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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Audrey Pulvar

Audrey Pulvar

A 32 ans, la nomination au Soir 3 d’Audrey Pulvar est certainement une étape importante de sa carrière de journaliste.  Paradoxalement, loin d’y trouver un aboutissement après des sacrifices, des difficultés, des pressions de tous genres, la journaliste martiniquaise, persévérante et bosseuse, entrevoit déjà de nouveaux challenges et pense avoir atteint un de ses objectifs mais pas tous. Après son intégration à France 3 et un premier roman de publié "L’enfant bois " que nous réserve t-elle ?

Comment êtes-vous passée d’ATV à France 3 ?

Entre 2000 et 2002, après huit ans chez Antilles Télévision à la Martinique, j’ai beaucoup démarché auprès des télés de Paris. A force de persévérance, en avril 2002, Jean-Claude Dassier, directeur général de LCI, m’a proposé de rejoindre l’équipe de LCI en tant que pigiste. Grâce à ce statut, j’avais la possibilité de travailler dans d’autres rédactions et, à partir de décembre 2002, j’ai pigé à TV5 tout en continuant à travailler à LCI. En octobre 2003, après de nombreux rendez-vous, j’ai finalement obtenu une rencontre décisive avec Rémy Pflimlin, le directeur général de France 3. Il était intéressé par mon profil. Il n’avait alors pas d’opportunités pour moi mais souhaitait que je travaille d’abord en province. J’ai réalisé quelques remplacements en été d’abord à Marseille. C’était une forme de test, si ça marchait bien, je pourrais faire des remplacements sur le journal national. Dans le courant du mois de juin 2004, ils m’ont fait une proposition d’intégration à la rédaction nationale sur le "Soir 3"  et j’ai pris mes fonctions en septembre.

Votre entrée à la rédaction nationale de France 3 est-elle un aboutissement ? Sinon quels sont vos nouveaux challenges ?

Loin d’être un aboutissement, je dirais que c’est une étape dans ma vie professionnelle. Il me reste encore beaucoup à faire, de nombreux terrains à explorer ! La radio, les reportages, la presse écrite, tout cela m’intéresse.

Pourriez-vous nous décrire en quoi consistent exactement vos fonctions, celles que ne nous transmet pas le petit écran ?

J’arrive à la rédaction entre 13h et 14h, j’ai 1h30 pour lire la presse, recueillir les dépêches, faire le point avec les journalistes, sentir un peu l’actualité du jour. A 15h30 nous avons une 1ere conférence de rédaction restreinte, avec l’équipe du "Soir 3", c'est-à-dire le rédacteur en chef, le rédacteur en chef adjoint, un journaliste, une assistante et les deux présentateurs. Chacun fait part de ce qu’il a perçu de l’actualité, apporte des sujets et réalise un premier tri. A 18h nous avons la vraie conférence de rédaction avec les chefs de services qui ont aussi des propositions à faire. C’est là que nous élaborons ensemble le fil conducteur du journal. Vers 18h30, je commence à m’habiller, je me restaure légèrement tout en regardant le journal de 19h30. A 20h, nous avons une troisième conférence de rédaction, la dernière, surtout avec les journalistes qui ont travaillé pour nous. On fait le point sur les sujets et leur tournage. On établit un conducteur définitif. Et à 20h30 nous commençons à écrire les textes, jusqu’à 22h30 en général. On redescend pour réaliser quelques essais en plateau ; on vérifie les dernières infos et puis c’est la présentation proprement dite, à 23 heures. Les journées sont donc bien chargées !

Votre parcours de journaliste correspond-il à vos rêves de carrière ?

Ce ne sont pas des rêves mais davantage des objectifs. Pour l’instant j’aurais tort de me plaindre. J’ai beaucoup travaillé quand j’étais étudiante, puis à ATV et ma progression aussi bien à la Martinique qu’à LCI, TV5 puis France 3, a occasionné beaucoup de travail. Je ne peux qu’être satisfaite. J’ai la sensation d’avancer, de faire des choses de plus en plus intéressantes. Mais j’ai encore beaucoup à faire ; j’ai encore envie de progresser, d’en apprendre toujours plus, d’explorer de nouveaux horizons.

Les choses auraient-elles pu aller vite ?

Ça aurait été difficile. Cela fait deux ans que je suis à Paris. A mon arrivée, même si j’avais plusieurs années de carrière derrière moi, pour les responsables de télés à Paris, la Martinique n’est pas vraiment une référence. Il fallait vraiment que je fasse mes preuves. Comme effectivement j’avais cette expérience, on m’a donné ma chance. Je suis arrivée, il y a deux ans, en parfaite inconnue sur le marché parisien, aujourd’hui je présente un journal national, ce n’est pas mal du tout…

Que suscite une réalisation professionnelle aussi importante, en sentiments et en émotions ? Comment vous sentez-vous depuis le mois de juillet ?

J’ai le sentiment d’avoir eu raison de faire ce pari, d’avoir osé me présenter sur un marché un peu plus concurrentiel que le marché martiniquais. Quand je suis partie, il y deux ans, j’avais envie de me remettre en question, de me mettre en danger voir ce dont j’étais capable, aussi j’ai pris des risques.
Cela a été difficile, il m’a fallu beaucoup d’énergie, de travail, de sacrifices personnels, familiaux, sans jamais me décourager. Aujourd’hui, je me dis que ça n’a pas servi à rien. Je vais pouvoir profiter de la vie différemment tout en continuant à faire le métier que j’aime.

Quelles qualités, compétences et valeurs sont à la base de votre réussite ?

Ce qui m’a beaucoup aidée, c’est ma persévérance, mon esprit de contradiction devant l’adversité. C’était difficile, ça paraissait impossible, mais je devais essayer. Je n’ai pas la sensation d’avoir réussi, mais d’avoir atteint un certain nombre d’objectifs. Cette persévérance m’a donné le souci permanent de bien faire mon travail et c’est sûrement cela qui m’a servi. Quant aux atouts, compétences et qualités, ce n’est pas vraiment à moi d’en parler…

Vous sentez-vous investie aujourd’hui, en tant que femme noire, de la fonction inconsciente d’ambassadrice dans un métier où notre représentativité est sans cesse contestée ?

Je ne me considère pas du tout comme un symbole ou un chef de parole. Je suis là pour faire mon métier. Si cela peut donner conscience aux responsables de télévision que l’on peut être noir, arabe, asiatique et compétent, tant mieux ! Je me démarque de la question du symbole, parce que je ne veux pas devenir un alibi ethnique. Je ne vais pas régler, par ma seule présence à l’antenne, d’un coup de baguette magique, tous les problèmes de racisme, de discrimination qui existent en France. Ce n’est pas par phobisme que je ne souhaite pas être un modèle ou un symbole, mais parce que je ne veux pas être investie de ce statut et que l’on se dise que puisqu’il y a une Noire à l’antenne, tout va bien…Ce n’est pas suffisant !

Croyez-vous que la situation est en passe de changer ?

Indéniablement il y a un effet de mode, et de plus en plus vous verrez des journalistes, des présentateurs de diverses nationalités. Ce que je sais, pour avoir écumé le milieu journalistique parisien depuis deux ans, c’est qu’il y a des tas de journalistes noirs, arabes… compétents, sur lesquels on peut compter et auxquels on ne pense  pas forcément pour des postes de responsabilités. Il y a un petit mouvement qui semble se faire, qui continuera, je l’espère. Le meilleur service que je puisse leur rendre, c’est d’éviter de reporter toute la lumière sur moi en ayant la prétention de représenter la communauté noire.

Un encouragement à vos confrères de la communauté noire ?

Il existe des confrères extrêmement compétents. Je pense à Elizabeth Tchoungui, beaucoup plus ancienne que moi dans le milieu parisien. Il y en a d’autres… J’aimerais simplement leur dire que c’est possible ! Il faut s’accrocher. On nous demande d’en faire quatre fois plus que les autres : faisons-le, ça va payer !

Camille Vieux-Fort ( 11/04)

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