Planet Antilles

   Accueil        
 
Partenaires

Accueil
Jeudi 17 Aout
Saint Hyacinthe
Les îles à découvrir
La Guadeloupe
La Martinique
Les Saintes
Marie-Galante
Désirade
Saint-Martin
Saint-Barthélémy
La Barbade
La République Dominicaine
La Réunion
Planet gastronomie
Recettes
Planet services
Annonces
Envoyez vos cartes
Galerie photos
Horoscope
Trafic routier en Ile de France
Météo
Contact & gestion
Qui sommes nous ?
Publicité sur le site
Nous écrire
Mentions légales
Rejoignez-nous
Problème sur le site

Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Corinne Coman

Corinne Coman

Depuis son élection, elle sillonne les quatre coins du monde pour vendre les mérites de la France et de sa Guadeloupe natale. Objectif : changer l’image des Domiens. Cri de coeur, d’âme ou cri de patriotisme, elle se bat avec son beau minois et son sourire enjoliveur. Elle s’attelle à faire comprendre à tout à chacun que de l’autre côté de la mer – Outre-Mer – il y a aussi des gens instruits, éduqués, formés, volontaires, dynamiques et déterminés à prendre leur destin en main…


Il y a aussi de belles filles et c’est pour le marteler une nouvelle fois qu’elle accepte d’être la marraine de la plus importante manifestation de beauté du département : l’élection de Miss Guyane. Et dès la conférence de présentation, la Miss France 2003 marque le ton. Vêtue d’une longue robe rouge, elle rayonne dans la salle aux côtés de Robert Sébas, le nouveau Président du comité Miss Guyane. Cheveux lissés lâchés sur les épaules, souriante, elle répond aux questions des journalistes avec une grande simplicité. Ses gestes savamment orchestrés accompagnent des propos distillés avec charme et élégance devant une assistance sous le charme. Pourquoi ? Découvrons ensemble les raisons.

Au moment où l’on parlait du mauvais accueil en Guadeloupe, notamment dans les structures hôtelières et de restauration, une image est apparue comme une délivrance sur une chaîne nationale. Cette image, c’était celle de Corinne Coman, une Guadeloupéenne  resplendissante, qui venait d’être élue Miss France ? C’était en décembre 2002. Inespéré… Elle n’avait jamais participé à une élection de beauté auparavant. Au moment de la proclamation des derniers résultats, nombreux étaient ceux qui ne pariaient pas sur une issue aussi heureuse  pour la Guadeloupe, les Départements d’Outre-Mer, les Antilles, bref pour la femme noire. La femme noire, poto mitan (pièce maîtresse) de notre société. Réaction compréhensible car elle-même ne s’attendait pas vraiment à décrocher cette couronne et cette écharpe convoitée par plus d’une quarantaine de candidates venues de toutes les régions de France et de Navarre. "Je suis sortie de l’anonymat en une fraction de seconde. J’ai mis du temps à comprendre ce qui m’arrivait…, les confettis, le champagne, le crépitement des flashes, les caméras, les interviews… C’était génial. Immense".
Visiblement encore sous le charme, elle distille les adjectifs pour qualifier son sacre où tout le monde n’avait d’yeux que pour elle. Un concours de circonstances qui laisse des traces… L’archipel guadeloupéen, longtemps pointé du doigt, venait de rentrer dans l’histoire de la beauté nationale pour la deuxième fois. Après véronique de la Cruz, la première Guadeloupéenne à inscrire son nom dans le Livre d’or du comité national de Miss France, Corinne Coman est la deuxième originaire d’Outre-Mer à être couronnée Miss France depuis l’existence du concours. C’est peu mais les filles de là-bas commencent à se faire entendre et à s’imposer dans ce monde restreint. Et pourtant rien ne prédestinait cette demoiselle aux longues jambes, timide jadis, à se réveiller sous les feux des projecteurs. Sa première participation à une compétition de beauté avait eu lieu trois mois plus tôt en Guadeloupe. Elle avait décidé de s’y inscrire pour défendre sa région contre tous les clichés, les tabous, les sottises véhiculés ici et là.
"Je ne supportais plus d’entendre les méchancetés qu’on rapportait sur les DOM. Les Antillais sont fainéants, ils ne savent pas accueillir, ils sont comme ci, comme ça… J’en avais vraiment ras-le-bol. Je pensais qu’en devenant Miss, je pouvais contribuer à montrer la diversité de nos richesses et faire comprendre à tous que la Guadeloupe n’était pas ce que l’on voulait faire croire. Je crois avoir réussi à m’imposer grâce à cette élection et à tous ceux qui m’accompagnent dans cette démarche", avoue cette demoiselle aux cheveux lisses, d’1m79m, déterminée à combattre les préjugés.

Et lorsque les mauvaises langues ont déclaré que son élection était un arrangement au plus haut niveau pour calmer les ardeurs des syndicats et des politiques guadeloupéens qui avaient commencé à dénoncer "ce tapage médiatique malsain", et faire changer d’avis aux investisseurs, elle s’est indignée "de ce genre de comportement irrespectueux".  D’ailleurs, elle ne veut absolument pas entendre parler de diversion ou de concours truqué pour recentrer les attentions sur son île natale.

"Sur les dix membres du jury, neuf ont voté pour moi. En termes de vote des téléspectateurs, j’ai obtenu le double des voix de la première dauphine, c’est vous dire que les départements d’Outre-Mer réunis ne pouvaient pas à eux seuls me permettre de devenir Miss, même si je reconnais que le téléphone a beaucoup été utilisé. Dans le passé, les originaires d’Outre-Mer ont souvent été finalistes. Je trouve que les membres du jury et les spectateurs ont effectué un choix en leur âme et conscience… Je ne crois pas qu’ils aient eu de consigne. Mon élection est méritée et je suis contente d’avoir pu contribuer à faire changer l’image de l’outre-mer et les mentalités". Effectivement. Car, depuis les choses ont beaucoup évolué.

Les jours qui ont suivi l’élection de Corinne Coman en qualité de Miss France ont été marqués par de nombreuses sollicitations : médias, personnalités en tout genre, jeunes et moins jeunes. Elle est devenue une référence. Toujours pour faire taire les préjugés, l’année suivante, le Club de la presse de la Martinique réunissait plus de 200 journalistes dans l’île aux fleurs, l’Université de Communication de l’Amazonie invitait des dizaines de chercheurs, scientifiques, politiques et professionnels de la communication du monde entier pour trois jours de travaux intensifs en Guyane. Les reportages qui ont suivi ont tous été très positifs.
Sans vouloir lier ces évènements, il faut noter que, depuis aucune chaîne hôtelière, aucun grand groupe n’a abandonné les Antilles Guyane. Quant à Corinne Coman, si aujourd’hui elle n’est plus Miss en titre, elle continue de voyager (Belgique, Japon, Etats-Unis, Afrique, toutes les grandes villes de métropole…) pour accomplir pleinement son rôle d’ambassadrice : "je pense que tous nos concitoyens des DOM-TOM ont à gagner de nos efforts pour combattre les mauvaises langues et les préjugés trop faciles."
Consciente qu’elle ne peut agir seule, elle salue le courage des Antillo-Guyanais qui travaillent dans le même sens et qui s’imposent grâce à leurs compétences et professionnalisme : Audrey Pulvar, Lilian Thuram, Richard Richardson, Bernard Lama, Muriel Hurtis, Marie-José Perec…

Pour bien appuyer ses actions, la Guadeloupéenne pense aussi à la relève en partageant son expérience avec la nouvelle génération. C’est l’une des raisons qui a motivé sa présence en Guyane lors de la dernière élection de Miss Guyane.
La plus belle fille de France a ainsi rencontré les candidates et leur a prodigué des conseils d’experts : "j’ai rencontré des artistes, des sportifs, les gens me reconnaissent dans les rues, me sollicitent, veulent des autographes. Je n’ai jamais pensé que je pourrais rencontrer Brigitte Girardin, ministre de l’Outre-Mer, ou encore Jacques Chirac, le président de la République. J’ai fait des rencontres inimaginables. C’était superbe. Je ne regrette rien de tout ce que j’ai vécu au cours de mes déplacements. Aujourd’hui encore, en Guyane, je me sens très bien et j’apprécie l’accueil qui m’est fait."

Corinne Coman, celle qui se considère comme une grande s½ur, n’a pas ménagé ses efforts pour être à la disposition des organisateurs et des médias et faire passer son message : "C’est agréable d’être sollicitée, de recevoir des invitations à longueur de semaine mais il y a aussi le revers de la médaille. C’est éphémère tout ça et on doit vraiment faire attention", rappelle celle qui a fait l’expérience de la célébrité.
"Nombreux sont ceux qui ne sont pas sincères ou vous interpellent parce qu’ils veulent se montrer avec la Miss ou attendent quelques choses en retour. C’est pourquoi toute Miss doit garder les pieds sur terre, ne pas avoir la grosse tête et préparer sa sortie. Elle doit toujours rester humble, ne pas lâcher les études car elle doit être aussi intelligente et avoir un métier."
Tous ces conseils Miss Coman les a mis en pratique. Après avoir mis entre parenthèse sa maîtrise de sciences, elle s’apprête désormais à décrocher une licence d’économie. Plus tard, elle envisage – pourquoi pas ? – de poursuivre des études dans la communication et le tourisme. Des secteurs porteurs pour Corinne Coman qui, en plus du créole et du français, parle couramment l’anglais et possède de bonnes notions en espagnol. Son expérience passée l’a rendue plus forte : "Aujourd’hui je n’ai plus d’inquiétude devant la caméra, j’ai appris à gérer le tract, les mauvais coups et à choisir entre les nombreuses sollicitations. Je fais ce que je veux, sans aucune obligation, comme c’était le cas il y a encore quelques mois. Je suis devenue autonome, capable de prendre une décision en fonction de mes objectifs et non pour toujours faire plaisir aux autres. J’ai confiance en moi. C’est très important pour une jeune fille qui veut progresser dans sa vie de tous les jours", termine t-elle en espérant que ce qu’elle a vécu puisse profiter aux autres.

                                                                                  Frantz Montoban (11/04)

            retour


Newsletter
 S'inscrire à la newsletter >>

 

Plan du site
Copyright © 2004 Planetantilles.com tous droits réservé
Création :Torop.net - Site mis à jour avec wsb.sw4torop.net