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Femmes créoles avec AMINA LE MAGAZINE DE LA FEMME


Audrey Lordinot

Audrey Lordinot


Audrey Lordinot vient de prendre la direction de la Maison du BÈLÈ, sise au quartier "Reculée", à Sainte-Marie, une commune du Nord-Atlantique de l’Île.

Une formation de gestionnaire acquise à l’Ecole de Commerce de la Martinique, accompagnée d’une formation en management culturel effectuée avec succès à Paris, puis un stage de fin de formation à la Maison du Bélè de Sainte-Marie lui ont permis de présenter un audacieux projet à la ville de Sainte-Marie, projet qui a été agréé et qui lui a valu la mission de le mener à bon terme !
Et si Audrey a choisi d’oeuvrer dans le domaine du Bélè, danse traditionnelle qui nous vient de nos ancêtres esclaves et qui, bien sûr, était strictement interdite à l’époque coloniale, c’est parce qu’elle est, avant tout, passionnée de musique et de tous les genres de musique.
Nous avons rencontré Audrey la veille de sa prise officielle de fonction et elle a bien voulu répondre à nos questions, avec beaucoup de gentillesse.

 
Audrey, voulez-vous vous présenter à nos lecteurs ? 

Je suis née à Sainte-Marie et je suis âgée de 28 ans. Je suis la dernière de cinq enfants : l’aîné est un garçon, suivi de quatre filles. Notre père, Guy Lordinot, est l’actuel chef de l’édilité de la ville de Sainte-Marie, élu en 1983.

Parlez-nous de votre parcours : études, stages, formations ? 

J’ai tout d’abord suivi une formation de gestionnaire à l’E.I.A.M (Ecole Internationale des Affaires et du Management) qui est une émanation de la Chambre de Commerce de la Martinique. C’est donc une Ecole de Commerce. Puis de septembre à novembre 2003, j’ai fait un stage de formation en management culturel à Paris, une fin de formation poursuivie à la Maison du Bélè de Sainte-Marie : le projet sur lequel j’ai travaillé a convenu et a été agréé par la ville de Sainte-Marie.
La ville m’a alors confié la mission de concrétiser mon projet et c’est ainsi que, de janvier à fin juin 2004, j’ai été désignée en qualité de chargée de mission de la ville de Sainte-Marie.
Je suis devenue officiellement la directrice de Maison de la Maison du Bélè le
1er juillet 2004.
C’est mon premier poste dans le domaine de la culture.

Depuis quand existe la Maison du Bélè et de qui se compose-t-elle ? 

Cette structure, jusqu’alors municipale et entièrement aidée financièrement par la Ville de Sainte-Marie, existe depuis février 2003. Elle a vu le jour dans la campagne profonde de Sainte-Marie, cette campagne qui, depuis longtemps, a nourrie des rythmes chauds du Bélè, musique par excellence de nos ancêtres. Actuellement, elle dispose d’un Conseil d’Administration de sept membres dont cinq femmes (Thierry Elie, Marie-Line Ampigny, Secrétaire, Nicole Dupont, Sandra Louis-Joseph, Odile Bazabas, Evelyne Grivalliers et Denis Montlouis, assesseurs). A noter que Evelyne et Denis sont des élus municipaux, adjoints au maire, et, de ce fait, sont le regard vigilant de la municipalité sur notre travail. Nous disposons aussi, actuellement, d’un personnel administratif et de cinq personnes dont quatre femmes – Audrey Lordinot, directrice, Stella Gonis, animatrice, Gilot Beraud, animateur, Nelsy Gener, chargée de communication, et Dorothée Maillard, chargée de relations publiques. Notre personnel d’entretien occupe deux personnes, une femme et un homme.
Pour l’heure, nous comptabilisons une trentaine d’adhérents réguliers, des élèves, parmi lesquels une vingtaine de filles qui sont plutôt inscrites dans les cours de danse, mais quelques-unes d’entres elles fréquentent aussi les cours de tambour.

Quelles sont les subventions que reçoit la Maison du Bélè ? 

Elles ont, bien sûr, diverses origines…Il y a, tout d’abord, une importante subvention (100 000 euros) de la ville de Sainte-Marie qui s’implique totalement dans notre projet et qui observe, avec beaucoup de soin, nos avancées.
Le Conseil régional de la Martinique, particulièrement intéressé par tout ce qui touche à notre patrimoine, à notre Histoire, nous accorde 15 000 euros.
La Direction régionale des Affaires culturelles (D.R.A.C) nous alloue, quant à elle, une aide de 5 000 euros.
Ces trois financements représentent, dans nos caisses l’équivalent d’environ 79 millions d’anciens francs, que nous apprécions mais qui, somme toute , sont peu de choses compte tenu de nos grand projets. Nous prévoyons l’octroi de fonds européens, mais pour le moment, nous ignorons le montant. Ce qui, en tout cas, est bien certain, c’est que nous ne recevrons rien du Conseil général de la Martinique, qui a choisi d’opposer une fin de non recevoir catégorique à notre sollicitation !

Pourquoi une Maison du Bélè et en quoi consiste votre projet ? 

La Maison du Bélè a pour but d’honorer notre patrimoine, les anciens chanteurs et "répondès", danseurs, "tambouyés" et "bwatès". Les tambouyés sont les joueurs de tambour, les bwatès ceux qui jouent du ti-bois et les répondès sont les chanteurs choristes.
Elle se doit, bien évidemment, de perpétrer la tradition et de transmettre le savoir à nos générations, ce qui passe par des cours de danses et de tambour.
La Maison du Bélè de Reculée est fière de regrouper quelques très bonnes danseuses samaritaines, âgées entre 50 et 60 ans, telles que Marie-Victoire Persani, Marie-Andrée Lapoussinière, Jeannette Defrel et Francina Gerce, et aussi une benjamine, Jocelyne Persani qui est la fille de Marie-Victoire. Parmi les "tambouyés", remarquons notamment, deux jeunes femmes talentueuses, de moins de 30 ans : Stella Gonis et Simone Vaïti.
La Maison du Bélè organise des visites guidées de son exposition permanente et, anime aussi des soirées hebdomadaires où le bélè est roi, des jam-sessions, des conférences…
A l’occasion de ces soirées, on peut aussi trouver une soirée Bélè-Théâtre, une soirée Bélè-Conte ou une soirée Bélè-Vidéo. Bref, le public y trouve toujours son compte !
Il est encourageant, de constater combien les gens de chez nous s’intéressent de plus en plus à leurs traditions, à tout ce qui touche à leur patrimoine, à leur Histoire. Bien sûr, il pourrait y avoir encore plus de monde en réponse à nos invitations, mais nous savons que, petit à petit, les gens seront plus nombreux à venir.
Mon projet ? Tout d’abord, il s’appuie sur l’existant de la Maison du Bélè, car il s’inscrit dans la droite ligne de ce qui y a déjà été décidé et entrepris par l’ancienne direction !
Disons que je tiens, personnellement, à porter l’accent sur quatre axes principaux :
-
maintenir la tradition par la transmission du savoir, qui me paraît très important (stages, ateliers, conférences, débats, spectacles…) et se réapproprier notre patrimoine culturel,
- enrichir le Bélè et les musiques traditionnelles par des résidences croisées d’artistes venus d’Afrique, d’Amérique Latine, et d’Asie, accueillir, à la Maison du Bélè, pendant une semaine, des artistes de musique traditionnelle étrangers afin de provoquer des échanges entre artistes locaux et d’ailleurs et, ainsi, créer des parallèles entre nos différentes musiques. Par exemple, relever la nuance entre le Bélè martiniquais (un tambour) et le Gwo-Ka guadeloupéen (trois tambours),
- La diffusion du Bèlè, par l’organisation de tournées dans l’île et de déplacements à travers la Caraïbe, l’Europe et le reste du monde.
- Créer un pont entre les musiques traditionnelles et les musiques actuelles venues du monde entier en organisant un Festival annuel « Bèlè et Traditions » sur tout le territoire martiniquais, durant lequel le Bèlè sera fortement représenté. A noter que la première édition de ce Festival est, d’ores et déjà, prévue pour le mois d’avril 2005.
Vous comprenez maintenant pourquoi nous avons besoin de fonds importants si nous tenons à réaliser un travail intéressant.

Mais, dites-nous, Audrey, êtes-vous vous-même musicienne ou danseuse ?

Je suis en effet musicienne ; je suis guitariste et je chante également. Mon répertoire est assez varié ; cela va de Tracy Chapman à la musique brésilienne en passant par le reggae !
En fait toutes les musiques m’attirent. Pour tout vous dire, j’ai, de tout temps, souhaité travailler dans le domaine de la musique. Ceci dit, je reste avant tout fixée sur la gestion et l’organisation de mon projet, ce pourquoi, je suis à ce poste.

Pouvez–vous nous dire quelques traits essentiels de votre caractère ? 

Que puis je vous dire sinon que vous trouverez chez moi rigueur, réflexion, sensibilité artistique et concision. Certes, on peut me reprocher ma concision et ma rigueur, mais je pense qu’il en faut, tout de même, notamment à un poste de direction !
                                                                                                        (09/04)

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