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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Maude Masse

Maude Masse


La grand-mère, le papa et la tante ont joliment chanté pour nos aînés, que ce soit dans nos Antilles ou en Guyane et même en France. Le frère unique garçon de la famille, musicien complet puisque jouant de plusieurs instruments, s’est mis lui aussi à la chanson. Alors pourquoi pas Maud Masse? La chanson, c’est sa passion, et puis sa voix  de soprano est si belle, si chaude,  si pleine d’émotion... Maud Masse est une jeune femme comblée côté carrière musicale,  même si elle déplore  le temps qui lui fait défaut dans ses relations  affectives avec sa fille Laura qui, consciente de ses obligations d’artiste, n’a pas du tout l’intention de chanter plus tard comme sa mère ! La chanteuse et choriste foyalaise s’est prêtée volontiers au jeu de nos questions.   

Vous avez une formation musicale…

J’ai fait mes études en Martinique, jusqu’au Bac, puis je me suis envolée vers la France afin d’y entreprendre des études en musicologie. J’ai étudié pendant cinq ans à la Sorbonne et j’ai également été l’élève de la célèbre cantatrice martiniquaise Christiane Eda-Pierre. J’ai donc à la base une formation plutôt classique ! J’ai une voix de soprano.

Pourtant, vous avez très longtemps chanté du gospel à Paris ?

C’est exact. Disons que j’ai un peu "dévié"  de la voie sur laquelle je m’étais préalablement engagée. Je me suis, très tôt. laissé attirer par ces merveilleux  chants religieux des Noirs  d’Amérique du Nord et, très vite, cela est devenu une grande histoire d’amour entre nous. Si bien que j’ai chanté le gospel, en France pendant quinze belles années !
J’ai été choriste au sein des groupes « Gospel Voice » et aussi "Gospel pour 100 voix" : ce dernier ensemble regroupait pas moins d’une centaine de musiciens et choristes confondus. J’ajoute que ces groupes  étaient formés d’Antillais et d’Africains installés à Paris, de religions diverses, certes, mais avec une majorité protestante. Pendant 15 ans, j’ai fort bien vécu du gospel et, parallèlement, je réalisais des ch½urs sur de nombreux albums. J’ai fais des pianos-bars et j’ai même accompagné des artistes, français ou étrangers de grand renom : Barbara Hendrix, Rodha Scott, Nicoletta, le Martiniquais Thimothée Hérelle…

Comment s’est passé votre retour aux Antilles, après 20 ans d’absence ?

Je suis revenue au pays natal en 2001. Mon premier instinct a été de renouer le contact avec tous es amis du milieu musical que j’avais quittés 20 ans auparavant. Je me suis alors rendu compte qu’il me fallait, sans plus tarder, me prendre en main, frapper aux bonnes portes.Un an après mon retour j’intégrais le groupe "Krazz", comme chanteuse, avec Thierry Saint-Honoré également, et Jean-Paul Pognon.
 Je me produis, jusqu’ici, avec grand plaisir, au sein de ces deux ensembles musicaux aux styles pourtant différents. Je donne aussi des cours de chant, à Fort-de-France : cours de technique vocale, cours de technique respiratoire…
Au niveau musical, j’ai retrouvé, enfin, ma vitesse de croisière. Je suis heureuse.

Pouvez-vous nous préciser les differences de style entre "Krazz" et  "Mahogany" ?

Disons que "Mahogany" propose une très belle musique d’écoute, avec des arrangements intelligents sur des rythmes créoles traditionnels, pour violons et cuivre. Cet orchestre a sorti son dernier album en décembre 2003. Il mérite d’être écouté.
"Krazz", lui, offre une musique de danse, où l’on trouve un peu de tout, mais particulièrement du zouk, du compas… Cette année, l’orchestre a sorti un album comportant une dizaine de titres.

Vous avez, me semble t-il, des artistes dans votre famille ?

C’est vrai que je viens d’une famille de mélomanes, notamment de chanteurs. Ma grand-mère paternelle, Frida Masse, était chanteuse. A la fin de la guerre, le gouverneur de la Guyane souhaitait lui faciliter le voyage à Paris pour y poursuivre une carrière professionnelle, mais elle a refusé, préférant rester au pays afin d’élever ses enfants, son mari ayant disparu à la guerre.
Josy Masse, chanteuse, guyanaise et s½ur de mon père, est très connue aux Antilles-Guyane et même en France. Mon père Julien Masse, fut le premier chanteur de groupe "Tropical", en Martinique : il aimait particulièrement chanter les boléros espagnols, qui connaissaient un grand succès à l’époque.
Mon frère Mario, unique garçon de la famille, autodidacte, maîtrise plusieurs instruments  (flûte, piano, guitare, saxophone) et, de plus, il est lui-même arrangeur. Maintenant, il a une corde de plus à son arc : il chante.
Comment voulez-vous que, avec tous ces exemples dans ma famille, je n’aie pas hésité à me lancer dans la chanson ? La chanson, c’est vrai, c’est ma passion. J’écris également des textes et je compose des mélodies : ce sont des petits secrets que je conserve précieusement pour le moment. Un jour viendra peut-être, où…

Votre fille pense-t-elle s’engager sur vos traces ?

Je ne pense pas. Ma fille sait et aime chanter, comme beaucou p de gens. A la fête de fin d’année de son école, elle a chanté en public "l’Hymne à l’Amour" d’Edith Piaf, une interprétation extraordinairement réussie qui m’a beaucoup émue. Sincèrement, je ne m’attendais pas à découvrir tout ce talent chez elle. Sa prestation scolaire me changeait de ce que l’habitude d’écouter à la maison. J’étais chargée de la direction de ce spectacle musical de fin d’année, mais véritablement, j’ai été surprise et j’en ai même eu les larmes aux yeux.
Seulement, Laura qui se plaint énormément de mes absences à la maison, qui manque quelque part de mon affection que je lui distille, estime t-elle, au compte-gouttes, m’a déjà dit qu’elle ne serait jamais chanteuse ou artiste, préférant garder toute sa disponibilité pour ses enfants. Je la comprends bien sûr, car je souffre, moi-même, de ne pas pouvoir toujours être à ses côtés. Il y a des sentiments très forts entre nous…

Quel genre de femme êtes-vous ?

Je pense que je suis très femme enfant, très affectueuse, ayant beaucoup d’amour à revendre ou à donner... Un coeur à prendre... si Laura le veut bien, bien sûr! Rigoureuse et passionnée dans mon métier, je crois que, dans la vie, il faut toujours faire ce dont on a envie, prendre du plaisir dans ce que l’on fait, le faire simplement, ne pas avoir la grosse tête... Par ailleurs, je suis une excellente cuisinière, j’aime recevoir, accueillir des gens, les voir apprécier ce que je leur prépare.

Vos loisirs ?

Mes moments libres, je les consacre principalement à ma fille, Laura, et ça ne suffit même pas.

Quels sont votre meilleur et votre pire souvenirs?

Mon meilleur souvenir, c’est la naissance de ma fille, Laura. A l’époque, j’avais très envie d’un bébé. D’ailleurs, je me disais que je serais heureuse si j’avais trois enfants ! Mais les choses se sont passées autrement j’ai divorcé et ma vie d’artiste n’a rien arrangé sur ce plan. Mais, en fin de compte, c’est bien comme ça !
Le pire souvenir remonte au décès de mon père,  en 1989. Il est décédé un mois après, jour pour jour, le décès de ma grand-mère maternelle. A l’époque, je vivais en France et lui en Martinique. Nous avions une relation spéciale et nous nous téléphonions très souvent. L’avion qui devait m’amener à son chevet a eu six heures de retard et nous volions au-dessus de l’océan lors que mon père a rendu son dernier soupir. Donc je suis malheureusement arrivée trop tard. Terriblement impuissante et contrariée.
Mon frère, Mario, lui, était en plein concert lorsqu’il a appris le décès de notre père : il a eu la  force de terminer son concert, fortement motivé par l’image de son père à qui il dédiait cet ultime effort.
Un autre décès qui m’a très profondément marquée, c’est celui d’Edith Lefel, cette extraordinaire artiste martiniquaise que tout le monde aimait et que tout le monde regrette jusqu’ici. Nous étions copines sans être intimes et, ensemble, nous travaillions sur des enregistrements. Nos relations professionnelles étaient excellentes. J’avais une immense affection pour Edith mais, de son vivant, je ne le lui ai jamais fait savoir. Depuis sa disparition, je dis à tous ceux que j’aime que je les aime. Son décès m’a fait prendre conscience de l’importance de dire à  quelqu’un qu’on l’aime. Je ne le lui ai pas dit, j’en ai été malheureuse et j’ai eu droit à un grave état  dépressif qui m’a empêchée d’aller sur sa tombe. J’étais en Martinique. Quand mon état de santé  s’est amélioré, j’ai pu m’y rendre et lui rendre l’hommage qu’elle mérite.

Avez-vous des projets?

Bien sûr que j’ai des projets... En matière de musique, je souhaite renouveler mes activités en  studios d’enregistrement, travailler sur de nouveaux albums. Je voudrais aussi me remettre au gospel. Enfin, j’aimerais créer une école de chant pour jeunes enfants.
                                                                               Christian Modeste (11/04)

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