pouvais rencontrer les Guadeloupéens. Je devais réapprendre à connaître mon peuple. Il me fallait m’accrocher.  Un jour, il m’est arrivé une chose extraordinaire, comme une révélation : j’étais dans une soirée « léwoz », à Baie-Mahault, « Chez Man Soso »  et j’ai senti que quelque chose se passait en moi. J’ai senti la culture de mon pays et que moi aussi j’étais d’ici. A partir de ce moment, j’ai tout fait pour voir ce que je pouvais apporter à mon pays.

En tant que directrice de l’Archipel, comment s’organise votre journée de travail ?

J’ai d’énormes responsabilités car je suis seule maître à bord. C’est moi qui m’occupe en particulier de la programmation. C’est un peu angoissant, parce qu’il y a tellement de choses à présenter, tellement de spectacles intéressants, qu’il arrive qu’on soit obligé de faire des choix. Moi, mon but est d’éveiller la curiosité des gens qui ont envie de venir voir tous les spectacles possibles. Mon voeux le plus cher, en tant que directrice de l’Archipel, est que tous les enfants de la Guadeloupe aient accès à la culture.
Comment organisez-vous votre quotidien ?
Travailler à la culture est pour moi un projet de vie, Maintenant, je me dis qu’il faut tout mener de front, ce qui est vraiment difficile pour nous les femmes, quand on a un poste à responsabilité, surtout dans le domaine culturel, ou qu’on est souvent dehors et tard le soir. La vie de femme et de mère est difficile à concilier. Néanmoins, pour moi, ce qui est important c’est la qualité du temps qu’on passe avec son enfant, pas la quantité. Je fais un métier de rêve, que je partage avec mes amis.

Quel regard portez-vous sur la femme guadeloupéenne ?

Ici il y a des femmes extraordinaires. Je ne suis pas pour la femme "poto mitan". Je ne défends pas cette formule de femme "poto mitan” car je trouve que cela nous enferme. Nous vivons dans une société moderne et, qu’il s’agisse de l’homme ou de la femme, chacun peut se prendre en main.

Et sur l’homme gwada ?

L’homme guadeloupéen est en train de faire des efforts. Mais trop souvent encore, dans sa relation avec la femme, il prend comme prétexte que du temps de l’esclavage, il n’avait pas de responsabilité. Moi, je souhaite que les hommes deviennent plus responsables et plus adultes.

Sur la société guadeloupéenne ?

La société c’est nous. Mon impression c’est que nous ne sommes pas sûrs de nous. Nous devons vivre ensemble notre diversité culturelle et ethnique. Il y a quatre continents dans cette petite île. De ce brassage est sorti un homme nouveau, qui n’est pas seulement un homme de Guadeloupe, mais presque un exemple du métissage du monde. Je dirais un homme universel. Dans cette société, la chose qui me gêne est qu’il y a énormément de gens très compétents qui sont à l’extérieur et qui ne viennent pas en Guadeloupe parce qu’ils n’y trouvent pas leur place.

Quels sont les critères que vous prenez en compte pour mettre en place votre programmation ?

Tout d’abord, je vais voir des spectacles et je reçois beaucoup de propositions. Le principe que j’ai toujours adopté, c’est que je ne programme jamais quelque chose que je n’ai pas vu. J’ai mes goûts personnels. Ce qui prime c’est la qualité du spectacle. Il faut que notre culture soit inscrite dans notre paysage géographique et historique. Tout en restant ouvert sur le monde. Ma programmation est d’abord faite pour le public. Moi je suis exigeante sur la qualité. Si je quitte la Guadeloupe, ce sera pour aller ailleurs qu’en France, peut-être l’Afrique…Pourquoi pas. Aujourd’hui, j’aimerais faire quelque chose de plus large qui embrasse des secteurs comme le tourisme, l’économie, les entreprises, quelque chose qui soit davantage à la dimension de la Guadeloupe.

Quel est le budget de  l’Archipel ?

Nous avons un tout petit budget. A une période, des études ont été faites pour savoir de combien d’argent notre structure pourrait avoir besoin pour bien fonctionner. Cela a été budgété sur une somme de 2 286 736€ et nous avons obtenu seulement 1 219 595€. Néanmoins, avec cette petite somme, nous avons fait des miracles. Il y a eu des créations, des spectacles dans différents lieux de l’archipel... On fait un travail de sensibilisation en direction de publics différents: l’hôpital, les prisons, les écoles, les médiathèques et bien d’autres. Et ce qui est très important, c’est de former une équipe.

                                                                                             Alfred Jockson
Retour


Newsletter
 S'inscrire à la newsletter >>

 

Plan du site
Copyright © 2004 Planetantilles.com tous droits réservé
Création :Torop.net - Site mis à jour avec wsb.sw4torop.net